Le grand rendez-vous approche pour la France. A 18 heures, les Bleus vont affronter l’Allemagne en quarts de finale de la Coupe du monde. Le moment est venu d’identifier certaines forces et faiblesses de la Nationalmannschaft version 2014.

Manuel Neuer

LES FORCES :

Neuer, un gardien chaud bouillant.
Si les Allemands sont toujours en vie dans ce Mondial, ils le doivent en grande partie aux prestations de Manuel Neuer. Enorme depuis le début de cette Coupe du monde, le gardien du Bayern Munich s’est même transformé, face à l’Algérie (2-1) en huitièmes de finale, en libéro pour soulager sa défense sur plusieurs occasions dangereuses. Considéré comme l’un des meilleurs portiers de la planète, le joueur de 28 ans n’a concédé que trois buts depuis le début de l’épreuve. Bref, son pedigree et son palmarès font qu’il n’a plus rien à démontrer à ses adversaires, si ce n’est de réussir un nouveau match de très haut niveau.

Des individualités capables de faire très mal.
Présente lors des grands rendez-vous depuis plusieurs années, l’Allemagne s’appuie sur des individualités qui peuvent faire la différence à tout moment. Si Joachim Löw décidait d’aligner Philipp Lahm sur le côté droit, Patrice Evra pourrait craindre les montées du capitaine de la Mannschaft. Au milieu de terrain, le triangle constitué des trois Munichois Bastian Schweinsteiger, Philipp Lahm et Toni Kroos, qui se connaissent par coeur, fait des ravages. Et devant, alors que Mario Götze et Mesut Özil brillent seulement par intermittence, Thomas Müller réalise un excellent Mondial avec quatre réalisations et une activité de tous les instants sur le front de l’attaque.

Une plus grande expérience du haut niveau.
Habitués à jouer ensemble, les joueurs allemands enchaînent les matches de haut niveau sur la scène internationale sans réussir à décrocher la timbale. Troisième du Mondial 2006, finaliste de l’Euro 2008, encore sur la troisième marche du podium en 2010 et demi-finaliste du championnat d’Europe en 2012, l’Allemagne ne gagne pas mais jouit d’une grosse expérience. Philipp Lahm, Per Mertesacker et Bastian Schweinsteiger ont dépassé les 100 sélections alors que Karim Benzema, Patrice Evra et Hugo Lloris, les plus “vieux” du groupe France, en sont respectivement à 70, 61 et 61 capes. Sans oublier de citer Manuel Neuer, Toni Kroos, Mesut Özil ou Thomas Müller, plus expérimentés que les Raphaël Varane, Paul Pogba ou Antoine Griezmann.

LES FAIBLESSES :

Pas de vrai “tueur”… à part un vieux lion.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Joachim Löw n’a pas énormément d’options en ce qui concerne le poste d’attaquant axial. A l’image de l’équipe d’Espagne dans le passé, le sélectionneur allemand a choisi de se passer d’un “vrai numéro 9” contre l’Algérie par exemple. C’est Thomas Müller qui a assumé ce rôle. Même s’il est un excellent joueur, le footballeur du Bayern décrochait énormément face aux Fennecs et ne pesait pas, comme un “tueur” dans la surface, sur l’arrière-garde algérienne. Attention tout de même, la Nationalmannschaft peut toujours compter sur le vieux lion, surnommé “L’Hélicoptère”, Miroslav Klose (36 ans) qui reste un bon joker.

Les latéraux sûrement alignés sont fragiles.
Puisque Shkodran Mustafi (cuisse) est out pour la suite du Mondial, Joachim Löw devrait repositionner Jerome Boateng en tant que latéral droit et titulariser, de nouveau aux côtés de Per Mertesacker, le défenseur central Mats Hummels qui est opérationnel. En alignant des joueurs comme Antoine Griezmann (à gauche) ou encore Mathieu Valbuena (à droite), qui brillent par leur vélocité et leur faculté à accélérer le jeu en permanence, Didier Deschamps pourrait poser d’énormes problèmes au duo Boateng-Höwedes. Ces deux éléments devraient être pris de vitesse à un moment ou un autre de la rencontre. Au final, le fait d’aligner Philipp Lahm, qui est une référence au poste de défenseur droit, en tant que milieu défensif pourrait vraiment handicaper la Nationalmannschaft…

Le spectre de l’élimination.
Avant et pendant chaque Mondial, bon nombre d’observateurs encensent l’équipe d’Allemagne qui fait toujours partie des favorites du tournoi. Mais à vrai dire, il faut quand même remonter à la Coupe du monde… 1990 pour trouver la trace du dernier sacre germanique à l’échelle planétaire. Depuis pratiquement un quart de siècle, nos voisins basés outre-Rhin ont dû se contenter d’un triomphe lors de l’Euro 1996 disputé en Angleterre. Les éliminations en demi-finales des Coupes du monde 2006, à domicile, puis en 2010 trottent dans toutes les têtes. La machine allemande semble bien huilée mais elle est tout sauf insubmersible. Nos Bleus sont tout à fait capables de renvoyer la Nationalmannschaft à ses chères études ce soir.