L’été agité de Cesc Fabregas

Le marché des transferts s’est clos le 31 août à minuit. Retour sur les feuilletons qui ont animé l’été. Cesc Fabregas a été transféré d’Arsenal au Barça pour un montant global avoisinant les 40 millions d’euros. Son intégration dans le club catalan, où il avait été formé, s’est réalisée sans difficulté.

Cesc Fabregas

Depuis trois ans, le FC Barcelone tentait de faire revenir son enfant prodige au pays. L’affaire était toute proche la saison dernière, avant de capoter. Cet été, le club catalan a enfin trouvé un terrain d’entente avec Arsenal. Mais il a fallu pour cela y mettre le prix et négocier tout l’été durant. Retour sur les faits marquants de ces négociations.

Premier bras de fer : le bon de sortie

Au mois d’avril, premier coup de théâtre. Alors qu’un accord tacite avait été trouvé avec le milieu de terrain pour lui accorder un bon de sortie à l’été, le nouvel actionnaire majoritaire d”Arsenal, Stan Kroenke, affirme à Arsène Wenger qu’il peut conserver le joueur. Info ou intox ? Bien en amont de l’ouverture du marché des transferts, cette information sonne comme un avertissement pour les Blaugranas qui avaient d’ores et déjà prévenu qu’ils n’étaient pas encore prêts à investir les quelques 45 millions demandés par les dirigeants londoniens…

La réponse de Fabregas ne se fait pas attendre. Moins d’une semaine plus tard, le joueur accorde une interview au magazine espagnol Don Balon dans lequel il évoque sa frustration de ne pas remporter de titre avec les Gunners, critiquant un “un manque d’esprit de la gagne” au sein du club londonien. Ambiance.

Début juin, le quotidien sportif catalan Mundo Deportivo affirme qu’Arsène Wenger s’est fait une raison à l’idée de perdre Fabregas. Le technicien d’Arsenal aurait finalement accordé un bon de sortie à Cesc Febregas. Mais pas pour n’importe quelle destination. “Tu peux aller au Real Madrid ou au Barça, mais pas en Premier League”, aurait ainsi expliqué Wenger à son milieu de terrain et capitaine. Cela va parfaitement au joueur qui n’a que faire des offres des autres clubs anglais… comme il n’a du reste aucun intérêt pour les approches de Milan, de la Juventus ou du Real. Le seul club qu’il veut rejoindre est bien sûr le Barça.

Rassuré par cet accord avec Arsène Wenger, Fabregas se décide à jouer le jeu de l’intox pour aider Arsenal a faire monter les enchères. Dans un entretie au tabloïd anglais The Sun laisse entendre qu’il pourrait rester si les offres n’étaient pas à la hauteur. “Je suis un joueur d’Arsenal. Je ne vais pas dire que je veux jouer au Barça. Après huit ans ici, je ne veux pas blesser le club. Ce n’est pas ma façon d’être. J’ai été très content pendant 8 ans et je suis très content. Je ne pense pas au foot en ce moment. Seulement à mes vacances.”

Intox sur la valeur du joueur

Lorsqu’il quitte Londres pour entamer ses vacances, mi-juin, Francesc Fabregas n’est pas encore au Barça. Du côté du club catalan, le spectre des négociations ratées de peu en 2010 ressurgit. Toutes les forces barcelonaises doivent se focaliser sur ce transfert, histoire de ne pas revivre la même mésaventure que l’été précédent, quand Arsenal avait finalement rembarré les Blaugranas dans cette affaire… Surtout que les Gunners pourraient finalement retourner leur veste. Dans les colonnes du Sun, Arsène Wenger n’aurait ainsi pas écarté l’idée de finalement retenir son joueur. “Je serai très clair à ce sujet. Pour moi, Fabregas est lié à Arsenal pour longtemps et il restera avec nous.”. De la pure intox, mais on ne le saura que plus tard. Nous n’en sommes qu’au début de l’été et Arsenal espère encore vendre son joueur plus de 50 millions d’euros. Tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif…

S’entame alors une période de tensions entre les deux clubs. Wenger se paie le luxe de ne pas répondre au téléphone plusieurs jours durant. Pep Guardiola a fait du milieu de terrain sa priorité de recrutement et demande à sa direction d’accélérer. Il veut pouvoir mettre en place son effectif le plus tôt possible. Sur ce point, il en sera pour ses frais…

Le président des Blaugranas Sandro Rosell admet alors publiquement qu’il proposera jusqu’à 40 millions d’euros pour rapatrier l’enfant prodigue en Catalogne mais que celui-ci devra “faire tous les efforts possibles” pour revenir au Barça. Par là, on entend une baisse sensible de ses émoluments et une prise de position clair et nette sur son avenir. Le message est clair : Rosell veut contenter Guardiola, mais pas à n’importe quel prix.

