Le catenaccio mis à mal, la PL au fond de la classe : quel championnat a le plus de 0-0 dans le Big Five en 2026-2027 ?
Le début de saison 2026/27 réserve déjà quelques paradoxes dans les cinq grands championnats européens. Alors que la Serie A, longtemps associée au catenaccio et à une certaine culture de la prudence, est la seule à ne pas avoir enregistré le moindre 0-0, la Premier League affiche pour l’instant le taux de matchs nuls et vierges le plus élevé. La Ligue 1 n’est pas loin derrière.
Avec la première trêve internationale de la saison, qui débute ce lundi, l’heure est aux premiers bilans dans le Big Five. Plusieurs tendances se dégagent justement concernant le nombre de 0-0 enregistrés dans les grands championnats européens et méritent une attention particulière.
Quel championnat du Big Five compte le plus de scores 0-0 ?
Après les premières journées, la hiérarchie entre les différents pays peut paraître surprenante. La Premier League compte 5 matchs sans but sur 50, soit 10 % de rencontres conclues sur un 0-0. La Ligue 1 suit avec 4 sur 45 (8,89 %), devant la Bundesliga avec 3 sur 36 (8,33 %) et la Liga avec 5 sur 69 (7,25 %). La Serie A ferme la marche, mais dans un sens inattendu : aucun 0-0 en 50 matchs !
Le contraste avec les saisons précédentes est particulièrement marqué en Italie. La Serie A avait compté 36 matchs nuls vierges en 2025/26, soit 9,47 % de ses rencontres, et 7,37 % en 2024/25. Elle se situe donc actuellement à l’exact opposé de son image traditionnelle, très défensive.
La Premier League, elle, connaît une évolution inverse. Après seulement 11 matchs terminés sur un 0-0 en 2023/24, soit 2,89 %, le championnat anglais est remonté à 4,21 % en 2024/25 puis à 7,11 % la saison dernière. Le début de cet exercice prolonge cette tendance.
En France, l’évolution est également à surveiller : après une saison 2024/25 particulièrement pauvre en 0-0 (4,59 %), la Ligue 1 avait déjà nettement remonté en 2025/26 (7,54 %). Comme chaque été, la L1, appauvrie par la chute du montant des droits TV, a profité du mercato pour se refaire une santé financière en vendant ses joueurs les plus bankables. Et cet exode sans fin pourrait finir par se faire sentir en termes de spectacle.
Pourquoi l’Italie se réveille offensivement
Pour comprendre l’absence actuelle de 0-0 en Serie A, il suffit de regarder certains des matchs disputés depuis la reprise. L’Inter a notamment battu Naples 3-2 après avoir été menée 2-0, avant de participer à un spectaculaire 5-3 contre l’Udinese. Sassuolo a dominé la Juventus au terme d’un haletant 3-2, tandis que Venise et la Fiorentina ont offert un prolifique 2-4. On peut aussi mentionner le spectaculaire Lazio-Milan, qui s’est conclu sur un 2-2 avec une remontada des Rossoneri en deux minutes.
Cette production offensive peut s’expliquer par plusieurs évolutions. Certains entraîneurs contribuent à cette dynamique, à commencer par Alberto Aquilani (Sassuolo), tandis que Gian Piero Gasperini, réputé pour son style de jeu débridé, aborde sa deuxième saison à la Roma avec des repères davantage installés.
Mais un autre facteur mérite d’être souligné : l’évolution de l’arbitrage et du temps de jeu effectif. Les rencontres sont moins régulièrement hachées par d’interminables séquences liées aux remises en jeu, aux touches ou aux différentes phases de gestion du temps. Il devient inutile d’essayer de “jouer la montre” à grands coups de manœuvres dilatoires. Avec plusieurs minutes de jeu effectif supplémentaires, le ballon circule davantage et les occasions peuvent s’enchaîner. Pour un championnat qui a longtemps été associé à la maîtrise défensive, le changement est notable.
La Premier League survendue en termes de spectacle ?
Le cas anglais est plus complexe. Le taux de 0-0 ne suffit évidemment pas à résumer la Premier League, qui reste un championnat riche en buts, en individualités et en entraîneurs de premier plan. Mais les chiffres invitent à regarder autrement son évolution récente.
Comme le soulignaient récemment nos confrères de Trivela, les matchs où les deux équipes se livrent dans un duel permanent semblent moins fréquents. Une tendance se dessine : le favori monopolise davantage le ballon, tandis que son adversaire accepte de défendre plus bas. Et lorsqu’il perd la possession, le favori ne cherche pas forcément à repartir immédiatement à l’assaut. Il se replace, protège son bloc et attend le moment opportun.
En parallèle, la moyenne de xG issus du jeu ouvert a fortement diminué outre-Manche : 2,28 en 2023/24 contre seulement 1,82 en 2025/26. Les buts restent donc présents, mais une part croissante de la production offensive provient d’autres situations, notamment des coups de pied arrêtés.
Avec son Arsenal, spécialiste des buts sur corner, Arteta, comme d’autres techniciens du championnat, cherche avant tout à contrôler les zones et le rythme du match. La qualité reste considérable, mais le contrôle est privilégié à la prise de risque.
Après quelques semaines seulement, impossible évidemment de tirer des conclusions définitives. Mais le premier bilan est suffisamment paradoxal pour interpeller : l’Italie du catenaccio attaque, tandis que la Premier League, réputée spectaculaire, commence à se méfier du “chaos”.