Bordeaux, un plan de relance pour rien?

Premiers relégables après onze journées, les Girondins de Bordeaux traversent actuellement une crise de résultats sans précédent. Trop frileux sur le marché des transferts depuis deux saisons, le club aquitain paye à présent les pots cassés et se voit dans l’obligation d’injecter de l’argent cet hiver pour rectifier le tir. Réaction louable de la part de l’actionnaire majoritaire Nicolas de Tavernost ou décision trop tardive ?

Nicolas de Tavernost

Remettre la main au porte-monnaie.” L’actionnaire majoritaire des Girondins de Bordeaux Nicolas de Tavernost a longtemps cru pouvoir passer l’hiver sans repasser par la case banque ! Mais la réalité sportive a vite rattrapé un club qui vit, depuis maintenant deux saisons et demi, au-dessus de ses ambitions. Après avoir perdu sa colonne vertébrale Laurent Blanc, Souleymane Diawara, Yoann Gourcuff et Marouane Chamakh et, plus récemment Alou Diarra et Fernando Cavenaghi, les dirigeants bordelais ont cru bon de remplacer ces éléments par des joueurs d’un calibre moindre ; on pense notamment à Fahid Ben Khalfallah qui ne semble pas prêt pour jouer dans un club du standing de Bordeaux ou encore Anthony Modeste qui ne soutient par la comparaison avec Chamakh.

Ajoutez à cela certains cadres qui sont au tiers de leurs capacités – Chalmé, Trémoulinas, Ciani – ou d’autres régulièrement blessés, comme Marc Planus, et Bordeaux se morfond dans le bas du classement de la Ligue 1. Nicolas de Tavernost ne peut que constater les dégâts dans les colonnes du quotidien régional Sud-Ouest: “Ça n’aura échappé à personne, la situation n’est pas bonne. Pour le moment il ne s’agit pas d’analyser la cause. Ce qui est important, c’est d’en corriger les effets.”

Gillot soutenu par De Tavernost

Mais le président de la chaîne généraliste M6 ne rejette pas la faute sur Francis Gillot, arrivé cet été en remplacement de Jean Tigana: “Est-ce celle de l’entraîneur ? Je ne crois absolument pas. Francis Gillot est quelqu’un de courageux, qui fait preuve d’efficacité et qui, quoiqu’il arrive, sera présent à la reprise de janvier. Ce n’est généralement pas le changement d’entraîneur qui apporte la solution. En l’occurrence, au contraire, Francis Gillot fait partie de l’actif du club aujourd’hui. Il a la totale confiance du club et de l’actionnaire.

Plus surprenant, De Tavernost estime que “l’argent n’est (pas) responsable de cette situation“, sinon Bordeaux “occuperait la quatrième ou cinquième place au classement, ce qui correspond au classement du budget du club en France“. Or, l’argent semble être le mal principal de l’équipe girondine. Non qualifié pour une coupe européenne, Bordeaux connaît un trou de 20 millions d’euros dans les caisses malgré la vente lucrative de Gourcuff à Lyon pour 22 millions d’euros. Plus les revalorisations des contrats excessifs consécutifs au titre de champion de France, et Bordeaux vit au-dessus de ses moyens. Aussi, Nicolas de Tavernost n’a pas voulu jouer le rôle d’actionnaire “vache à lait” et s’est refusé à remettre de l’argent pour le recrutement estival.

Dix millions pour rebâtir

Or, l’actionnaire majoritaire du club au scapulaire a changé son fusil d’épaule face à la crise sportive que connaît le champion de France 2009. “Malgré le fait que le club soit en déficit significatif, nous sommes prêts à lui apporter notre concours, à nouveau, pour ce mercato“, a ainsi assuré de Tavernost dans le journal régional. Aussi, c’est une enveloppe d’environ 10 millions d’euros qui devrait être allouée à Francis Gillot en vue du prochain mercato hivernal. Un moyen, selon lui, de sortir de “cette situation accidentelle et anormale“.

Toutefois, le mal semble plus profond et il n’est pas certain qu’une rallonge budgétaire permette aux Girondins de retrouver leurs performances d’antan. Au plus mal sportivement et pas tellement mieux financièrement, Bordeaux n’a plus le choix, remettre le “bleu de chauffe” comme le prônait le président Jean-Louis Triaud, plus discret qu’à l’accoutumée. Solidarité, rigueur et un brin de réussite, voilà les véritables remèdes à la crise bordelaise. Et au diable l’enveloppe des 10 millions d’euros qui ne résoudra pas tous les problèmes en un coup de baguette magique…

 

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