Les jours qui suivent mettent les nerfs des deux parties à vif. Le Barça prend subitement conscience d’être seul sur le dossier, et tente de faire baisser le prix. De son côté, Arsenal n’entend pas brader Cesc Fabregas. Selon les médias anglais, et notamment le Daily Telegraph, une nouvelle offre du FC Barcelone pour le milieu de terrain espagnol est refusée par les Gunners. Le Barça aurait proposé 31,5 millions d’euros pour le capitaine du club londonien. Arsenal réclame 40 millions d’euros désormais pour ce transfert. Une somme que les Blaugranas n’ont pas l’intention de débourser, comme le clame Sandro Rosell. “Guardiola connaît la valeur du joueur, et Cesc vaut moins de 40 millions d’euros. Le FC Barcelone offrira moins et, s’ils n’acceptent pas, il ne viendra pas”, martèle le président catalan.

Le dossier Nasri complique les discussions

Fin juin, nouveau rebondissement. A en croire les informations du Guardian, les Gunners jouent la montre dans le dossier Fabregas en attendant d’être fixés sur le sort de Samir Nasri. A un an de la fin de son contrat, l’international français n’a pas encore prolongé. S’il décidait d’enfin parapher un nouveau bail, Nasri offrirait quasiment son bon de sortie à Fabregas selon le quotidien britannique. Problème : le Français est en négociations avancées avec Manchester City. Le départ de Fabregas pour la Catalogne ne coule plus de source !

Les dirigeants londoniens n’ont toutefois pas l’intention de s’asseoir sur la formidable plus-value promise par ce transfert du milieu de terrain catalan. Et il le font savoir par presse interposée. Interrogé par la BBC, un dirigeant des Gunners confirme que le club pourrait finalement lâcher le milieu de terrain espagnol. Après avoir refusé une première offre du Barça, ce dirigeant, qui est resté anonyme, a révélé qu’il serait difficile de retenir Fabregas si le Barça “proposait assez”. La transaction pourrait donc finalement bien se régler autour de 40 millions d’euros. Messages reçus des Catalans qui adressent dans la foulée une proposition de 30 millions d’euros… assortie de bonus pouvant faire grimper le prix à 40 millions d’euros.

Un accord a minima

Début juillet, Fabregas vend sa maison londonienne en vente dans plusieurs agences immobilières britanniques. Le joueur, en vacances en Espagne et déjà Blaugrana dans sa tête, profite de son rapide retour à Londres pour faire une amicale pression sur les dirigeants londoniens. Les déclarations de début juin selon lesquelles il “se sent joueur d’Arsenal” ont vécu.

Début juillet, Arsenal part en tournée… sans Fabregas. Arsène Wenger continue d’affirmer publiquement que le joueur ne partira pas à moins de 45 millions d’euros. Dans la coulisse, l’affaire est entendue. Il laissera Fabregas partir à n’importe quel prix supérieur à 30 millions d’euros.

Mi-juillet, l’affaire n’est toujours pas réglée. En conférence de presse, Xavi Hernandez, relayé par As, évoque la situation que vit son coéquipier en sélection nationale, expliquant qu’il “vit très mal l’incertitude autour de son transfert”. “Nous voulons qu’il vienne au Barça et qu’une solution soit trouvée, surtout pour lui. Il souffre parce que son transfert ne vient pas. Il a beau faire tous les appels au secours possibles, mais rien n’y fait”, ajoute Xavi.

Fin juillet, les dirigeants du Barça se déplacent à Londres. Selon l’anecdote, au bord d’un vol low cost. Josep María Bartomeu, vice-président du Barça, et Raul Sanllehi, directeur général du club, prennent les choses en main avec une offre ferme de 37 millions d’euros. On s’approche de la barre psychologique à partir de laquelle les Gunners seront prêts à céder.

L’affaire traîne encore… deux semaines. En jeu : la part fixe du transfert. Le Barça consent à la porter à 29 millions d’euros, mais pas plus. Le montant global du transfert incluant les bonus avoisinera 40 millions d’euros. La fourchette basse des espoirs d’Arsenal. C’est tout de même une belle plus value pour le club anglais, qui avait acheté le joueur pour 700.000 livres 8 ans plus tôt, au centre de formation du Barça… il était alors âgé de 16 ans.

L’accord est scellé dimanche 14 août. Lundi 22 août, c’est-à-dire une semaine plus tard, Fabregas inscrit son premier but sous ses nouvelles couleurs lors de la victoire du Barça face à Naples en Supercoupe d’Europe (5-0). Une semaine plus tard, le 29 août, Cesc est à nouveau buteur lors de la démonstration Barcelonaise face à Villarreal (5-0), pour la reprise du championnat d’Espagne. Fabregas se fond dans le collectif du Barça… comme s’il ne l’avait jamais quitté.

 

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