Vers une semaine historique pour les clubs français !

Après que le Paris Saint-Germain ait pris la mesure de la Real Sociedad en huitième de finale de la Ligue des Champions, c'est l'Olympique de Marseille et le LOSC qui pourraient rejoindre le club francilien en quart de finale des compétitions européennes cette semaine. 

La France est en train de soigner son indice UEFA. Après avoir ravi la cinquième place aux Pays-Bas il y a quelques mois, l'écart est encore en train de se creuser avec notre principal poursuivant en raison des bons résultats des clubs français depuis le début de la saison 2023-2024. Pour rappel, maintenir cette position permettrait à la Ligue 1 d'envoyer quatre représentants en Ligue des Champions (dont un en barrage), deux en Europa League, et un en Europa Conference League à partir de la saison 2025-2026. Cette cinquième place pourrait d'ailleurs être assurée dès ce mercredi soir. En effet, si le Borussia Dortmund élimine le PSV Eindhoven de la Ligue des Champions, les Pays-Bas n'auront plus la possibilité de rattraper la France cette saison.

Suite à sa victoire lors de la double confrontation face à la Real Sociedad (2-0, 1-2), le PSG est d'ores et déjà qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des Champions, alors que l'OM et le LOSC sont très bien embarqués. Les hommes de Jean-Louis Gasset ont écrasé Villarreal au stade Vélodrome lors du match aller (4-0) et devront assurer le minimum syndical pour rallier le tour suivant. Les Dogues sont dans une situation quasiment aussi confortable puisque les coéquipiers de Jonathan David, auteur d'un doublé, se sont facilement imposés en Autriche, sur la pelouse de Sturm Graz (0-3). Les deux formations n'auront qu'à terminer le travail ce jeudi.

Et le côté historique dans tout ça ? Jamais trois clubs français n’ont été présents en quart de finale en Ligue des Champions, en Europa League et en Europa League Conférence la même année. Ce qui s'explique principalement par le fait que la C4 n'en soit qu'à sa troisième édition. Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir. Nous allons à présent nous replonger dans le passé pour revenir sur les meilleures années européennes des clubs français.

Saison 1989-1990

La période la plus faste du football français sur la scène européenne se situe sans conteste dans les années 1990. Commençons tout d'abord avec la saison 1989-1990. Il s'agit d'un souvenir douloureux pour l'OM qui, après avoir sorti Bronby, l'AEK Ahtènes et le CSKA Sofia en Ligue des Champions (Coupe d'Europe des clubs champions à l'époque), voit son parcours s'arrêter en demi-finale face au Benfica et à la main de Vata au match retour. Vainqueur 2-1 à l'aller, les joueurs de Gérard Gili s'incline à l'Estadio de la Luz sur cette action qui est malheureusement entrée dans les livres d'Histoire.

Dans le même temps, en C2 (autrefois nommé la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe), l'AS Monaco atteint également les demi-finales et s'incline face à la Sampdoria. La même année, l'AJ Auxerre réalise de son côté un beau parcours en Coupe de l'UEFA en se hissant jusqu'en quart de finale sous la houlette de Guy Roux. L'AJA tombe face à la Fiorentina.

Saison 1992-1993

Forcément, cette saison restera spéciale pour le football tricolore. Le 26 mai 1993, l'OM s'adjuge la première Ligue des Champions de son histoire et de celle du football français. Après avoir remporté deux matchs à élimination directe face à Glentoran et au Dinamo Bucarest, les Phocéens sortent premier de leur groupe et affrontent le Milan AC de Maldini, Baresi, Rijkaard et Van Basten en finale et s'impose grâce au coup de casque de Basile Boli peu avant la pause.

En parallèle, l'AJ Auxerre et le PSG réalisent un magnifique parcours en C3 puisque les deux clubs atteignent les demi-finales. Les Bourguignons écartent le Standard de Liège en huitième de finale, puis l'Ajax Amsterdam en quart, avant de subir la loi du Borussia Dortmund, aux tirs au but. De son côté, le club francilien se qualifie dans la douleur face à Anderlecht pour les quarts, avant de sortir le Real Madrid au tour suivant. Malheureusement, les joueurs d'Artur Jorge n'atteignent pas non plus la dernière marche, battue par la Juventus Turin.

