Il y a presque vingt ans, sous les couleurs de l’AS Roma, Amantino Mancini inscrivait l’un des buts iconiques de la Ligue des Champions, face à Anthony Réveillère et l’Olympique Lyonnais. Pour Top Mercato, le Brésilien est revenu sur cette action de génie, mais aussi sur ses rendez-vous manqués avec la Ligue 1 qu’il aurait pourtant aimé découvrir.

6 mars 2007. Stade de Gerland. L’Olympique Lyonnais accueillait l’AS Roma en huitième de finale retour de Ligue des champions. Les deux écuries n’avaient pas réussi à se départager à l’aller (0-0). Et alors que l’on disputait la 44e minute de jeu, Amantino Mancini, souvent appelé Alessandro Mancini en France, sortait de sa boîte. Le Brésilien déboulait sur le côté gauche, enchaînait six passements de jambes à grande vitesse, déposait Anthony Réveillère et s’en allait crucifier Grégory Coupet d’une frappe puissante sous la barre pour sceller la victoire des Giallorossi en terres lyonnaises (0-2) et donc une qualification au tour suivant.

Une action sur laquelle l’ancien attaquant est revenu pour Top Mercato. « Je suis heureux de faire partie de l’histoire de la Champions League grâce à ce but fantastique contre Lyon, un Lyon très fort avec Juninho Pernambucano, Florent Malouda, Éric Abidal. J’ai eu de la chance de marquer ce but, un but à la brésilienne, avec ces fameux passements de jambes, sur une action individuelle. C’était un joli but, important, parce qu’il qualifiait l’AS Roma pour les quarts de finale de Ligue des Champions », s’est souvenu l’ancien attaquant qui, après avoir tenté une carrière de coach, est devenu représentant de joueurs et dirigeant d’un club dans sa région natale de Minas Gerais, le Sport Club Aymorés, à Ubá.

Mancini avait rencontré Aulas

« On ne voit plus beaucoup ce genre de buts. Je crois que le football actuel manque d’actions de ce genre, de joueurs qui dribblent en un contre un, qui font des différences individuelles. Je crois qu’Estevão de Chelsea a les qualités pour, Vinicius Jr aussi au Real Madrid. Rayan aussi que j’aime beaucoup. J’espère que ce football plaisant, joyeux reviendra à la mode », a-t-il poursuivi, avant de nuancer : « Mais ce n’est pas le plus beau but de ma carrière. Je préfère mon but du talon contre la Lazio, sur une action fabuleuse, que l’on travaillait beaucoup à l’entraînement. Mais je suis très heureux d’avoir pu inscrire ce but contre l’OL ».

Amantino Mancini, Roma
Amantino Mancini lors de la fameuse confrontation entre la Roma et l’OL – Crédits photo : GPG / Icon Sport

Mancini nous a ensuite avoué ne jamais avoir eu de nouvelles de sa victime de ce soir-là. « Réveillère, je ne l’ai jamais revu, je ne lui ai jamais reparlé. C’était un grand joueur. Mais ce jour-là, face à l’AS Roma et moi, ce n’était simplement pas sa soirée », nous a-t-il raconté. Il a pourtant failli avoir l’occasion de côtoyer à nouveau l’ancien latéral français.

L’international auriverde (6 sélections) avait en effet rencontré le président lyonnais de l’époque, Jean-Michel Aulas, pour conclure un éventuel transfert. « Après ce but, il y a eu en effet un intérêt de l’Olympique Lyonnais. Lyon était très intéressé par ma venue. Mais les négociations n’ont pas été plus loin et je suis finalement resté à l’AS Roma, en Italie », nous a-t-il confié.

L’OL et l’OM, des actes manqués pour Mancini

Il n’y a pas que l’OL qui a tenté de l’attirer en France. L’Olympique de Marseille, lui aussi, l’a sérieusement contacté quelques saisons plus tard. « Oui. Quelques années plus tard, quand j’étais à l’Inter et que j’avais peu de temps de jeu, il y a eu un intérêt de l’Olympique de Marseille, dont l’entraîneur était Didier Deschamps. Cette situation ne s’est pas concrétisée. Ça aurait été bien, j’aurais aimé jouer en France. Mais les discussions n’ont pas abouti », nous a-t-il indiqué. Son rapport avec la France, Mancini l’a notamment nourri au contact de nombreux joueurs tricolores au fil de sa carrière : Vincent Candela, Philippe Mexès, Olivier Dacourt, Ludovic Giuly, Mathieu Flamini. Mais c’est un autre qui l’a particulièrement marqué.

« Ils étaient tous de bons joueurs, mais celui qui m’a le plus impressionné, c’est Patrick Vieira (à l’Inter Milan, ndlr). Sa qualité technique, son intelligence de jeu, sa connaissance tactique. C’est le meilleur Français avec lequel j’ai joué », a-t-il assuré, lui qui se dit chanceux d’avoir évolué aux côtés de tels talents. « J’ai été très chanceux de pouvoir jouer avec de grands joueurs, comme Francesco Totti, Andrea Pirlo, Patrick Vieira, Zlatan Ibrahimovic, Adriano. J’ai eu le privilège de jouer avec tous ces grands joueurs-là et c’est difficile d’en mettre un au-dessus des autres. Des joueurs intelligents, de qualité, bien au-dessus de la moyenne. Je suis chanceux, très chanceux d’avoir pu jouer avec eux. »

Amantino Mancini, Roma
Amantino Mancini avec la Roma – Crédits photo : Aldo Liverani / Icon Sport