Real Madrid : ce dilemme que Mourinho n’a toujours pas réussi à trancher et qu’il paie au prix fort…
Le Real Madrid a encaissé un but dans sept de ses huit premiers matchs de la saison 2026-2027, mais le problème défensif de José Mourinho pourrait trouver son origine bien plus haut sur le terrain, là où sa quête de l’équilibre entre contrôle, créativité et protection n’est toujours pas résolue.
Avant la trêve internationale, la défaite 2-1 du Real Madrid dans le derby face à l’Atlético Madrid a mis en lumière une contradiction gênante au sein de l’effectif de José Mourinho. Peu d’équipes en Europe possèdent davantage de talent individuel en attaque et au milieu de terrain, et pourtant le club madrilène a eu du mal à progresser par l’axe. Il a créé trop peu d’espaces pour ses attaquants et a laissé l’Atlético dicter à plusieurs reprises les zones dans lesquelles le match se jouait.
Cette prestation s’inscrit dans une tendance plus large. Le Real Madrid a encaissé au moins un but dans sept de ses huit premiers matchs, mais les chiffres ne révèlent pas forcément un simple problème au niveau de la ligne défensive. L’équipe actuelle de Mourinho encaisse des buts à un rythme déjà très éloigné de la solidité défensive de son premier passage à Madrid.
Mourinho cherche encore à déterminer quelle part de contrôle il est prêt à sacrifier pour faire de la place aux joueurs créatifs dont il dispose. Tant qu’il n’aura pas trouvé la réponse, ses défenseurs risquent de continuer à en payer le prix.
L’arbitrage de Mourinho entre protection et contrôle
Federico Valverde et Aurélien Tchouaméni offrent à Mourinho son socle de milieu le plus solide physiquement. Tous deux couvrent beaucoup de surface, sécurisent les transitions et permettent à Jude Bellingham d’évoluer plus haut sur le terrain. Cette configuration présente des avantages défensifs évidents. Le revers de la médaille apparaît lorsque le Real Madrid a le ballon.
Sans véritable métronome dans la lignée de Toni Kroos ou de Luka Modric, le club madrilène peut devenir dépendant des actions individuelles pour casser le pressing et faire progresser le ballon vers les zones avancées. L’échec du recrutement de Rodri a déjà montré combien il est difficile de reproduire toutes ces fonctions avec les milieux actuellement disponibles.
Arda Güler et Bernardo Silva apportent chacun une solution différente. Güler a été l’un des milieux les plus inventifs du Real Madrid depuis le début de la saison : sa capacité à recevoir entre les lignes et à jouer vers l’avant offre à Mourinho une option plus progressive. Bernardo Silva est moins direct, mais sa capacité à conserver le ballon, à se déplacer dans plusieurs zones du milieu et à se dégager du pressing apporte quelque chose de plus proche d’un véritable contrôle du jeu.
Reste que faire jouer l’un ou l’autre plus bas implique un autre compromis : Mourinho perd une partie de la sécurité physique qu’apporte l’association Valverde-Tchouaméni. Cela contribue à expliquer pourquoi Bernardo Silva, malgré sa grande expérience acquise à Manchester City, s’est retrouvé de plus en plus souvent remplaçant, écarté du duo central préféré de Mourinho.
T. Courtois
8 matchs
720 min (100%)
K. Mbappé
8 matchs
720 min (100%)
F. Valverde Dipetta
8 matchs
655 min (91%)
V. Júnior
8 matchs
652 min (91%)
I. Konaté
7 matchs
630 min (88%)
J. Bellingham
8 matchs
619 min (86%)
D. Huijsen
7 matchs
592 min (82%)
M. Cucurella
8 matchs
519 min (72%)
D. Dumfries
7 matchs
505 min (70%)
A. Guler
7 matchs
349 min (48%)
Y. Diomande
8 matchs
292 min (41%)
T. Alexander-Arnold
5 matchs
292 min (41%)
B. Silva
6 matchs
282 min (39%)
E. Camavinga
6 matchs
239 min (33%)
A. Rüdiger
3 matchs
216 min (30%)
A. Carreras
5 matchs
205 min (28%)
A. Tchouaméni
4 matchs
189 min (26%)
B. Abdelkader Diaz
4 matchs
178 min (25%)
C. Espí Escrihuela
5 matchs
26 min (4%)
E. Moreira de Sousa
1 matchs
4 min (1%)
Bellingham ajoute une couche supplémentaire au casse-tête. L’international anglais est dévastateur lorsqu’il arrive dans la surface et attaque les espaces, mais Mourinho doit décider s’il veut que Bellingham organise le jeu offensif du Real Madrid ou qu’il effectue des courses dans une attaque organisée par un autre joueur. Demander au même milieu de terrain de contrôler, de créer, de presser et de couvrir les transitions en même temps a, jusqu’ici, produit un équilibre imparfait.
