Islande, la hype continue

Quart de finaliste lors de l’Euro 2016 à l’occasion de sa première compétition internationale, l’équipe islandaise occupe après trois journées la seconde place du groupe I dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018. Surfant sur la vague d’un mois de juin réussi, l’Islande de Heimir Hallgrímsson, dentiste de profession, espère décrocher une place pour disputer le tournoi mondial en Russie.

Islande - Turquie

Dimanche 3 juillet 2016, Stade de France. Björn Kuipers siffle la fin du quart de finale de l’Euro 2016 entre l’Équipe de France et l’Islande. 5-2, score final. La magnifique aventure islandaise s’arrête là, après avoir tenu tête (1-1) lors de la phase de groupes au futur champion d’Europe, le Portugal, et terrassé son voisin anglais (2-1) lors des huitièmes de finale. L’Islande laisse donc un beau souvenir aux supporters français : un mélange de 4-4-2 rigide, de touches longues du capitaine Aron Gunnarson, et de clapping. Ce même clapping qui donne un retour au pays mémorable pour les joueurs et le staff le 5 juillet, dans la capitale Reykjavik. Le Premier ministre Sigurdur Ingi Johannsson fait l’éloge de l’équipe : ” Vous êtes un trésor national “.

Passé cet été de folie, l’Islande se déplace en Ukraine le 5 septembre, pour son premier match de qualification. Pas de rencontre depuis la défaite face à la France, aucun joueur n’ayant profité d’un Euro réussi pour changer de club, et un sélectionneur, le Suédois Lars Lagerbäck, qui laisse sa place à l’ancien co-sélectionneur, Heimir Hallgrímsson. L’Islande semble se réveiller d’une soirée un peu trop arrosée, et tout porte à croire que la gueule de bois l’attend au tournant. Pourtant, le capitaine Gunnarsson et ses coéquipiers, toujours organisés dans un 4-4-2 que ne renierait pas Christian Gourcuff, réalisent une belle performance. Après l’ouverture du score rapide de Finnbogason, nouveau titulaire à la place de l’ancien Nantais Sigthorsson, blessé, les Islandais craquent juste avant la mi-temps et concèdent le match nul.

Mais peu importe. Dans un groupe I à priori compliqué, où les adversaires les plus coriaces sont à première vue la Croatie, la Turquie et l’Ukraine, ce point pris à l’extérieur, après un tel été, apparaît comme un petit miracle. C’est aussi un miracle qu’il faut à l’Islande pour remporter il y a quelques jours son premier match à domicile lors de ces qualifications, cette fois face à la Finlande. Menés 2-1 à la 90ème minute, les joueurs de Hallgrímsson s’imposent finalement 3-2, grâce à deux buts dans le temps additionnel de Finnbogason et Sigurdsson (le défenseur, pas le milieu). Deux buts sur corner et un sur coup-franc : la méthode n’a pas changé depuis l’Euro 2016. L’équipe joue les coups à fond quand elle doit le faire, et la hargne fait le reste. Assez pour faire chavirer les 12 000 spectateurs présents dans le stade ce 6 octobre.

En route pour 2018

Quatre points en deux matchs, une équipe qui n’a pas vraiment changé et qui se connaît bien, un sélectionneur qui maîtrise bien son équipe. On se dit que l’aventure ne fait peut-être que commencer pour les joueurs islandais, et que celle-ci se terminera peut-être en Russie, en 2018. Et cette idée prend de plus en plus forme avec la victoire hier, une nouvelle fois à domicile, face à la Turquie. Dominateur sur l’ensemble de la partie, se créant la majeure partie des occasions grâce à un beau jeu de contre, les Islandais remportent leur deuxième victoire de suite. Cette fois grâce à un premier but chanceux, un contre son camp du défenseur turc Ömer Toprak, suite à une frappe de Bjarnason (le brun, pas le blond). Et dans la foulée grâce une nouvelle fois au joueur de Augsburg, Alfred Finnbogason, suite à une action des plus simplistes : dégagement du gardien turc, belle tête de Árnason pour lancer l’attaquant en profondeur, qui bat Babacan sur sa droite.

L’Islande, exactement cinq mois après le début de l’Euro, confirme donc sa belle première compétition internationale, en ayant pris de l’avance dans ce groupe I, après des bons résultats face à l’Ukraine et la Turquie, deux équipes qui n’ont que la qualification en tête. Reste à savoir si la sélection de Hallgrímsson aura les épaules pour jouer la première ou la deuxième place pendant encore plus d’un an. Le prochain rendez-vous aura lieu le 12 novembre en Croatie, le favori du groupe, qui occupe déjà la première place, à égalité de point avec l’Islande. Le faux pas semble envisageable pour les Islandais, la deuxième place offrant un barrage à jouer. Mais une défaite à Zagreb pourrait faire douter Gunnarsson et ses coéquipiers, qui ne rejoueront pas avant quatre mois, au Kosovo. Il leur reste donc un mois pour préparer ce match, et faire perdurer la hype islandaise, qui apporte un vent de fraîcheur sur le football européen.

Denis Ménétrier

 

Applications

Disponible sur Google Play
Télécharger dans l'App Store

Informations

Contact | Informations légales

18+ Les jeux d'argent sont interdits aux mineurs. Jouer comporte des risques : endettement, dépendance… Appelez le 09.74.75.13.13 (appel non surtaxé)