Rétro Coupe du monde : L’hommage historique d’Andrés Iniesta (2010)

2010 fut l’année d’un Mondial historique ! Il s’agissait de la première Coupe du monde de l’histoire à être organisée sur le sol africain, soit le quatrième continent à accueillir la plus prestigieuse des compétitions après l’Europe, l’Amérique du Sud et l’Asie.

Pour cette édition, le monde du foot s’envola pour l’Afrique du Sud afin de nous faire vivre un tournoi qui resterait à jamais gravé dans les mémoires.

Si l’on se souvient encore de moments forts comme l'égalisation tardive des Bafana Bafana sur un but signé Siphiwe Tshabalala lors du match d'ouverture au FNB Stadium de Johannesburg, ce que l’on retient principalement de cette Coupe du monde de 2010, c’est évidemment la gloire de l’éclatante Roja qui joua avec un style et une élégance sans précédent.

La domination espagnole

Pour le peuple espagnol, il s’agit très certainement de l’édition la plus mémorable.

Avant ce Mondial, l’Espagne avait d’ailleurs très largement assis sa domination puisqu’elle venait de gagner l’Euro 2008 après avoir ébloui le continent par son fameux style de jeu « tiki-taka » toujours spectaculaire et souvent surprenant. En bref, les Espagnols étaient craints de tous.

Ceci dit, malgré leur titre de champion d’Europe et leur statut d’équipe à abattre en 2010, il faut rappeler que les Espagnols débutèrent la Coupe du monde de la pire des façons en s’inclinant contre la Suisse à l’issue de la première journée.

Pourtant, les hommes de Vicente del Bosque terminèrent le match avec 73% de possession de balle et pas moins de 25 tentatives devant les cages de la Nati. Malgré cet acharnement offensif, la Roja n’a jamais réussi à trouver la faille. Les Suisses n’eurent besoin que de quelques d’opportunités et d’une contre-attaque pour prendre l’avantage et, conséquence de ce premier coup de massue, les Ibères devaient très rapidement rebondir pour éviter le fiasco.

Au final, ils réagirent avec la manière puisqu’ils pulvérisèrent le Chili et le Honduras en finissant en tête de leur poule grâce à une différence de but supérieure à celle des Suisses.

L’homme qui fit la différence

Dans la famille des milieux de terrain, Andrés Iniesta est sans conteste le meilleur, et pas simplement de sa génération, mais de tous les temps. Durant la compétition encore une fois, le petit meneur de jeu se démarqua à chacune de ses apparitions sur le terrain.

Quand Bobby Robson entraînait le Barça dans les années 90, il fit l’éloge de Ronaldo en déclarant « Est-ce que quelqu’un, où qu’il soit, est en mesure de me trouver un meilleur joueur ? ». Si cette question devenue célèbre avait été posée une décennie plus tard, elle-aurait sans doute fait référence à Iniesta, véritable maestro et patron du milieu de terrain catalan, capable de mystifier n'importe quel adversaire grâce à ses touches de balle envoûtantes.

Entre la fin des années 2000 et le début des années 2010, si le FC Barcelone et la Roja avaient besoin d’un homme pour faire la différence, Andrés Iniesta répondait à l’appel. Que ce soit en marquant des buts d’une importance capitale comme sa frappe de dernière minute à Stamford Bridge contre Chelsea en demi-finale de Ligue des Champions, ou en mettant à l’amende ses adversaires pour servir un nombre incalculable de caviars à ses coéquipiers, Iniesta a bâti sa légende et remporté tous les trophées imaginables au cours de sa carrière.

En 2010 pour la Coupe du monde, l'homme qui fit ses débuts 4 ans plus tôt était déjà un joueur extrêmement complet.

Il fut nommé dans le 11 de départ contre la Nati avant d’être renvoyé sur le banc contre le Honduras en raison d’un changement de système, mais son absence fut de courte durée puisqu’il fut à nouveau titulaire pour inscrire le but de la victoire contre le Chili (2-1) et envoyer la Roja en phase finale. Ce n’était alors que le début d’un parcours extraordinaire.

Le coup de grâce au Soccer City

Ceux qui ont eu la chance de voir Iniesta évoluer tout au long de sa carrière savent que son jeu n’était pas essentiellement fait de buts ou de passes décisives. Le génie de l’Espagnol résidait plutôt dans ses incroyables projections vers l’avant, ses conduites de balles rusées, insaisissables pour contourner le pressing des milieux adverses et créer des espaces.

Pourtant, malgré tout son éclat au milieu de terrain, toute sa créativité en tant que meneur, son toucher de balle ultra rapide et ses doubles contacts légendaires pour éliminer bon nombre de ses adversaires, un seul tir du pied droit allait magnifier sa carrière. Ce tir fut exécuté au Soccer City de Johanesbourg, un certain 11 juillet 2010.

Après avoir passé assez aisément la phase de groupe, les Espagnols allaient tout de même connaître quelques difficultés en huitièmes de finale face à leurs voisins Portugais. Ce derby ibérique extrêmement serré, tourna à l’avantage des champions d’Europe quant à la 63ème minute de jeu, le Maestro Iniesta servait Xavi dans la profondeur qui dévia le ballon en direction de Villa. L’attaquant espagnol inscrivait alors son quatrième but dans la compétition en reprenant la balle repoussée une première fois par le portier Eduardo.

