Entre 2009 et 2018, Manchester City a dépensé plus de 1,4 milliard d’euros sur le mercato. Une période qui a aussi façonné l’équipe devenue dominante en Angleterre.

Le verdict financier qui frappe Manchester City éclaire aussi d’un jour particulier l’une des périodes les plus importantes de son histoire. Entre 2009 et 2018, le club a dépensé plus de 1,2 milliard de livres, soit environ 1,4 milliard d’euros, sur le marché des transferts.

Cette séquence correspond également aux saisons visées par les graves irrégularités financières retenues contre City. Le club a été reconnu coupable de 114 des 115 infractions qui lui étaient reprochées, même si cela ne signifie évidemment pas que chaque recrutement réalisé pendant cette période peut être directement associé à une infraction.

De Tevez à Agüero, City change de dimension

La transformation commence véritablement avec l’arrivée de Carlos Tevez en 2009. Passé auparavant par Manchester United, l’Argentin devient rapidement l’un des symboles du nouveau projet. Il marque 74 buts en 148 matchs et accompagne les premiers grands succès de cette nouvelle ère.

Dans son sillage arrivent notamment Yaya Touré, David Silva, Edin Dzeko et Mario Balotelli. City construit progressivement une équipe capable de rivaliser avec les puissances historiques du championnat anglais. Puis Sergio Agüero rejoint Manchester en 2011. L’Argentin devient le meilleur buteur de l’histoire du club avec 260 réalisations toutes compétitions confondues. Son but contre QPR en mai 2012 offre à City sa première Premier League et reste l’un des moments fondateurs de l’histoire moderne du club.

Les investissements ne ralentissent pourtant pas après ce premier titre. Manchester City continue de remodeler son effectif afin de s’installer durablement parmi les références anglaises et européennes.

De Bruyne, Bernardo, Ederson : la base de la dynastie Guardiola

La deuxième phase voit arriver des joueurs qui vont structurer l’équipe pendant plusieurs années. Fernandinho s’impose comme une référence au milieu, avant que Kevin De Bruyne et Raheem Sterling ne rejoignent le club en 2015. Le Belge devient alors la recrue la plus chère de l’histoire de City et s’installe rapidement comme l’un des hommes forts de l’équipe.

L’arrivée de Pep Guardiola en 2016 accélère encore la transformation. John Stones, Ilkay Gündogan et Gabriel Jesus sont recrutés, puis viennent Bernardo Silva, Ederson, Kyle Walker et Aymeric Laporte.

À l’époque où les accusations autour des finances du club commençaient à se multiplier, Guardiola avait d’ailleurs assuré qu’il partirait immédiatement s’il découvrait que ses dirigeants lui avaient menti.

Sur le terrain, ces investissements permettent à City de construire l’ossature de l’équipe qui atteint les 100 points en Premier League lors de la saison 2017-2018. Le club dominera ensuite durablement le football anglais avant de remporter sa première Ligue des champions en 2023.

Le verdict actuel ne permet pas de relier individuellement ces transferts aux infractions financières retenues. Il donne néanmoins une nouvelle dimension historique à cette période : les neuf années aujourd’hui examinées correspondent précisément à celles durant lesquelles Manchester City a dépensé massivement pour passer du statut de prétendant à celui de puissance dominante.