Hervé Renard, un destin africain

A 43 ans, est en train de marquer profondément l'histoire du football en Zambie. En effet, le sélectionneur français a réussi à qualifier ce pays d'Afrique pour la finale de la CAN contre la Côte d'Ivoire. Tout sauf un hasard pour ce baroudeur des temps modernes...

Un parcours atypique. Après avoir effectué une carrière de footballeur honorable avec des passages à l'AS Cannes (1983-1990), au Stade de Vallauris (1991-1997) et au SC Draguignan (1997-1998), Hervé Renard a vite choisi de franchir la barrière afin de devenir entraîneur. Après avoir repris le flambeau au SC Draguignan, le nouveau technicien a accepté de diriger le Shanghai Cosco entre 2002 et 2003. Cette expérience en Chine a laissé de très bons souvenirs à Hervé Renard. En effet, le natif d'Aix-les-Bains a pu découvrir une autre culture aux côtés de joueurs comme Cédric Lécluse ou encore Samuel Boutal. Surtout, il a compris à ce moment-là que l'Asie était en train de s'ouvrir au monde du football avec des matches où on pouvait compter parfois 55.000 spectateurs dans les tribunes. Voulant s'appuyer sur le modèle européen, les dirigeants n'avaient pas hésité par exemple à visiter le centre d'entraînement du , La Gaillette, qui venait tout juste d'être inauguré à cette époque. Ensuite, ils s'étaient attelés à en construire un... en douze mois !

Après cet épisode chinois, direction l'Angleterre avec une autre expérience enrichissante à Cambridge United qui évoluait à l'époque en D4 anglaise. Hervé Renard a été impressionné par la ferveur qui règne en Angleterre lorsqu'il s'agit de parler du ballon rond. A la suite d'une vague terrible de hooliganisme durant les années 70-80, les Britanniques ont fait des efforts notables pour moderniser leurs stades et améliorer la sécurité. En 2004, lorsque Hervé Renard était outre-Manche, il a été marqué par le fait qu'il n'y ait aucun grillage autour de la pelouse et que le racisme soit banni des stades. Malheureusement, les résultats insuffisants ne lui ont pas permis de rester bien longtemps et il a donc tourné le dos à l'Abbey Stadium et aux U's. Après cet épisode anglais, Hervé Renard a fait son come-back en France à l'AS Cherbourg. "Je sors un peu de nulle part. J'ai été entraîneur en National à Cherbourg. Je jouais le maintien. J'ai toujours cru en moi", a-t-il raconté sur les ondes de la radio RMC hier.

L'Afrique lui a tendu les bras


Bien qu'ayant accompli son devoir (14e et 12e place en National), le grand voyageur n'a pas hésité un seul instant à repartir à l'aventure lorsque le sélectionneur du , Claude Leroy, lui a demandé d'être son adjoint. "C'était une manière médiatique pour moi d'être un jour à la Une. En allant en Afrique, je savais qu'on parlerait bien de moi si je faisais mon travail convenablement." Après s'être fait connaître en Afrique avec une troisième place obtenue lors de la CAN 2008, Hervé Renard a pris les rênes de la Zambie en mai de la même année. Avec les Chipolopolos, il réalise un bon parcours lors de la CAN 2010 avec à la clef une place en quart de finale inattendue pour une sélection. Plutôt que de rester en Zambie, Hervé Renard relève un nouveau défi avec l'Angola dans la foulée. Mais en raison de problèmes extra-sportifs (salaire non payé, problèmes pour obtenir un visa obligatoire afin de travailler, organisation...), il n'hésite pas à claquer la porte au bout de six mois. En janvier 2011, il relance sa carrière à l'USM Alger avec la clef un contrat jusqu'en juin 2013.

Mais dix mois plus tard patatra, il claque la porte afin de revenir à la tête... de la Zambie ! La suite on la connaît, Hervé Renard guide l'équipe africaine jusqu'en finale de la Coupe d'Afrique des nations qui se déroule actuellement au Gabon et en Guinée équatoriale. Dimanche prochain, il tentera de remporter ce trophée prestigieux contre la redoutable équipe de Côte d'Ivoire. Même s'ils ne sont pas favoris avant cette rencontre, les Chipolopolos n'ont peur de personne. Après être sortis indemnes du Groupe A (Sénégal, Guinée équatoriale, Libye), ils ont fait tomber le Soudan en quart de finale (3-0) et le Ghana (1-0) ensuite alors que les Black Stars étaient ultra-favoris. A la suite de la finale qui se déroulera à Libreville, Hervé Renard aimerait apparemment relever un énième challenge, si possible au sein d'une écurie ambitieuse/prestigieuse. "L'important est de côtoyer le haut-niveau, il n'y a que ça qui peut faire vibrer. Quand on joue le maintien tous les ans, on ne vibre pas trop", a-t-il analysé. A la question de savoir s'il a déjà des touches avec des clubs, le Français a botté en touche. "Je n'ai pas de plans. J'ai déjà travaillé dans huit pays différents. Je peux m'adapter partout. Je parle très bien anglais, je me débrouille en portugais et je parle français. Je peux voyager, je n'ai pas peur d'aller dans des endroits qui paraissent étranges." Nul doute qu'après le parcours de ses hommes pendant la CAN, il ne devrait pas manquer d'opportunités et jouir enfin d'une reconnaissance vraiment méritée.
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