Govou accuse les clubs et les autorités de ne pas vouloir assumer face aux violences des supporters. L’ancien joueur de l’OL ne tolère plus les débordements comme ceux survenus à Marseille dimanche.
Membre de l’équipe lyonnaise entre 1999 et 2010, Sidney Govou a vécu de nombreux Olympico. L’ancien attaquant sait à quel point les matchs OM-OL peuvent générer des tensions. Le septuple champion de France ne tolère plus que les autorités et les dirigeants fassent comme si de rien n’était.
« Cela fait trop longtemps que ça dure. On a minimisé beaucoup d’actes par peur ou pour je ne sais quelles raisons. On a atteint un tel niveau… », a déclaré le finaliste du Mondial 2006 dans les colonnes du Progrès. Le joueur assure que ce n'est pas son attachement à l’OL qui parle : « Dans cette situation, on ne peut pas être pro-Lyonnais ou pro-Marseillais. On doit simplement dire que l'on ne peut pas continuer comme ça, car on a atteint l'intégrité des acteurs. Quelle sera la prochaine étape ? Un individu qui viendra à l’hôtel, se fera passer pour un serveur et agressera un joueur ? »
“La Préfecture n'a pas pris la mesure de ce qu'est un rassemblement de 60 000 spectateurs”
Govou regrette que personne ne prenne ses responsabilités : « Personne ne veut assumer. Tout le monde se renvoie la balle entre la Ligue, la Préfecture et les clubs, alors que tous sont responsables. Les joueurs, pour une fois, ne le sont pas. Ils viennent au stade pour donner du plaisir aux gens et sont désormais tributaires de tout ce qui se passe autour. C’est alarmant. Je pense qu'il y avait beaucoup de signaux annonçant ce qui allait se produire, et personne n’a voulu les voir. »
« Que ce soit à Lyon, à Marseille ou n'importe où, c’est inadmissible », a poursuivi le consultant. Il considère que tout n'est pas fait pour empêcher les hooligans d’agir : « Mais les clubs n'osent pas mettre les supporters face à leurs responsabilités. Les présidents ont peur de dire qu'il y a des voyous parmi eux. Si des personnes ont pu attaquer le bus lyonnais, c'est parce qu'on leur a laissé une porte ouverte. Un match de foot est devenu un exutoire de 18h à 23h. La Préfecture n'a pas pris la mesure de ce qu'est un rassemblement de 60 000 spectateurs ni de ce que représente ce genre de match dans la société actuelle où le climat est délétère. Je pense qu’en surveillant les réseaux, il était possible de prévoir qu’il se passerait quelque chose, à l'extérieur ou à l'intérieur du stade. Et quand je dis cela, j'inclus aussi des Lyonnais qui se sont distingués par des comportements racistes. »
Sidney Govou espère ainsi « des sanctions exemplaires ». Pour rappel, le procès des deux premiers prévenus mis en cause dans le caillassage du bus de dimanche a été renvoyé.