Le Havre a perdu son entraîneur, Didier Digard, ainsi que son président, et c’est autour du directeur sportif, Demba Ba, de claquer la porte. Mais où le HAC mené par Blue Crow peut-il aller ainsi ?

Le Havre traverse une crise qui dépasse largement les mauvais résultats de son équipe première. En quelques mois, le club normand a perdu plusieurs de ses principaux hommes forts, jusqu’à se retrouver sans président, sans directeur sportif et sans entraîneur. Une situation qui interroge directement la stratégie de Blue Crow Sports Group, propriétaire du HAC, alors que le maintien en Ligue 1 est déjà sérieusement compromis.

Le départ de Demba Ba est un nouveau coup de tonnerre, relayé par L’Equipe. Arrivé en juin dernier pour succéder à Mathieu Bodmer, l’ancien international sénégalais n’aura finalement passé que quatre mois au Havre. Selon les informations du quotidien sportif, le dirigeant a décidé de quitter ses fonctions après une remise en cause du projet qui avait accompagné son arrivée. Son adjoint Quentin Rauzier est pressenti pour lui succéder.

Ce départ intervient dans un contexte particulièrement tendu. Quelques jours plus tôt, Didier Digard avait été écarté après la lourde défaite contre le PSG (1-5), tandis que Jean-Michel Roussier avait annoncé son départ de la présidence. L’ancien dirigeant, qui avait accompagné la remontée du HAC en 2023 et son maintien dans l’élite, n’était pas en accord avec la décision des actionnaires concernant l’entraîneur – et même si une stat donne déjà raison au HAC. Sa démission doit être actée lors du conseil d’administration du 5 novembre.

Bodmer, Digard, Demba Ba… une succession de départs au Havre qui interroge

Le problème est que ce nouvel épisode ne constitue pas un accident isolé. En mai, Mathieu Bodmer avait déjà quitté ses fonctions après quatre années au club, en évoquant des désaccords internes. L’ancien joueur du PSG et de l’OL avait notamment expliqué que certaines décisions étaient prises sans lui, y compris concernant le recrutement de jeunes joueurs. Son départ avait aussi entraîné celui de Julien Momont, responsable de l’analyse du jeu et de la data. Le recrutement de Demba Ba devait marquer le début d’un nouveau cycle. Il n’aura finalement pas duré un semestre.

Blue Crow, devenu actionnaire majoritaire en juillet 2025, avait pourtant présenté un projet de développement à long terme, avec une augmentation de capital et des investissements dans les infrastructures. Mais la succession de ruptures avec des hommes chargés de mettre cette stratégie en application pose désormais question.

Le parallèle avec Strasbourg et son propriétaire BlueCo mérite d’ailleurs d’être évoqué, même si les deux groupes sont distincts. Le RCSA a lui aussi connu des turbulences autour de son organisation sportive, notamment avec le départ de Liam Rosenior pour Chelsea en pleine saison. Dans les deux cas, la stabilité du projet et la lisibilité des décisions prises par les propriétaires sont devenues des sujets sensibles.

Le maintien en Ligue 1 de plus en plus compromis

Pour Le Havre, les conséquences pourraient être bien plus immédiates. Avec seulement deux points en neuf journées, sept défaites et déjà cinq longueurs de retard sur le premier non-relégable, le HAC est dans une situation sportive extrêmement préoccupante. La deuxième pire défense et la pire attaque du championnat témoignent également de l’ampleur du chantier.

Dans ces conditions, difficile d’imaginer un redressement sans retrouver rapidement un minimum de continuité. Les joueurs doivent désormais composer avec un nouvel entraîneur intérimaire, une direction sportive en reconstruction et un futur président à nommer. Or, pour un effectif qui lutte déjà pour sa survie, l’incertitude sur les ambitions et les méthodes de travail du club n’est pas le meilleur environnement pour retrouver de la confiance. Les rendez-vous contre Lorient et Troyes, avant la trêve, seront déjà déterminants. Blue Crow doit maintenant apporter des réponses, et vite.