Pour remplacer Paulo Fonseca, en partance pour le Sporting CP, l’Olympique Lyonnais aurait fait de Carlos Vicens sa priorité au poste d’entraîneur. Ceux qui ont suivi de près son travail à Braga nous présentent l’Espagnol.

Il n’y a désormais plus l’ombre d’un doute, Paulo Fonseca ne sera plus l’entraîneur de l’Olympique Lyonnais d’ici quelques heures. Le Portugais est pressenti sur le banc du Sporting CP, son club de cœur, dans le cadre d’une opération qui va permettre à toutes les parties concernées d’y trouver leur compte. Et pour lui succéder, l’actuel 3e au classement de Ligue 1 aurait fait de Carlos Vicens sa priorité selon les informations de A Bola et L’Equipe.

Son nom ne vous dit sans doute pas grand-chose, et pour cause, il n’a connu qu’une seule véritable expérience comme entraîneur principal. Une aventure qui vient d’ailleurs de s’achever il y a quelques jours seulement, du côté du Sporting Club de Braga. Top Mercato a donc voulu en savoir plus sur la manière dont ce premier défi s’était passé pour l’Espagnol, biberonné à l’école de Manchester City entre 2017 et 2025.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan est mitigé. Pour sa première saison, le technicien de 43 ans a obtenu une 4e place au classement du championnat et s’est hissé en demi-finale de Ligue Europa (perdue contre Fribourg), mais a perdu en finale de la Coupe de la Ligue contre le rival historique, le Vitoria Guimaraes, et a été éliminé prématurément par une équipe de 3e division en Coupe du Portugal.

Carlos Vicens : un bilan comptable honorable à Braga, mais…

Cette saison, il n’a pas pu résister à une série de trois défaites consécutives en quelques jours, laissant sa place sur le banc des Arsenalistas, à Franclim Carvalho. Voilà pour la photographie sur le plan purement factuel et comptable. Et dans le jeu ? Là aussi, il y a eu du bon et du moins bon. «Carlos Vicens est un disciple de Pep Guardiola et il n’est donc pas surprenant de voir que sa philosophie est basée sur la possession de balle», nous a expliqué Pedro Marques dos Santos, journaliste pour Record au Portugal avant de poursuivre.

«C’est ce qu’on a vu pendant son passage au Sporting Braga : une équipe obsédée par la possession qui, dans ses meilleurs moments, a été capable d’offrir un football séduisant assez intéressant, avec tous ses éléments fonctionnant en parfaite harmonie. Le pressing haut est aussi une des autres principales matrices de son jeu.» Des concepts intéressants donc, mais pas franchement évidents à mettre en pratique sur la durée du côté du club bracarense, notamment face à des blocs plus bas et compacts.

Carlos Vicens futur entraîneur de l'OL
Carlos Vicens a été l’entraîneur de Braga – Crédits photo : Zuma / Icon Sport

Les supporters ont ainsi souvent reproché à leur équipe de manquer de culot et de courage dans les derniers mètres adverses, à l’image de José Nuno Azevedo, ancien latéral droit aux 274 matches de première division disputés onze saisons durant sous le maillot de Braga et aujourd’hui consultant pour divers médias au Portugal comme Radio Renascença par exemple. «La qualité de jeu n’a pas évolué depuis la saison passée alors qu’on s’attendait à mieux avec le temps», a-t-il regretté avant d’ajouter.

Une attaque timide, des supporters déçus

«Des attaquants sont arrivés mais il ne les a jamais fait jouer. Des défenseurs aussi, mais il n’a jamais trouvé la bonne formule. Il avait un schéma rigide, des idées de jeu qui ne bougeaient pas, ça a fini par énerver les supporters, c’est vrai». La maîtrise, c’est bien, les émotions et les buts, c’est mieux. «Avoir la possession à outrance, c’est un style qui demande aussi des joueurs capables d’apporter du déséquilibre notamment offensivement, pour débloquer le jeu, ce qui a manqué au Sporting Braga depuis le début de l’actuelle saison, surtout suite au départ de Rodrigo Zalazar au Sporting CP cet été», a analysé Marques dos Santos.

Autre aspect du style Carlos Vicens, la défense à 3. «Il a presque toujours joué avec une ligne de trois défenseurs centraux à Braga. Il a parfois utilisé des milieux ou des latéraux dans cette ligne de trois, mais n’a jamais changé de système», nous a rappelé Pedro Marques dos Santos. Un choix qui n’a pas toujours porté ses fruits. «La fragilité défensive a toujours été un problème, parce que son équipe était trop exposée en cas d’erreur individuelle, surtout lorsque le premier pressing était effacé.»

Comme un certain Luis Enrique au Paris SG, l’Ibère a aussi beaucoup repositionné des joueurs à des postes auxquels ils n’étaient pas habitués, à l’image de Gabriel Moscardo, milieu de formation souvent utilisé en défense centrale, ou des milieux et des ailiers reconvertis occasionnellement en tant que pistons. «Il a fini par arrêter parce que le jeu de son équipe n’avait plus de largeur et se retrouvait embouteillé dans l’axe», a analysé Pedro Marques dos Santos, évoquant également son rapport à la presse.

Gabriel Moscardo PSG
Gabriel Moscardo a été prêté par le PSG à Braga à l’été 2025 Crédits photo : IconSport

Une défense à 3 perméable, des essais à foison, le jeu de Carlos Vicens trop exigeant ?

«Son discours en conférence de presse est rapidement devenu répétitif. Il n’a jamais été très expansif dans ses réponses, dans les victoires comme dans les défaites, mais il ne s’est jamais caché face aux critiques concernant les prestations de son équipe. Pour un supporter lambda, il n’avait pas un discours des plus enthousiasmants», nous a dépeint notre confrère avant de conclure.

«Pour résumer, quand toutes les pièces du puzzle étaient bien imbriquées, ce qui est trop rarement arrivé, le football du Sporting Braga de Carlos Vicens était assez alléchant, mais il y a eu beaucoup plus de matchs monotones que de matchs qui ont fait vibrer les supporters. Son style de jeu a du potentiel, mais demande d’avoir les joueurs idoines pour porter ses fruits, surtout des joueurs capables de déséquilibrer le bloc adverse en créant de l’imprévisibilité en attaque.»

José Nuno Azevedo abonde dans ce sens. «Il faut vraiment des joueurs très intelligents tactiquement pour mettre au point son idée de jeu, qui est très complexe. Pour attirer beaucoup de joueurs dans un couloir pour ensuite basculer à l’opposé sans risquer de subir des transitions offensives, il faut être capable de bien gérer la transition défensive et ça a clairement péché dans ce domaine, les adversaires pouvaient trop souvent punir Braga dans ce secteur», nous a indiqué la légende du club avant de poursuivre.

«Pour autant, il m’a donné le sentiment d’être un entraîneur fait pour une grande équipe, j’ai plus de mal à voir son modèle de jeu réussir dans une équipe plus moyenne». Qui sait, peut-être trouvera-t-il au sein de l’effectif lyonnais les éléments pour exploiter au mieux et matérialiser sur la durée ses idées de jeu ? Seul le temps nous le dira. Mais comme pour tout entraîneur, l’avenir se conjugue toujours au présent.