Contraint de vendre à hauteur de 80 millions d’euros d’ici à juin 2027, l’Olympique de Marseille va avoir du mal à remplacer les partants par des joueurs d’un niveau équivalent. Les dernières révélations sur le budget mercato de l’OM sont accablantes.

Le message envoyé par Grégory Lorenzi ces derniers jours en conférence de presse ne laisse pas beaucoup de place au doute. Le directeur sportif marseillais a confié que la priorité du club phocéen est de retrouver une santé financière, en respectant des engagements pris auprès de la DNCG et de l’UEFA.

Concrètement, cela signifie que l’OM ne peut enregistrer aucune recrue sans avoir au préalable vendu ou prêté des joueurs pour alléger sa masse salariale. Une règle simple, mais qui complique tout le reste.

Des transferts limités à 5 M€ maximum à l’OM ?

Le club phocéen a bien entamé son dégraissage, avec le départ de Mason Greenwood vers Fenerbahçe pour près de 40 millions d’euros, la vente de Pierre-Emerick Aubameyang à La Corogne pour 1,5 M€ et le prêt de Hamed Junior Traoré au Genoa. Mais ces mouvements restent largement insuffisants au regard de l’ampleur du problème. L’OM affiche un déficit de 105 M€, auquel s’ajoute une amende UEFA de 10 M€, et doit générer 80 M€ de ventes avant juin 2027 pour espérer respirer un minimum. Le club phocéen a donc accompli seulement la moitié du chemin.

Le tableau dressé par Walid Acherchour mercredi dans l’After Foot de RMC donne une idée précise de la gravité de la situation. « Là, c’est la merde l’OM. (…) J’ai parlé avec quelques agents, les mecs proposent des joueurs à 10 bâtons et ils raccrochent au nez ! Entre 10 et 15 bâtons, il n’y a pas d’oseille. Je ne sais pas si c’est comme Lyon l’année dernière, mais ça va être des coups entre 2 et 5 millions d’euros. Il va falloir que la cellule soit très très bonne, très très forte », a résumé le chroniqueur.

Des trentenaires gratuits : le profil idéal pour Lorenzi

Memphis Depay, 32 ans et bientôt libre au terme de son contrat avec Corinthians, Djibril Sidibé, presque 34 ans et disponible gratuitement après un passage convaincant à Toulouse… Le profil qui se dessine pour les futures recrues marseillaises est très évocateur. Face à l’absence de moyens, la logique du gratuit ou presque s’imposera, avec des joueurs en fin de contrat capables d’apporter de l’expérience sans peser sur la masse salariale. Grégory Lorenzi a déjà démontré à Brest qu’il savait construire un effectif compétitif sans grosse enveloppe, un savoir-faire qui devient une nécessité absolue à Marseille.

Reste que ce type de recrutement comporte ses limites. Signer un joueur comme Depay (dont les exigences salariales ont refroidi l’OM) poserait la question de sa capacité à retrouver un rythme de titulaire régulier après une saison marquée par les blessures. Sidibé, de son côté, incarnerait davantage un renfort de rotation qu’une solution de long terme sur le flanc défensif. L’OM ne cherche pas des paris ambitieux, mais des solutions immédiates et peu coûteuses pour tenir la saison.

Tout le monde est à vendre” à l’OM

Dans le même temps, des départs se profilent encore. “Tout le monde est à vendre et beaucoup de joueurs veulent partir“, a ajouté Acherchour. Leonardo Balerdi, Pierre-Emile Höjbjerg, Nayef Aguerd, Amine Gouiri et et Facundo Medina, aperçu récemment avec le maillot de River Plate, club qui le convoite, figurent parmi les possibles partants qui viendraient encore alléger la masse salariale.

Des départs qu’il faudra compenser avec un budget très réduit… “Je ne sais pas comment ils vont composer leur équipe, avec beaucoup de prêts sûrement, mais ce ne sera plus des prêts avec des options d’achat à 10 ou 20 M€“, a conclu Acherchour avec pessimisme.

🎯 Ce que disent les chiffres de ce mercato à budget serré

  • 80 M€ de ventes exigées avant juin 2027 : c’est le montant fixé pour permettre à l’OM de retrouver une marge de manœuvre sur le marché.
  • Entre 2 et 5 M€ par opération : la fourchette réelle évoquée par Walid Acherchour pour les futures recrues marseillaises cet été.
  • 40 M€ récupérés avec Mason Greenwood : la plus grosse vente du mercato phocéen jusqu’ici, mais jugée encore insuffisante face au déficit de 105 M€.