🚨 𝗠𝗢𝗨𝗥𝗜𝗡𝗛𝗢 𝗩𝗘𝗨𝗧 𝗙𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗗𝗘 𝗕𝗘𝗟𝗟𝗜𝗡𝗚𝗛𝗔𝗠 𝗟𝗘 𝗝𝗢𝗨𝗘𝗨𝗥 𝗖𝗟𝗘́ 𝗗𝗨 𝗥𝗘𝗔𝗟 𝗠𝗔𝗗𝗥𝗜𝗗 ! 🤍 Le Portugais souhaite placer Jude Bellingham au cœur de son projet et lui offrir davantage de liberté dans un rôle de milieu offensif. 👀 🗞️ @marca https://t.co/DojhorDijF
— Lives Foot (@livesfoot) October 8, 2026
Les problèmes défensifs du Real Madrid ne peuvent pas être imputés uniquement au choix des milieux de terrain. Les blessures ont perturbé la ligne arrière de Mourinho ces dernières semaines, l’obligeant à modifier ses choix et limitant la continuité. Toutefois, la nature de certaines occasions concédées laisse penser que les joueurs alignés ne sont qu’une partie de l’explication.
Pourquoi la défense du Real Madrid en paie le prix
Lorsque trop de joueurs créatifs occupent des positions avancées et que le ballon est perdu sans structure stable derrière lui, les défenseurs doivent couvrir de grands espaces face à des adversaires déjà tournés vers le but. Ce problème devient particulièrement important avec des latéraux offensifs.
Trent Alexander-Arnold offre une qualité de passe que peu de joueurs à son poste peuvent égaler, mais son influence avec le ballon doit forcément être soutenue par le placement de ses coéquipiers lorsque ses actions s’éteignent. Mourinho a déjà expérimenté Alexander-Arnold au milieu de terrain avant de laisser entendre qu’un tel rôle resterait une exception plutôt que la norme. Le même principe s’applique à toute l’équipe de Mourinho.
Ajouter de la créativité pourrait améliorer la capacité du Real Madrid à se sortir du pressing, mais seulement si la possession elle-même fait partie de son dispositif défensif. À l’inverse, choisir davantage de protection physique rendrait peut-être l’équipe plus solide, sans nécessairement régler le problème du contrôle des matchs.
C’est le choix sur lequel Mourinho semble encore travailler. Le technicien portugais n’a pas forcément besoin que le Real Madrid devienne une équipe plus défensive. Il lui faut une équipe dont la structure offensive la prépare mieux à défendre. Les prochains rendez-vous, à commencer par la réception de Villarreal samedi au Santiago Bernabéu (match à retrouver dans notre programme TV foot), devraient donner une nouvelle indication sur le compromis qu’il privilégie.
Le Real Madrid a suffisamment de qualité pour aligner plusieurs milieux de terrain différents. Le défi consiste à établir une hiérarchie des responsabilités : qui contrôle le tempo, qui fait progresser le ballon, qui attaque la surface et qui protège les espaces laissés derrière.
Tant que ces rôles ne seront pas plus clairs, le problème du Real Madrid avec le ballon risque fort de rester un problème sans le ballon. Pour résoudre une partie de ce problème, le Real a déjà identifié ses deux priorités pour le prochain mercato.