Liverpool : “le pire mercato de l’histoire de la Premier League”, les Reds vont-ils encore traîner comme un boulet leur été 2025 ?
Il aura suffi d’un seul match du Liverpool version 2026/2027 pour que Jamie Carragher hausse le ton dans ses critiques envers le club. Dans son viseur : le mercato d’été 2025.
Après le match nul 2-2 arraché face à Newcastle, dimanche, lors du coup d’envoi de la Premier League 2026-2027, l’ancien défenseur analysait, sur Sky Sports, les problèmes du milieu de terrain de Liverpool, l’intégration de Florian Wirtz et les difficultés du nouvel entraîneur Andoni Iraola à trouver une structure capable de protéger la défense.
La discussion, cependant, a rapidement cessé d’être uniquement tactique pour s’orienter vers une question bien plus vaste : ce que Liverpool a réellement fait des plus de 500 millions d’euros dépensées lors du mercato estival 2025. C’est dans ce contexte que Carragher a lancé une mise en garde, qui attire l’attention, moins par son côté provocateur que par ce qu’elle laisse entrevoir.
« Ma crainte, en regardant Liverpool hier, c’est que ce mercato d’il y a douze mois puisse retarder le club d’un an ou deux, pour corriger le tir. Si les choses ne changent pas dans les deux ou trois prochains mois sous Iraola, avec ces joueurs qui progressent, je pense que l’on considérera peut-être ce mercato comme le pire de l’histoire de la Premier League », a-t-il asséné.
Une déclaration très forte ! Après tout, on ne parle pas d’un mercato basé sur des joueurs dénués de qualité ou des recrutements injustifiables. Liverpool avait fait venir Alexander Isak pour 146 M€, Florian Wirtz pour 136,5 M€, Hugo Ekitiké pour 92,5 M€, Milos Kerkez pour 47 M€, Jeremie Frimpong pour 34,5 M€, Giorgi Mamardashvili pour environ 34 M€, et Giovanni Leoni pour 30,5 M€.
Le problème ne réside donc pas nécessairement dans les noms choisis, mais dans le rendement obtenu par cet ensemble après un investissement d’une telle ampleur.
"Arguably the WORST transfer window in Premier League history" 🤯@Carra23 speaks about Liverpool's £445m spend last season and how it may have set the club back a year or two 📉 pic.twitter.com/3M6wqmpoOW
— Sky Sports Premier League (@SkySportsPL) August 24, 2026
Liverpool : un mercato qui avait du sens sur le papier, mais qui n’a pas fonctionné sur le terrain
Pris individuellement, il existe des arguments solides pour défendre la quasi-totalité de ces recrutements. Wirtz était l’un des grands talents du football européen et sortait d’excellentes saisons avec le Bayer Leverkusen. Débourser plus de 100 M€ pour un joueur de ce niveau comporte toujours une part de risque, mais il y avait une logique sportive évidente à vouloir le placer au centre d’une nouvelle génération de Liverpool.
Ekitiké ne semblait pas non plus être un pari déraisonnable au regard du marché. L’attaquant arrivait jeune, avec un fort potentiel de valorisation et des caractéristiques compatibles avec le besoin de renouveler l’attaque. Mieux encore, il fut l’un des rares renforts de l’été 2025 à avoir livré des prestations solides et régulières.
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La discussion se complique davantage lorsqu’on s’intéresse au cas d’Isak. Le Suédois est un attaquant confirmé, et le montant de son transfert peut se justifier par sa qualité et l’état du marché. Mais une question légitime se pose quant à la répartition de l’investissement : après avoir dépensé une peu plus de 90 M€, y avait-il vraiment du sens de dépenser 145 M€ supplémentaires pour un autre avant-centre ?
Il ne s’agit pas là d’une critique des qualités d’Isak, mais bien de la répartition d’un budget colossal sur un même poste.
Kerkez et Frimpong obéissent à une autre logique. Tous deux arrivaient après d’excellentes saisons, en étant jeunes, offensifs et correspondant au profil que Liverpool cherchait aux postes de latéraux. Débourser environ 80 M€ pour les deux ne semblait pas un pari déraisonnable avant de voir le résultat. Mamardashvili disposait lui aussi d’une justification claire : un gardien avec le potentiel pour être formé comme successeur d’Alisson. Leoni représentait, quant à lui, un pari encore plus tourné vers l’avenir.
C’est pourquoi qualifier ce mercato de « pire de l’histoire » possède forcément une part considérable d’exagération. Ce qui existe bel et bien, en revanche, c’est un problème concret : presque aucun de ces joueurs n’est parvenu, la saison dernière, à produire ce que l’on pouvait attendre de recrues censées immédiatement élever le niveau du champion d’Angleterre.
Le risque que l’investissement de 2025 se paie en 2026 et 2027
La partie la plus convaincante de la déclaration de Carragher réside précisément dans l’idée que ce mercato pourrait « retarder » Liverpool d’un ou deux ans. Le club avait sorti le chéquier il y a douze mois. L’intention était claire : capitaliser sur le titre remporté sous Arne Slot et bâtir un effectif capable de soutenir une nouvelle ère de domination. Plutôt que de simplement remplacer certains éléments ponctuels, Liverpool avait dépensé comme un club cherchant à poser une nouvelle base pour les années à venir.
Sauf que la saison 2025-2026 est allée dans la direction inverse. Liverpool s’est effondré jusqu’à la cinquième place de Premier League, a encaissé 53 buts dans la compétition et a terminé ce cycle avec le départ de Slot. L’entraîneur a fini par porter une grande partie de la responsabilité de cette baisse de rendement, tandis que les performances des joueurs recrutés recevaient, proportionnellement, moins d’attention.
C’est précisément là que l’arrivée d’Iraola change le poids de l’analyse. L’Espagnol n’a pas participé à la construction de cet effectif. Il a hérité de ces joueurs après une saison décevante et doit désormais trouver un moyen de les faire fonctionner ensemble. Si l’équipe progresse, l’interprétation du mercato 2025 s’améliorera avec elle. Si ce n’est pas le cas, il deviendra de plus en plus difficile d’imputer le problème au seul entraîneur précédent.
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Le scénario du mercato 2026-2027 renforce cette inquiétude. Après avoir dépensé sans compter l’année précédente, Liverpool n’est pas revenu sur le marché avec la même intensité. Le besoin actuel relève bien davantage de l’ajustement que d’une nouvelle reconstruction à coups de millions.
Carragher lui-même reconnaît que le club doit trouver des solutions, notamment au milieu de terrain, mais admet aussi qu’une transition plus large est en cours à Anfield, avec l’arrivée d’Iraola et des figures historiques comme Alisson et Virgil van Dijk approchant de la fin de leur cycle au club.
Cela entraîne une conséquence importante. Si Wirtz, Isak, Frimpong, Kerkez et les autres finissent par atteindre le niveau attendu, Liverpool aura simplement traversé une saison d’adaptation bien plus compliquée que prévu. Mais si une part significative d’entre eux continue de rester en dessous des attentes, le club devra retourner sur le marché pour corriger des problèmes qui auraient dû être résolus grâce à l’investissement précédent.