La Juventus Turin a déjà commencé à évaluer des alternatives au poste d’entraîneur après le début de saison décevant de Luciano Spalletti.

Les spéculations autour de l’avenir de Luciano Spalletti ont pris de l’ampleur après la défaite 3-0 contre la Lazio dimanche à Turin. Le résultat a accentué la pression sur Spalletti et laisse la Juventus à la huitième place du championnat italien.

La situation met aussi en évidence les difficultés de Spalletti à établir une identité de jeu et à apporter de la stabilité au groupe. Après la défaite, l’entraîneur a critiqué la fragilité mentale de l’équipe, tandis que le défenseur et capitaine Bremer a publiquement réclamé davantage d’engagement de la part de ses coéquipiers. L’épisode a renforcé le sentiment de tension autour du travail de Spalletti, même si rien ne confirme que la Juventus ait décidé de se séparer de son entraîneur pour l’instant.

Selon le quotidien italien La Repubblica, Francesco Farioli, actuellement à Porto, et Simone Inzaghi, d’Al-Hilal, figurent parmi les candidats possibles pour prendre les rênes de l’équipe la saison prochaine. Si la direction opte pour un changement en cours de saison, Stefano Pioli serait le candidat le mieux placé.

Farioli et Inzaghi représentent deux voies différentes pour la Juventus

À 37 ans, Francesco Farioli est un disciple de Roberto De Zerbi, avec qui il a travaillé comme entraîneur des gardiens au début de sa carrière, et s’est forgé la réputation d’être l’un des entraîneurs italiens les plus prometteurs de sa génération. Après des passages à Nice et à l’Ajax, il a pris les commandes de Porto et a retrouvé du prestige en bâtissant une équipe organisée, intense dans le jeu sans ballon et patiente dans la construction du jeu.

Francesco Farioli Ajax Amsterdam
Francesco Farioli entraîne le FC Porto. Crédits photo : IconSport

Le système de Farioli repose généralement sur une structure à quatre défenseurs et trois milieux, mais le positionnement évolue au fil de la progression de l’équipe. L’idée est d’attirer la pression adverse, de trouver des lignes de passe et d’avancer par de courtes combinaisons, sans renoncer à la possibilité d’accélérer lorsque des espaces s’ouvrent.

Pour la Juventus, recruter l’Italien reviendrait à miser sur un entraîneur à fort potentiel de progression et au style de jeu bien défini. Le défi serait d’adapter ce modèle aux caractéristiques de l’effectif et à l’exigence de résultats immédiats propre à un club habitué à jouer les titres.

Simone Inzaghi propose un profil différent. À 50 ans, l’entraîneur s’est fait connaître à la Lazio et a consolidé son nom à la tête de l’Inter Milan, avec lequel il a remporté des titres nationaux et disputé deux finales de Ligue des champions. Depuis 2025, il dirige Al-Hilal en Arabie saoudite, où il est l’entraîneur le mieux payé au monde.

Son système le plus caractéristique est le 3-5-2, avec trois défenseurs, des pistons offensifs et deux attaquants qui alternent les mouvements pour créer des espaces. L’équipe cherche à progresser par l’axe et par les côtés, en utilisant le mouvement des pistons pour étirer la défense adverse. Les milieux participent à la circulation du ballon comme aux transitions rapides, tandis que les défenseurs peuvent monter pour créer la supériorité au milieu de terrain.

Défensivement, la formation passe souvent en 5-3-2, les pistons redescendant pour protéger les couloirs. Inzaghi adapte aussi le pressing à la situation du match : ses équipes peuvent presser haut ou reculer pour exploiter les espaces laissés par l’adversaire. La flexibilité et la coordination des mouvements sont des marques de fabrique importantes de son travail.

L’alternative Pioli si Spalletti est limogé en cours de saison

Même si Farioli et Inzaghi sont envisagés pour un éventuel projet futur, la situation pourrait changer si la Juventus décidait d’agir avant la fin de la saison. Dans ce scénario, Stefano Pioli serait le candidat numéro un, selon La Repubblica.

L’entraîneur italien est actuellement sans club et a expérimenté de nombreux contextes en Serie A. Sa réalisation la plus marquante a eu lieu à l’AC Milan, avec lequel il a remporté le championnat d’Italie en 2021-22, mettant fin à une disette de titres qui durait depuis 2011. Son expérience des effectifs de haut niveau et sa connaissance du football italien pourraient en faire une option pragmatique pour un changement en cours de saison.

Recruter Pioli pour tenter de stabiliser les résultats permettrait à la Juventus de gagner du temps avant de définir un projet à long terme. À l’inverse, l’arrivée éventuelle de Farioli ou d’Inzaghi représenterait un pari plus directement lié à la construction d’une identité technique pour les saisons à venir.

Pour l’instant, la continuité de Spalletti reste le scénario dominant, et l’existence de rumeurs avec les noms évoqués ne signifie pas que la direction ait entamé des négociations ou pris une décision. La défaite contre la Lazio a toutefois tendu l’atmosphère et placé le travail de l’entraîneur sous une surveillance accrue.

La Juventus devra répondre sur le terrain pour éviter que la discussion sur d’éventuels successeurs ne se transforme en crise encore plus grave. Si les résultats ne s’améliorent pas, la direction pourrait être contrainte de choisir entre une solution immédiate, avec Pioli, et un changement de cap plus profond, avec Farioli ou Inzaghi comme candidats pour l’avenir.