L’Espagne allait ensuite profiter à nouveau du génie créatif d’Andrés Iniesta en quart de finale pour prendre l’avantage face au Paraguay. À l’origine de l’unique action de but, le virtuose qui reçut la balle dans les 30 derniers mètres parvint à slalomer entre deux défenseurs pour servir Pedro. Ce dernier, certain de marquer, trouva pourtant le montant et c’est à nouveau Villa qui parvint à la reprendre pour ajouter une cinquième réalisation à son compteur.

Cette série de victoires sur le fil se poursuivit ensuite en demi-finale face à l’Allemagne. Au terme d’une nouvelle rencontre exténuante, la Furia Roja s’imposa par un but de la tête de l’impérial Carlos Puyol. À ce moment là, l’Espagne était en finale de la Coupe du monde pour la première fois de son histoire.

La grande finale allait encore être un énorme test pour le clan espagnol, déterminé à mettre la main sur le plus précieux des trophées. Ils firent face à une superbe sélection Oranje composée de quelques-uns des plus grands noms de l’époque à savoir Arjen Robben, Robin Van Persie ou encore Wesley Sneijder pour ne citer qu’eux.

Après avoir battu le Brésil et l’Uruguay, les Pays-Bas et leur serial buteur Sneijder, déjà auteur de 5 buts, n’allaient certainement pas offrir une promenade de santé à la Roja, mais cette dernière, forte de son jeu de passes rapides et d’une détermination sans faille, s’était aussi faite un nom au rang des équipes les plus difficiles à battre et allait une fois de plus le prouver.

Au Soccer City en tout cas, le monde s’apprêtait à assister au premier couronnement d’une de ces deux équipes encore jamais sacrées championnes du monde malgré leur passé époustouflant.

Sur le terrain, la rencontre n’eut rien de classique. En vérité, les deux camps s’engagèrent dans une bataille indisciplinée et sans cesse interrompue. À la fin de la première période, le score était resté vierge tandis que l’arbitre Howard Webb avait déjà attribué par moins de 9 cartons jaunes.

Toujours ex aequo à la fin du temps règlementaire, les deux équipes allaient poursuivre leur combat en prolongation et il n’aura pas fallu attendre beaucoup plus pour voir Iniesta passer à l’acte. Après 5 minutes seulement, le génie du milieu servait Cesc Fabregas au millimètre devant le but néerlandais mais le portier Maarten Stekelenburg se montra à la hauteur de l’effort.

Après quelques offensives supplémentaires de part et d’autre, l’Espagne commença à gagner du terrain en manquant deux occasions franches par le biais de David Villa et de Cesc Fabregas une seconde fois. La situation se débloqua enfin après 116 minutes lorsqu’un centre espagnol mal dégagé retomba aux pieds de ce dernier qui trouva rapidement Iniesta qui rôdait dans la surface de réparation. Le Maestro parvint à contrôler cette balle légèrement brossée pour la frapper au sol et trouver les filets en laissant le gardien complètement impuissant.

Ainsi avec la plus grande classe, l’un des plus grands joueurs d’Espagne sinon le plus grand, marqua le but de la victoire et à jamais, l’histoire du football espagnol.

L'hommage à Dani Jarque

Le héros espagnol dédia son but à Dani Jarque, malheureusement décédé d’une crise cardiaque un an avant que l’Espagne ne soit sacrée championne du monde.

Malgré la rivalité des deux plus grands clubs de Barcelone qui étaient les leurs, Jarque et Iniesta étaient de bons amis. Ce dernier confia avoir été grandement affecté par la disparition soudaine du joueur de 26 ans en août 2009.

En s’exprimant après le triomphe de sa nation en Afrique du Sud, Andrés Iniesta déclara publiquement que la mort de son ami l’avait laissé dans une très grande détresse et qu’il n’aurait pas pu surmonter cette perte sans l’aide d’un professionnel. “C’était très certainement le moment le plus difficile de ma vie” ajouta-t-il.

Tout de suite après avoir inscrit le but le plus important de toute une génération, Iniesta se rua vers la tribune en retirant son maillot pour révéler les mots « Dani Jarque : siempre con nosotros » (« toujours avec nous »). Iniesta dédia ainsi le plus beau moment de sa carrière à la mémoire d’un joueur et d’un ami parti trop tôt. Là encore, il ne manqua ni de classe, ni d’altruisme.

À la fin de l’été 2010, il retourna à Barcelone pour continuer d’aider son équipe à prospérer en remportant titre après titre. En 2018, le capitaine catalan quittait la maison blaugrana avec un palmarès époustouflant comprenant 9 titres de Liga, 4 Ligues des Champions, 6 Coupes du Roi et 2 Supercoupes de l’UEFA.

Le succès du milieu de terrain le plus fameux du 21ème siècle réside sans aucun doute dans son dévouement sans faille à la réussite du collectif. Aujourd’hui âgé de 38 temps, Andrés Iniesta continue d’ailleurs de relever quelques défis en J1 japonaise en tant que capitaine du Vissel Kobe !

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