Amine Gouiri est un joueur important de l’Olympique de Marseille, mais, malgré ses buts cette saison, l’avant-centre n’en fait pas assez et est plutôt décevant. Et, alors que Tottenham pourrait revenir à la charge cet hiver, l’OM doit-il se séparer de l’Algérien… ou le conserver malgré tout ?

L’Olympique de Marseille n’a pas vraiment les moyens de se tromper sur son prochain mercato. Dans un contexte financier toujours tendu, le club phocéen pourrait être tenté de profiter d’une offre intéressante pour Amine Gouiri. Mais se séparer de l’attaquant algérien sans pouvoir le remplacer serait un pari risqué, alors que son rendement pose encore question.

L’approche de Tottenham de Roberto De Zerbi cet été, comme évoquée par La Provence dans son édition du jour, a rappelé qu’Amine Gouiri conservait une certaine cote sur le marché. À 26 ans, l’ancien Rennais dispose d’un profil offensif recherché et d’une marge de progression encore intéressante. Le problème, pour l’OM, est de savoir quelle valeur lui accorder aujourd’hui.

Amine Gouiri marque avec l’OM, mais reste trop intermittent

Sur le papier, le bilan de l’international algérien n’a rien de mauvais. Après dix matchs disputés toutes compétitions confondues cette saison, il compte cinq buts. En Ligue 1, il a notamment inscrit un doublé contre Strasbourg, un autre face au Paris FC, puis marqué contre Angers. Cinq réalisations, donc, mais concentrées sur trois rencontres.

C’est là que le bât blesse. Amine Gouiri a montré qu’il pouvait faire la différence, sans parvenir à peser avec la même constance. Il disparaît encore trop souvent des débats et ne donne pas toujours l’impression d’être le cadre offensif que l’OM attend. Son talent n’est pas en cause. C’est plutôt sa capacité à l’exprimer sur la durée qui interroge. Un questionnement qui le poursuit d’ailleurs depuis le début de sa carrière.

Marseille peut-il pour autant envisager sereinement son départ ? Rien n’est moins sûr. Un Amine Gouiri plus régulier pourrait apporter bien davantage à l’équipe, mais attendre son réveil comporte aussi un risque : si ses performances ne progressent pas, sa valeur marchande pourrait finir par s’éroder.

Une vente à plus de 25 M€ serait-elle raisonnable pour l’OM ?

La question est d’autant plus délicate que les finances marseillaises limitent fortement les options du club. L’OM a terminé le mercato estival sans recrue, à cause d’un encadrement sévère de la DNCG. Et, à ce stade, le marché hivernal s’annonce tout aussi compliqué puisque, comme relayé par L’Equipe, une interdiction de recrutement pour cet hiver est sur la table. Les dirigeants de l’OM doivent d’abord composer avec les contraintes économiques, plutôt que préparer une nouvelle vague d’arrivées.

Dans ces conditions, une offre supérieure à 25 M€ pour Amine Gouiri pourrait faire réfléchir. Une telle somme représenterait une revenu important dans une période difficile, mais elle ne garantirait pas à Marseille la possibilité de recruter un remplaçant de niveau équivalent – le contraire, même. Vendre pour alléger les comptes sans pouvoir renforcer l’équipe serait une opération difficile à justifier sportivement.

Le dilemme est donc réel. L’OM doit-il vendre tant qu’Amine Gouiri conserve une valeur intéressante, ou miser sur un retour en forme qui profiterait d’abord à l’équipe ? À moins d’une proposition particulièrement élevée,la seconde option semble préférable. Marseille a besoin de ses joueurs les plus talentueux, même lorsque ces derniers traversent une période irrégulière – c’est par exemple le cas d’Igor Paixão cette saison (1 but seulement). Amine Gouiri doit désormais transformer ses éclairs en performances plus constantes. Et l’OM, lui, espérer que son attaquant retrouve le niveau attendu, déjà contre Le Havre ce dimanche (17h15), avant que la question de sa valeur marchande ne devienne plus pressante.