Les quatre vérités de Hatem Ben Arfa

Catalogué enfant terrible du football français, le milieu de terrain Hatem Ben Arfa se refait actuellement une santé de l’autre côté de la Manche, à Newcastle United. Privé des terrains durant plus d’un an après une fracture tibia-péroné de la jambe gauche, le joueur formé à l’Olympique Lyonnais a ouvert son coeur dans les colonnes de L’Equipe. Avec un objectif avoué, l’équipe de France et l’Euro 2012.

Hatem Ben Arfa

Qu’il semble bien loin le temps où Hatem Ben Arfa refusait de rentrer face au Paris Saint-Germain avec l’OM, juste pour tenir tête à un Eric Gerets qui le titillait un peu trop. Dans un très long entretien accordé à nos confrères du quotidien sportif L’Equipe, paru ce lundi, l’ancien enfant prodigue du football français s’est livré comme il ne l’avait jamais fait auparavant. Envie de plaire ou non, celui qu’on critiquait souvent pour ses “pulsions” et son caractère de “sale gosse”, a bien changé. Hatem a mûri. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’ancien joueur de l’INF Clairefontaine a fait une sorte d’introspection. Il faut dire que sa longue blessure à la jambe, le privant de football pendant une longue année, lui a donnée le temps de se remettre en questions.

On me reprochait d’être arrogant, d’être hautain“, analyse-t-il avec le recul. “C’était sûrement vrai mais je ne le percevais pas comme ça à l’époque. Avec le recul, je comprends qu’on ait pu me prendre pour quelqu’un de sûr de lui. Je dégageais quelque chose de négatif, j’avais de mauvaises énergies.” Conscient qu’il ne maîtrisait pas tout, notamment son “impulsivité“, Ben Arfa sait que cela l’a amené à faire des bêtises, “comme ne pas rentrer en cours de match contre le PSG (Avec l’OM, le 26 octobre 2008, ndlr).

Du manque d’amour paternel au soufisme

Hatem Ben Arfa explique une partie de son comportement par un manque évident d’amour paternel : “Mon père ne m’a jamais dit je t’aime… Il m’a manqué de la générosité dans la vie. Il m’a beaucoup apporté, il m’a mis sur le chemin du foot, il a toujours été derrière moi. Mais il n’a pas su extérioriser ses sentiments. Je ne lui en veux pas. Mon père n’a pas eu de père, il essaye de reproduire un schéma et j’essaie de le casser pour moi.” Si sa mère a tenté de combler ce manque, Hatem Ben Arfa s’est réfugié dans la religion, et notamment dans le “soufisme”, courant islamique qui prône des pratiques ascètes et mystiques.

En 2008, j’étais mal, j’étais à la recherche de bien-être. Je lisais beaucoup d’ouvrages sur le soufisme, de belles choses qui m’attiraient et comme Abd al-Malik s’y intéressait, je l’avais contacté.” Mais cette “aventure spirituelle” a failli mal tourner pour Ben Arfa qui s’est senti embrigadé : “C’était un système comme dans une secte. Je faisais partie d’un mouvement avec un chef spirituel, un Cheikh. (…) Quand je suis rentré dans la salle de prières, ce maître, il fallait que je lui baise les pieds. C’était obligatoire. Heureusement, ce jour-là, mon ego m’a sauvé. Je ne pouvais pas accepté ça.

Mais Hatem Ben Arfa n’a pas voulu entrer dans ce jeu-là. Se sentant “coupé du monde, endoctriné“, le meneur de jeu s’est “réveillé à temps“. Plus fort mentalement, Ben Arfa pratique toujours la religion musulmane, mais à sa manière, de façon “intime“. Il confesse d’ailleurs ne “pas manger de porc“, mais cela “peut (lui) arriver de boire de l’alcool et d’aimer les filles“. Des pratiques pas forcément en adéquation avec l’islam traditionnel mais il semble avoir trouver un juste milieu entre spiritualité et mener la vie d’un homme de 24 ans.

Un seul objectif en tête : l’équipe de France

En paix avec lui même, Hatem Ben Arfa n’a désormais qu’un seul objectif : retrouver l’équipe de France. Et ce dernier se donne les moyens en redoublant d’efforts aux entraînements, mais aussi chez lui. “Je fais du fractionné, des 15′-15′, sur un tapis. Je bosse en “muscu” le haut de mon corps et ma cuisse gauche car elle a beaucoup perdu avec mes deux fractures en un an (Ben Arfa a également été victime d’une blessure à la cheville lors de la préparation d’avant-saison, en juillet dernier, ndlr)”, a-t-il ainsi affirmé.

Le numéro 10 des Magpies s’est donné une date, le 29 février 2012, jour de la rencontre opposant l’équipe de France à l’Allemagne. “Je rêve de faire partie de la dernière liste. En meneur ou sur un côté, peu m’importe tant que je suis pris… Je suis revenu à mon meilleur niveau, il faut juste que je joue désormais. J’ai bon espoir que ça arrive.” Avec les multiples départs à la CAN et notamment celui de Demba Ba, Ben Arfa, entré à la place de Cabaye ce week-end contre QPR (1-0), retrouve peu à peu sa place dans le onze-type d’Alan Pardew. Son voeu pieux, “redonner de l’amour au public français“.

S’il faudra peut-être encore attendre encore quelques semaines pour qu’il donne la pleine mesure de tout son potentiel, Hatem Ben Arfa a déjà fait un grand pas vers la rédemption en se livrant à coeur ouvert. Preuve que l’enfant terrible du football français n’est justement plus si terrible que cela, mais qui, comme il le dit si bien, a “su évoluer“.

 

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