Hervé Renard, les cinq grands moments d’une carrière
Désigné pour succéder à René Girard sur le banc du LOSC, Hervé Renard (46 ans) est un technicien au parcours atypique qui a énormément voyagé avant de poser ses bagages dans le Nord. Retour sur une carrière d’entraîneur déjà riche, en cinq moments clefs.

1999-2000 : son baptême au SC Draguignan
Après avoir mis fin à sa modeste carrière de joueur à 30 ans, le natif d’Aix-les-Bains passe ses diplômes pour se consacrer à sa vocation d’entraîneur. Une transition express puisque dés l’année suivante, il s’installe sur le banc du SC Draguignan (DH), le dernier club dont il ait porté le maillot. Si le haut niveau est encore très loin, l’Aixois réussit sa première expérience de coach : en seulement deux saisons (1999-2001), il permet au Sporting de se hisser jusqu’au niveau CFA, avant de rejoindre son mentor Claude le Roy en Chine, où ce dernier a été nommé à la tête du Guizhou Renhe.
Mai 2008, il découvre l’Afrique en solo
Au mitan des années 2000, le technicien aux chemises blanches débute son périple africain. D’abord assistant de Claude Le Roy au Ghana (2007-2008), il obtient son premier poste de sélectionneur dans la foulée, en prenant la tête de la Zambie. Une nation moyenne du foot africain, dont les supporteurs attendent désespérément de retrouver les sommets depuis la finale de la CAN 2014, perdue face au Nigéria. Avec Renard, les supporteurs des Chipolopos retrouvent un peu de fierté : malgré des moyens limités, le technicien parvient à hisser son groupe jusqu’aux quarts de finale de la CAN 2010, où les Orange et Vert chutent encore face aux Aigles nigérians.
Février 2012 : il gagne ses galons de sorcier blanc
Après une expérience de courte durée à la tête de l’Angola et un crochet sur le banc de l’USM Alger, Renard est rappelé par l’ancienne star de la sélection et actuel patron de la Fédération zambienne, Kalusha Bwalya. Très bonne pioche du Ballon d’Or africain 1988 : en février 2012, Hervé Renard mène les Chipolopos au premier sacre continental de leur histoire, en remportant la CAN 2012 grâce à un succès surprise obtenu aux dépense de la Côte d’Ivoire en finale. Véritable star dans son pays d’adoption, Renard entre dans le cercle fermé des sorciers blancs titrés sur le continent africain.
2014 : il impressionne la Ligue 1
Fort de son triomphe africain, Hervé Renard est enfin remarqué par la Ligue 1. Pour ses premiers pas sur un banc de l’élite, il accepte un challenge difficile en succédant au démissionnaire Eric Hély, à la tête d’une équipe sochalienne au bord du précipice (19e). Les premiers pas sont difficiles, mais le technicien prend vite la mesure de sa nouvelle mission. Enterrés à l’automne, les Sochaliens, renforcés par le recrutements des Zambiens Nathan Sinkala, Stoppila Sunzu ainsi que de Jordan Ayew au mercato hivernal, réalisent une phase retour au-delà de toutes les espérances et se retrouvent en position d’obtenir le maintien en L1 à l’aube de l’ultime journée. Grâce à son optimisme communicatif et son leadership naturel, Renard a totalement revigoré un groupe qui se voyait déjà en Ligue 2. Malheureusement, la dernière marche est un peu haute pour les Doubistes, qui s’inclinent lourdement face à l’ETG (0-3) lors de la “finale” du maintien. Sans que cet ultime revers synonyme de relégation n’entame de crédit d’un entraîneur très convoité à l’issue de l’exercice 2013-2014.
Février 2014 : il triomphe avec les Elephants
Son dernier coup de maître : nommé à la tête des Elephants ivoiriens à la suite de Sabri Lamouchi en juillet 2014, Renard prend en charge un groupe traumatisé par l’échec cuisant du Mondial brésilien (élimination au premier tour dans un groupe pourtant accessible, composé de la Grèce, du Japon et de la Colombie). L’alchimie n’est pas immédiate, au point que la Côte d’Ivoire voit poindre le spectre d’une absence de la CAN 2014, au soir d’une clignante défaite à Yaoundé, face au rival camerounais (1-4). Et pourtant, le sorcier blanc finit par trouver la recette du succès. En février dernier, il mène la Côte d’Ivoire au sacre continental après 23 ans d’attente à l’issue d’un succès arraché lors de la séance de tirs aux buts face au Ghana, en finale. Héros national en Zambie et en Côte d’Ivoire, Hervé Renard va désormais s’atteler à son nouvel objectif : Devenir enfin prophète en son pays.