“Les clubs français devraient s’en inspirer” : adversaire de Lens, le Club Bruges doit-il servir de modèle à la Ligue 1 ?
Le RC Lens s’apprête à affronter le Club Bruges mercredi en Ligue des champions, avec une question en toile de fond : comment expliquer que le club belge parvienne régulièrement à rivaliser avec des adversaires européens mieux armés, ce que les clubs de Ligue 1 peinent régulièrement à faire, notamment cette saison ?
Le Club Bruges n’a pas besoin de disposer de ressources démesurées pour recruter intelligemment, valoriser ses joueurs et rester compétitif sur la scène européenne. C’est précisément ce qui a interpellé Samir Nasri, consultant pour Canal+.
« Les clubs français devraient s’inspirer de Bruges, c’est le genre de club qui travaille avec des budgets qui ne sont pas plus gros que ceux des clubs français et qui arrive quand même à faire des performances », a-t-il piqué mardi dernier alors que Bruges venait de s’offrir un exploit contre l’Inter (4-3), pendant que Lille chutait lourdement à Arsenal (3-0) et que Lens se faisait cueillir à domicile par le Sporting (0-2).
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— Club Brugge KV (@ClubBrugge) October 13, 2026
Bruges est le frère jumeau des clubs de Ligue 1 sur le mercato
La comparaison avec le RC Lens et Lille a du sens. Les trois équipes affichent des effectifs dont la valeur marchande est relativement proche : environ 243 millions d’euros pour les Sang et Or, 253 millions pour le LOSC et 238,2 millions pour Bruges. Leur politique de transferts présente également des similitudes, avec un modèle économique basé sur les plus-values.
Ces dernières années, Charles De Ketelaere, formé au club, a ainsi rejoint l’AC Milan pour 37,5 millions d’euros. Igor Thiago a été vendu à Brentford pour 33 millions après son arrivée en provenance de Ludogorets pour 11 millions. Ardon Jashari a été revendu à l’AC Milan pour près de 30 millions d’euros de plus-value. Loïs Openda et Antonio Nusa se sont eux aussi révélés avec Bruges avant de partir en échange d’un joli chèque.
Auteur d’un triplé retentissant contre l’Inter et déjà de 12 buts toutes compétitions confondues, Nicolo Tresoldi est déjà courtisé sur le mercato par le Barça notamment et devrait être la prochaine grosse vente de l’actuel 2e de Jupiler Pro League.
Sur les trois dernières saisons, Bruges a dépensé environ 129 millions d’euros en recrutement pour 245,35 millions de ventes, soit une balance positive de 116,35 millions. Dans le même temps, Lens a déboursé environ 113 millions d’euros sur le mercato, pour un excédent de 160,39 millions, tandis que Lille a investi environ 115 millions d’euros pour un excédent de 220,16 millions. Les chiffres assez proches en termes de dépenses confirment que Bruges évolue bien dans la même cour que les clubs français, bien qu’il réinvestisse davantage sur le mercato l’argent amassé par rapport à ses homologues de Ligue 1.
Et pourtant, Bruges surperforme en Ligue des champions
Bien que le modèle économique soit assez proche, Bruges a pourtant enregistré des performances plus spectaculaires sur la scène européenne ces dernières années et reste sur deux qualifications consécutives pour la phase à élimination directe depuis le passage au nouveau format de la Ligue des champions. Le club belge a atteint les huitièmes de finale en 2024-2025, après avoir notamment éliminé l’Atalanta en barrages. La saison dernière, il avait également tenu tête à plusieurs adversaires de premier plan, avec notamment des nuls prolifiques 3-3 contre le FC Barcelone et l’Atlético de Madrid, qui l’a toutefois éliminé en barrages.
Bourreau de Monaco (4-1) et de l’OM (3-0) la saison dernière en phase de ligue, Bruges a récemment fait mal aux clubs français dans les confrontations directes et occupe la 17e place au classement UEFA des clubs. C’est mieux que tous les clubs de L1, exception faite du PSG : Lille est 31e, Lyon 42e, Monaco 49e, l’OM 55e et Lens 99e. Bien entendu, la plus faible concurrence du championnat belge permet à Bruges de se qualifier plus régulièrement en coupes d’Europe et d’améliorer ainsi son classement, mais elle n’explique pas tout.
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Un état d’esprit qui fait toute la différence en Ligue des champions ?
Pour Samir Nasri, tout est une question d’attitude et il en veut pour preuve la victoire de Bruges contre l’Inter, qui en dit long sur les intentions de l’équipe, qui se situent aux antipodes de celles des clubs français, trop frileux selon lui.
« Le 3e but qu’ils encaissent montre les intentions de cette équipe : ils prennent une contre-attaque alors qu’ils sont en train de mener 4-2 contre l’Inter. Il reste quatre minutes de temps additionnel et ils sont à l’abordage. Mais c’est juste un état d’esprit et c’est ce que les clubs français doivent modifier », a-t-il plaidé.
Tout serait donc une question d’intentions plus que de budget : les clubs français paieraient leur approche trop prudente et complexée sur la scène européenne. Le message est passé. Charge à Lille, qui affrontera Galatasaray, un adversaire plus à sa portée, de se montrer plus ambitieux que face à Arsenal, et à Lens de savoir davantage concrétiser ses temps forts face aux Belges que contre le Sporting…