Le jeu trouble des agents, le dilemme russe pour Valbuena, l’entourage infernal de Batshuayi… Les vérités de Labrune

Durant la nuit, la garde à vue de Vincent Labrune a été levée par les enquêteurs. Ce jeudi, L'Equipe publie un entretien du président de l'OM, qui avait été accordé le mois dernier, durant lequel ce dernier parlait des négociations sur tous les fronts en matière de transferts.

Vincent Labrune

La valse des intermédiaires. A l'époque, Vincent Labrune n'avait pas hésité à souligner le fait qu'il y avait une forme d'hypocrisie au sujet des agents de footballeurs. Pour lui, les intermédiaires ont pris le relais depuis déjà plusieurs années. “Aujourd'hui, n'importe qui peut être agent. Ne soyons pas naïfs. Ils font comment les grands personnages sulfureux, qui ont envie d'aller dans le football ? Ils trouvent des petits à la sortie des écoles, ils leur font passer le diplôme et aujourd'hui la moitié des agents qui ont une licence sont des couvertures pour d'autres mecs”, avait-il raconté. Pour lui, l'habit ne fait pas le moine dans cette profession. “Tu peux discuter avec des mecs en costard-cravate, qui sont nickels, il n'y a pas de problèmes, et tu te rends compte six mois après qu'ils ont reversé de l'argent à Pierre, Paul, Jacques ou je ne sais pas qui…”

En prime, le dirigeant a souligné le fait qu'il y a “trop d'argent en jeu” et qu'il faut donc “arrêter de croire qu'il n'y a qu'une seule personne qui peut représenter un joueur sur des très gros transferts”. Au sujet de l'OM, à proprement parler, Vincent Labrune a expliqué que lui et ses collaborateurs misent sur la transparence. “Nous, on est le club le plus inspecté et celui qui a été le plus sanctionné historiquement. On a mis en place les plus grosses procédures de contrôle. S'il y a bien un club qui fait gaffe, c'est nous mais à un moment donné, tu es rattrapé par un principe de réalité”, a-t-il nuancé. En clair, certains agents qui sont proches de lui n'ont “pas de licence”… et il n'est même pas au courant de cela. “C'est un truc de fou”, a-t-il déploré. L'été dernier, le transfert de Mathieu Valbuena au Dynamo Moscou avait rapporté environ 7 millions d'euros à l'OM. Cet épisode avait donné lieu à un imbroglio incroyable en coulisses.

Les dilemmes Valbuena et Batshuayi.

“Je n'avais pas d'offres, j'ai commencé à paniquer. J'ai vu que Meissa(N'Diaye) avait vendu Vainqueur au Dynamo Moscou. (…) Je lui demande s'il veut proposer Valbuena et me mettre en relation avec les mecs. Derrière, les intermédiaires qui font les transferts pour Moscou m'ont appelé. Ils m'ont envoyé une lettre selon laquelle c'était eux les représentants, ils m'ont envoyé le contrat avec les deux clubs et même la proposition écrite pour le joueur.” Apparemment, la licence d'un intermédiaire n'était “pas valable en France” et donc il avait choisi de confier “le mandat de vente à Meissa, qui ne voulait pas au départ”. En parallèle, l'agent “officiel” du milieu offensif, Jean-Pierre Bernès avait pu gérer ce transfert “en direct” avec l'écurie russe. Dans la foulée, Vincent Labrune a aussi cité le transfert de Michy Batshuayi. Avec le recul, le gestionnaire de l'OM estime que c'était vraiment difficile d'obtenir la signature du buteur belge l'été dernier.

“Il a un entourage, c'est de la nitroglycérine. On le suivait depuis septembre (2013). Entre les parents, les oncles et l'agent belge, c'était un sac de noeuds. Personne ne s'entendait et ça a impacté très fortement les performances du joueur. Entre janvier et mars dernier, il ne mettait plus un but.” Une fois encore, c'était Meissa N'Diaye qui avait réussi à convaincre les parents de ne pas s'immiscer dans la transaction. “Ça lui a coûté de l'argent, il a fait des procès mais c'est son problème. Dans les faits, ça nous a aidés. Avec Meissa, qui est intelligent, comme interlocuteur, c'était carré. Sinon on n'y serait pas arrivé.” Hasard ou coïncidence, Vincent Labrune s'est ensuite retrouvé sur le “grill” des enquêteurs, cette semaine, à cause des anciens transferts suspects d'André-Pierre Gignac ou encore Souleymane Diawara.

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