Saison 1994-1995

Lors de la saison 1994-1995, c'est le PSG qui réalise le meilleur parcours en rejoignant le dernier carré de la C1. Après avoir réalisé un six sur six dans un groupe composé du Bayern Munich, du Dynamo Kiev et du Spartak Moscou, la bande de George Weah et David Ginola élimine ensuite le FC Barcelone en quart de finale, mais chute contre le Milan AC.

On retrouve une nouvelle fois l'AJ Auxerre, particulièrement régulière au milieu des années 1990. L'AJA se hisse en quart de finale de la C2, battu par Arsenal. En Coupe de l'UEFA, c'est le FC Nantes qui représente la France et se hisse jusqu'en quart de finale également. Les Canaris voient leur parcours s'arrêter contre le Bayer Leverkusen.

Saison 1995-1996

Cette saison 1995-1996 apporte à la France le deuxième titre de son histoire sur la scène européenne, grâce au Paris Saint-Germain. C'est en C2 cette fois, que le club de la capitale s'illustre. Après deux premiers tours parfaitement négociés face à Molde et au Celtic Glasgow en seizièmes et en huitièmes, Paris doit s'employer pour sortir vainqueur de la double confrontation face à Parme. Battu en Italie lors du match aller (1-0), le PSG fait la différence lors du retour au Parc de Princes (3-1). En demi-finale, les Parisiens disposent du Deportivo La Corogne, puis viennent à bout du Rapid Vienne en finale (1-0) grâce à un but de Bruno N'Gotty.

En Ligue des Champions, le FC Nantes sort des poules et se hisse jusqu'en demi-finale de la compétition. Vainqueurs du Spartak Moscou en quarts, les Jaunes sont éliminés par la Juventus, future vainqueur, en demi-finale, malgré une victoire 3-2 à La Beaujoire lors du match retour.

Cette très belle année pour le football français voit également les Girondins de Bordeaux disputer la finale de la Coupe de l'UEFA. Sur la route du club au scapulaire se dresse notamment le Milan AC, que les Bordelais éliminent en quart de finale grâce à un succès 3-0 au match retour, avant d'écarter le Slavia Prague. Malheureusement la formation de Gernot Rohr craque lors de la double confrontation en finale contre le Bayern Munich (5-1 au cumulé).

Saison 2003-2004, celle du record

Lors des quatre saisons que nous venons d'évoquer, trois clubs français étaient présents au stade des quarts de finale des compétitions européennes. En 2004, ils étaient au nombre de quatre, ce qui constitue toujours un record pour le football français. C'était il y a 20 ans.

Cette année-là, l'AS Monaco de Didier Deschamps avait réalisé un parcours exceptionnel en Ligue des Champions. Premier de son groupe devant La Corogne et le PSV Eindhoven, l'ASM se défait du Lokomotiv Moscou en huitièmes avant de réaliser deux exploits contre le Real Madrid puis Chelsea. En finale, le club de la Principauté s'incline face au FC Porto de José Mourinho (3-0).

Une édition qui avait aussi vu l'Olympique Lyonnais rejoindre les quarts de finale, également battu par le futur vainqueur, Porto. Dominés à l'Estadio de Dragao (2-0), les Gones n'avaient pas pu faire mieux qu'un match nul à Gerland lors du match retour (2-2).

En 2004, une autre écurie française avait atteint une finale européenne : l'OM. Portés par un immense Didier Drogba, les Olympiens accèdent à la finale de la Coupe de l'UEFA après des succès face à Liverpool, l'Inter Milan ou encore Newcastle en demi-finale. Lors du match pour le titre, les Phocéens avaient été battus par Valence (2-0). C'est également la formation espagnole, entraînée par Rafa Benitez à l'époque, qui avait également mis fin au parcours des Girondins de Bordeaux en quart de finale.

Depuis ce jour, la France n'a plus jamais réussi à placer quatre clubs au stade des quarts de finale des compétitions européennes. La bonne nouvelle pour le PSG, l'OM et le LOSC, c'est qu'à chaque fois que la Ligue 1 a envoyé trois représentants à ce stade, au moins un a atteint le dernier carré.

Mathieu Dumas
Arrivé dans le métier sur un coup de tête à la Peter Crouch, j'ai fait mes gammes chez la Fédération Française de la Lose (FFL) avant d'explorer, par la suite, un monde autre que celui de la défaite. Au fil des expériences, j'ai pris de la bouteille comme Sidney Govou, en gardant toujours la même passion. Mon mantra : produire des analyses au moins aussi bonnes que Jean-Marc Ferreri.