Monaco : “Filipe Luis, c’est presque un entraîneur européen”, le Brésil fait les présentations avec le nouveau coach de l’ASM
Après s’être séparé de Sébastien Pocognoli, l’AS Monaco a foncé sur Filipe Luis que le club princier s’apprête à nommer comme nouvel entraîneur. Si tout le monde se souvient du latéral gauche besogneux de l’Atletico Madrid et Chelsea, le profil d’entraîneur du Brésilien est nettement moins connu en Europe. Présentation.
En tant qu’entraîneur, Filipe Luis a connu une ascension fulgurante. Il a raccroché les crampons en 2023 et, dès l’année suivante, il soulevait des trophées avec les équipes de jeunes de Flamengo (moins de 17 ans et moins de 20 ans). En octobre 2024, il a pris les rênes de l’équipe première, succédant à Tite, alors sélectionneur du Brésil. “Il s’est toujours montré studieux et très compétiteur, une qualité qu’il se souvenait avoir apprise de Diego Simeone à l’Atlético Madrid“, explique Guilherme Ramos, journaliste chez notre partenaire brésilien de Trivela.
En un peu plus d’un an à la tête de l’équipe première de Flamengo, l’ancien latéral a remporté cinq titres, dont la Copa Libertadores, et s’est attiré les éloges pour le style de jeu de son équipe. Des prestations magistrales contre des géants européens comme Chelsea et le Bayern Munich en Coupe du Monde des Clubs, ainsi qu’une finale intercontinentale face au PSG, ont considérablement renforcé la réputation du jeune entraîneur de 40 ans. Son limogeage en mars dernier après une victoire 8-0 a été considéré comme très sévère au Brésil. En fin de compte, c’est l’AS Monaco qui peut se frotter les mains.
Comment Filipe Luis fait jouer ses équipes
Mais quel genre d’entraîneur est Filipe Luis ? Comment fait-il jouer ses équipes ? “Dès le début de sa carrière d’entraîneur, Filipe Luis a prôné une philosophie de jeu axée sur la domination par la possession. S’appuyant sur les principes fondamentaux du jeu de position, Flamengo cherchait à manipuler la structure défensive adverse et à créer des supériorités numériques pour construire le jeu depuis l’arrière et progresser vers le dernier tiers du terrain“, nous éclaire Guilherme Ramos.
“L’équipe de Filipe Luis vise à provoquer le pressing adverse pour exploiter les espaces entre les lignes, en fixant les défenseurs centraux avec un attaquant afin de libérer de l’espace pour les milieux de terrain, tout en déstabilisant les adversaires grâce à des passes courtes et des triangles. C’est la marque d’une équipe ‘moderne’. Pour autant, elle sait aussi exploiter ses avantages en terme de dynamisme pour jouer long et atteindre la surface de réparation en quelques touches de balle.“
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Filipe Luis “au niveau des meilleurs entraîneurs européens“
Dans son approche héritée notamment de ses huit années passées sous les ordres de Diego Simeone à l’Atletico, Filipe Luis se veut très “européen”, comme nous l’explique Nuno Campos, qui a été entraîneur des U20 de Flamengo pendant le mandat de Filipe Luis à la tête de l’équipe première. « Filipe Luis est un entraîneur presque européen, même s’il est brésilien. Il a joué pendant longtemps ici en Europe, spécialement à l’Atlético Madrid. Il a côtoyé de grands entraîneurs. Il a une culture sportive européenne. Il a beaucoup aidé Flamengo et son équipe quand il y était. C’est un grand connaisseur de la tactique européenne et il a su apporter ça du côté de Flamengo », fait remarquer le technicien, impressionné par cette période à travailler au quotidien avec Filipe Luis.
« On travaillait de concert avec le directeur sportif. On parlait tous les jours ensemble, pendant des réunions quotidiennes. Je suis absolument certain qu’il est au niveau des meilleurs entraîneurs européens. Ce n’est pas une conviction, c’est une idée que je me suis faite en le voyant travailler au quotidien, en voyant comment il gérait son groupe de travail en termes humains. Il y a plusieurs formes de leadership pour un entraîneur : le leadership tactique, il l’a de par son immense carrière en Europe comme joueur, et le leadership humain, et il a prouvé à Flamengo qu’il maîtrisait aussi cet aspect-là. Ce n’est pas facile de diriger un club géant tel que Flamengo, que l’on peut comparer à un colosse européen en termes de résonance médiatique. Il parvenait à gérer le groupe et l’environnement de manière exemplaire. Il a conquis énormément de titres ainsi, tout en gérant de main de maître son groupe malgré quelques périodes plus compliquées pendant la saison. C’est un entraîneur très complet et on va assurément en entendre parler très bientôt en Europe », nous prédisait Campos il y a quelques semaines.
Monaco perçu comme “une bonne porte d’entrée vers l’Europe“
A Flamengo, malgré la pression immense, Filipe Luis disposait toutefois d’un effectif supérieur à la ceux de la concurrence. Ce ne sera plus le cas à Monaco. “Il est important de noter que la seule expérience de Filipe Luis en tant qu’entraîneur professionnel a été acquise au sein du plus grand club de son pays. Il disposait de l’effectif le plus fourni et le plus talentueux d’Amérique du Sud, ce qui a sans doute facilité la mise en œuvre de ses idées“, souligne ainsi Ramos.
A Monaco, qui s’apprête à vivre un été très agité avec la vente prévue de plusieurs cadres comme Folarin Balogun, Lamine Camara, et Maghnes Akliouche pour plus de 100 millions d’euros afin d’éponger le manque à gagner généré par la non-qualification en Ligue des Champions, Filipe Luis ne débarquera clairement pas dans les mêmes conditions. L’équipe pourrait même s’affaiblir alors que les premières pistes du mercato renvoient davantage vers de jeunes promesses que vers des joueurs confirmés : le latéral gauche Nazinho (22 ans) attendu en provenance du club satellite du Cercle Brugge, ou encore Mathys Detourbet (Troyes, 19 ans) qui pourrait rejoindre Monaco en prêt en transitant par Manchester City.
Même si rien ne sera facile dans cette ASM en chantier, où le directeur général brésilien Thiago Scuro, à l’origine de sa venue, n’est même pas certain de conserver son poste, Ramos nous explique que l’optimisme domine au Brésil, où Monaco reste perçu comme une belle opportunité. “Au Brésil, nous pensons que ce sera une bonne porte d’entrée vers l’Europe. L’équipe aura du potentiel et pourrait réaliser une belle saison en Ligue 1 et en Conference League“, conclut Ramos. A défaut d’avoir atteint son objectif de qualification en Ligue des champions, le 7e du dernier exercice de Ligue 1 disputera en effet les barrages de la C4 grâce au sacre de Lens en Coupe de France.