Aubameyang maintient l’espoir, Di Maria en forme… Les Tops-Flops de Benfica-OM

En déplacement à Lisbonne, ce jeudi soir, en quart de finale aller de la Ligue Europa, l'OM s'est incliné sur le score de 2-1 face au Benfica. Pierre-Emerick Aubameyang a marqué le but des siens.

Les Tops de Benfica-OM

Rafa en 1e, Di Maria en 2nde

A Benfica, dans un collectif huilé, deux joueurs se sont partagés le rôle de leader. En première mi-temps, ce fut très largement Rafa Silva. Le Portugais a en effet inscrit le premier but des siens, en ajustant Pau Lopez d'un pointu de l'extérieur (15e), tout en ayant été décisif au début de l'action, en éliminant Leonardo Balerdi sur sa prise de balle, ce qui a provoqué le décalage dans la défense phocéenne et l'espace nécessaire pour se retrouver ensuite à tirer devant les cages. Facilement trouvé entre les lignes, l'attaquant a été un poison par sa finesse technique, sa qualité de déplacement, sa capacité à orienter le jeu en une touche de balle – Amine Harit devrait s'en inspirer… -, son importance dans la conservation du ballon même haut sur le terrain – 28 touches de balle, aucune balle perdue en première période – et sa dangerosité – 1 tir, 1 but, et dans tous les bons coups en première mi-temps. En seconde, Rafa Silva s'est fait plus discret – voire invisible ? -, et Angel Di Maria a pris le relais. L'ancien Parisien a lui aussi marqué en profitant d'une transition offensive, que l'Argentin a facilement conclu après un une-deux avec David Neres (52e). Malgré son âge (36 ans), l'ancien Mancunien et Madrilène, au four et au moulin – 99 ballons t ouchés -, en a fait voir de toutes les couleurs à l'OM, notamment par la passe – 84 % de passes réussies, avec des décalages constants pour ses partenaires. Un match de haut niveau pour les deux hommes, et plus particulièrement pour Angel Di Maria, l'homme de la rencontre.

Aubameyang entretient l'espoir

Durant une majeure partie de la rencontre, le Gabonais s'est signalé par ses gestes d'humeur, à son encontre après une passe ratée ou un mauvais choix, mais plus généralement envers ses coéquipiers, imprécis dans la passe, maladroit techniquement et sans idée collective. Esseulé devant, car entouré par des joueurs pas au niveau – Faris Moumbagna, Luis Henrique -, Pierre-Emerick Aubameyang, qui aurait pu bénéficier d'un penalty sur une charge litigieuse de João Neves en pleine surface (58e), a finalement trouvé le chemin des filets à la 67e : bien lancé par l'entrant Azzedine Ounahi, intéressant ce jeudi, l'ancien Gunner, opiniatre, n'a pas laissé Antonio Silva lui prendre la balle, avant d'ajuster le portier adverse, Anatolii Trubin, d'un plat du pied droit. Ce but, d'une importance capitale dans une soirée globalement difficile pour l'Olympique de Marseille – Quentin Merlin sorti sur blessure… -, laisse le club phocéen en vie avant un match retour qui s'annonce électrique, au stade Vélodrome, dans sept jours. L'OM peut lui dire merci, car Pierre-Emerick Aubameyang fut l'un des seuls à son niveau, lors de ce quart de finale aller.

Balerdi, le taulier

N'en déplaise à Stéphane Guy, qui ne comprend pas l'importance de l'Argentin à l'OM, le défenseur central a réalisé un match de haut vol, ce jeudi, à Lisbonne. A côté d'un Samuel Gigot en méforme, et d'un Chancel Mbemba bon mais rapidement sur une jambe, l'ancien joueur du Borussia Dortmund a été efficace dans ses interventions – à la 23e notamment, mais pas que -, comme dans sa capacité à casser les lignes par la passe ou la course. Solide défensivement, Leonardo Balerdi est, une nouvelle fois, une satisfaction marseillaise ce jeudi.

Les Flops de Benfica-OM

Harit, le verre à moitié vide

Le Marocain est un joueur frustrant par excellence. Très impressionnant sur sa première touche, l'ancien Nantais, meilleur dribbleur du match (3), a facilement éliminé son vis-à-vis, généralement Florentino Luis, et cela de manière répétée durant tout le long de la rencontre. Mais le Marseillais n'a jamais réussi à être décisif dans le derniers tiers, parfois de façon horripilante. Une action exemplifie le match d'Amine Harit : à la 36e, Jordan Veretout casse les lignes par la passe et trouve magnifiquement le meneur de jeu, qui se retourne et avance balle au pied vers le but adverse. Tête levé, le numéro 11 évalue ses options, mais un joueur de Benfica lui chipe le ballon avant que ce dernier enclenche une passe, alors que Pierre-Emerick Aubameyang à gauche de la surface, ou Faris Moumbagna au centre, pouvait être servi. Souvent trouvé – 59 ballons touchés -, et théoriquement dangereux dans le derniers tiers – 6 passes dans cette zone -, Amine Harit frustre par son manque de tempo dans la passe, et nous oblige à voir le verre à moitié vide, le concernant, car l'OM aurait pu espérer mieux de sa part.

OM, la technique en option

En Ligue 1, l'écart est rarement aussi visible – sauf contre le PSG -, mais en Europe, et en particulier ce jeudi soir, ce fut absolument manifeste : les Olympiens ont été très à la peine techniquement. Côté phocéen, la rencontre a été un festival de passes ratées – Benfica domine l'OM dans toutes les statistiques de ce domaine, sauf au niveau des centres réussis -, et de manque de justesse technique, notamment dans les dribbles – exception d'Amine Harit. Alors que Benfica mutlipliait les passes propres, longues ou courtes, en particulier durant les 65 premières minutes du match, ce qui permettait de faire courir les hommes de Jean-Louis Gasset, l'OM gâchait ses rares actions offensives à cause de cela, et aussi par un évident manque de liant collectif. Au final, le club français ne s'incline que d'un but, grâce à Pierre-Emerick Aubameyang, mais pendant longtemps une lourde défaite s'annonçait, à cause de l'écart abyssale entre les deux formations, techniquement et collectivement. Il faudra se réveiller dans sept jours, mais le chantier étant énorme, le travail peut-il être fait en seulement une semaine ? On parie que non : l'individualité Pierre-Emerick Aubameyang sera donc à nouveau convoqué pour porter les espoirs marseillais.

Maxime Brun
Rédacteur cinéphile et fan de l'OM, j'aime les numéros 10 et les jolies passes.