Le dossier Rodri est peut-être en train de prendre une tournure inattendue. Longtemps annoncé comme une priorité du Real Madrid, le milieu de Manchester City se rapprocherait désormais du FC Barcelone. Une volte-face qui rappelle que, depuis plus de 70 ans, les deux géants espagnols se livrent des batailles parfois explosives sur le mercato.

Le feuilleton Rodri connaît un nouveau rebondissement. Désireux de rentrer en Espagne, le milieu de terrain de Manchester City était annoncé tout proche du Real Madrid depuis le sacre en Coupe du monde, terminée avec le titre de MVP. Mais les discussions entre les deux parties se seraient sérieusement refroidies ces dernières heures, et le FC Barcelone en a profité pour s’inviter en force dans le dossier.

Comme révélé par Fabrizio Romano, le Ballon d’Or 2024 a donné son feu vert pour rejoindre le club catalan. Reste une inconnue de taille : les Blaugrana auront-ils les moyens de s’aligner sur le tarif fixé par Manchester City, qui réclame 65 millions d’euros en échange de son taulier de 30 ans ? Si l’opération aboutissait, Rodri rejoindrait une liste de joueurs dont l’avenir a alimenté la rivalité entre les deux plus grands clubs d’Espagne.

Alfredo Di Stéfano, le transfert qui a façonné l’histoire

Impossible d’évoquer les grandes batailles sur le mercato entre le Real et le Barça sans commencer par Alfredo Di Stéfano. En 1953, le FC Barcelone pense avoir sécurisé l’arrivée de la star argentine, qui prend même part à quelques matchs amicaux avec les Blaugrana.

Mais un imbroglio autour de ses droits sportifs bouleverse totalement le dossier, River Plate et Los Millonarios se disputant la propriété du joueur avant son transfert. Après de longues négociations et une intervention des autorités espagnoles de l’époque et de la FIFA, c’est finalement le Real Madrid qui obtient sa signature.

La suite appartient à l’histoire. Emmenés par Di Stéfano, les Merengue remportent cinq Coupes des clubs champions consécutives et installent durablement leur domination sur le football continental. Encore aujourd’hui, ce dossier est considéré comme le plus grand feuilleton mercato de l’histoire du Clasico.

Luis Figo, la trahison ultime au Barça

Près d’un demi-siècle plus tard, Florentino Pérez provoque un séisme en recrutant Luis Figo. Capitaine du FC Barcelone et idole du Camp Nou, l’international portugais devient en 2000 la recrue phare de la campagne présidentielle du futur président madrilène.

Son transfert au Real Madrid, via la levée de sa clause libératoire de 60 millions d’euros, est vécu comme une véritable trahison en Catalogne. Son premier retour au Camp Nou, marqué notamment par le célèbre lancer d’une tête de cochon depuis les tribunes, reste l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire des Clasicos.

Luis Figo, Alfredo Di Stefano, Ronaldo, Zinedine, Real Madrid
Luis Figo, Alfredo Di Stefano, Ronaldo et Zinedine Zidane avec le Real Madrid. Crédits photo : IconSport

David Beckham, le choix qui a changé le destin du Barça

L’été 2003 réserve un autre retournement spectaculaire. Candidat à la présidence du Barça, Joan Laporta avait trouvé un accord avec Manchester United pour recruter David Beckham. Mais une fois élu, il voit l’Anglais privilégier le Real Madrid, déjà lancé dans sa politique des « Galactiques ».

Ce revers oblige Barcelone à revoir ses plans. Le club catalan se tourne alors vers Ronaldinho. Avec le recul, cet échec s’est transformé en formidable opportunité : le Brésilien relancera les Blaugrana et ouvrira la voie à l’une des périodes les plus fastes de leur histoire.

Luis Enrique, du Bernabéu au Camp Nou

Toutes les batailles ne concernent pas un joueur encore sous contrat. En 1996, Luis Enrique arrive au terme de son engagement avec le Real Madrid. Les dirigeants madrilènes souhaitent le conserver, mais le milieu offensif choisit finalement de rejoindre libre le FC Barcelone.

Moins de deux ans plus tard, il célébrera avec exubérance un but marqué face au Real, provoquant l’indignation du président merengue d’alors, Lorenzo Sanz : “C’était une provocation, surtout de la part d’un joueur qui était dans notre maison et qu’on a très bien payé.” Luis Enrique rétorquera avec aplomb : “Si Sanz veut, je pleure quand je marque un but.

Au fil des saisons, l’Espagnol devient capitaine des Blaugrana puis, plusieurs années plus tard, entraîneur du club. Son parcours en fait l’un des rares joueurs à être devenu un symbole du Barça après avoir porté le maillot du Real. “J’ai toujours été du Barça“, révélera-t-il en 2018.

Luis Enrique FC Barcelone
Crédits photo : Icon Sport

Endrick, le dernier duel remporté par le Real

Bien avant son arrivée en Europe, Endrick faisait déjà l’objet d’une lutte acharnée entre les deux géants espagnols. Le FC Barcelone s’était très tôt positionné sur le phénomène de Palmeiras et avait multiplié les contacts avec son entourage.

À l’automne 2022, plusieurs médias faisaient même état d’une offensive catalane pour tenter de prendre une longueur d’avance sur le dossier. Mais le Real Madrid est finalement passé à l’offensive avec une proposition financière que le Barça, alors en pleine crise économique, ne pouvait égaler. L’opération est bouclée pour 60 millions d’euros quelques semaines plus tard, en décembre 2022.

Le dossier Rodri n’en est pas encore à ce niveau de portée historique. Mais si le Barça venait réellement à souffler le milieu espagnol au Real Madrid, l’opération trouverait naturellement sa place dans la longue série des transferts, trahisons et revirements qui alimentent depuis des décennies la rivalité la plus passionnelle du football espagnol.