Mercato – Maradona à l’OM, Zidane à Blackburn, Cristiano Ronaldo à l’OL… Les transferts qui ont échoué
Par Maxime Brun•
Le Portugais Cristiano Ronaldo, l'Argentin Diego Maradona et le Français Zinédine Zidane. Crédits photo - IconSport
Le mercato hivernal de 2026 démarre ce 1er janvier. L’occasion rêvée pour revenir sur les transferts qui ont failli se faire, et qui auraient pu changer radicalement les clubs ou les joueurs concernés.
Diego Maradona, le rêve brisé de l’OM
En 1989, l’Argentin manifeste son désir de quitter Naples. L’information arrive aux oreilles de Bernard Tapie, le président de l’Olympique de Marseille. Le club phocéen fonce sur l’occasion, trouve un accord avec Diego Maradona pour un salaire colossal pour l’époque – de 3 M€ par an, comme annoncé par Bernard Tapie dans Téléfoot – et… attend.
Selon le joueur, interrogé par France Football, “le président (Corrado) Ferlaino m’avait dit que, si on décrochait la Coupe d’Europe (la Coupe de l’UEFA remportée face au VfB Stuttgart), il me laisserait partir. Une fois que je suis retourné à Naples, j’ai dit à Ferlaino : ‘Merci président pour toutes ces belles années, je m’en vais.’ À ce moment-là, il a commencé à faire l’idiot, comme s’il ne comprenait pas, et il a fait marche arrière. Fin de l’histoire”. Diego Maradona à l’OM, c’était presque fait, mais ça ne s’est pas fait, et le génial meneur de jeu quittera finalement Naples en 1992, pour le FC Séville (1992-1993).
Est-ce que vous pouvez, vous imaginez un instant si Maradona était venu à Marseille à l’époque ? 💙🤍pic.twitter.com/Q9teSkaJdS
Zinédine Zidane, à deux doigts d’un destin anglais
En 1995, le n°10 des Girondins Bordeaux depuis 1992 est proposé à Blackburn. Tout juste champion d’Angleterre, le club repousse l’offrande avec un argument imparable, lâché devant les médias par le président de Blackburn, Jack Walker : “Pourquoi recruterait-on Zinédine Zidane alors que nous avons Tim Sherwood ?“
Un an plus tard, en 1996, Zinédine Zidane file découvrir la Serie A avec la Juventus, puis gagne la Coupe du monde et le Ballon d’or en 1998, tout en ayant la carrière que l’on sait. Et Tim Sherwood et Blackburn dans tout ça ? Le milieu anglais est appelé pour la première fois en équipe nationale en… 1999. Année où Blackburn Rovers est rétrogradé en D2 anglaise. En football, le flair est une qualité et son absence, souvent un drame.
Cristiano Ronaldo et Zlatan Ibrahimovic, Arsenal toujours bloqué en enfance
Après une énième victoire de Manchester United contre Arsenal, cette fois-ci en 2009, en Ligue des Champions, Patrice Evra déclare à la presse avoir vu “onze hommes contre onze enfants”. Les Gunners auraient pu pourtant arriver à l’âge adulte, sous l’impulsion de Cristiano Ronaldo et de Zlatan Ibrahimovic.
En 2003, le club anglais invite le Portugais du Sporting CP au centre d’entraînement. Arsène Wenger lui “fait visiter les installations”, et lui donne même “un maillot”. Mais, “finalement, les deux clubs n’ont pas pu s’entendre sur l’indemnité” a confirmé l’ex-entraîneur des Gunners (1996-2018). Et à l’été 2003, Cristiano Ronaldo rallie Manchester United. Même son de cloche pour le Suédois. Courtisé par Arsenal, Zlatan Ibrahimovic préfère signer pour l’Ajax, pour une raison bien particulière, racontée par l’intéressé.
“Arsène (Wenger) m’avait donné le fameux maillot rouge et blanc. Il portait le numéro 9 et il était à mon nom. À ce moment, je m’attendais à ce qu’il essaye de me convaincre de rejoindre son équipe. Il n’en a rien fait. Apparemment, il voulait voir quel genre de joueur j’étais. Je devais faire un essai. Incroyable ! Zlatan ne passe pas d’essais ! Alors, j’ai refusé et je suis parti à l’Ajax“.
A rare image of Zlatan Ibrahimovic with an Arsenal shirt. What could have been! pic.twitter.com/EIwlowJTAH
Si Arsenal s’était présenté au milieu des années 2000 avec Cristiano Ronaldo et Zlatan Ibrahimovic sur le pré, le visage de l’Europe aurait-il été changé ? Ce qui est sûr, c’est que Patrice Evra n’aurait probablement pas fait cette déclaration en 2009, sous peine d’être zlatané.
Bebeto à l’OM, c’est (pas) Marseille bébé !
En 1989, Marseille s’intéresse à un Brésilien qui fait les beaux jours de Flamengo. Bebeto le confirme ouvertement dans les médias, comme relayé par le site Inside FIFA.
“Je suis allé à Marseille il y a une quinzaine de jours avec mon agent et j’ai beaucoup apprécié la ville et son climat qui me rappelle celui de Bahia. J’aimerais jouer à l’OM. Je préfèrerais même aller à Marseille plutôt qu’au Bayern (Munich) avec qui je suis aussi en contact. Un accord a été trouvé entre le club et moi. Mais le prix de 2 millions de dollars était valable seulement jusqu’au 30 juin. Les dirigeants de l’OM n’ayant pas envoyé de télex pour confirmer, je ne sais pas si ils sont toujours intéressés…”
Spoiler : l’OM n’est plus intéressé, et Bebeto partira finalement à Vasco da Gama en 1989, avant de rallier l’Europe et le Deportivo La Corogne en 1992. L’international fera le bonheur du club espagnol – 102 buts en 154 apparitions -, tentera une pige au FC Séville (1996-1997), avant de voyager au Brésil, au Japon et en Arabie saoudite. Mais pas vers la Canebière.
Cristiano Ronaldo, à un mulet près de l’OL
En plus d’Arsenal, l’attaquant de désormais 40 ans a failli rejoindre l’Olympique lyonnais en 2002, au début de sa carrière. Du moins, c’est ce qu’a raconté Tony Vairelles à SoFoot, en 2012.
“Après ma bonne saison à Bastia, quand j’étais revenu à Lyon, Laszlo Bolöni a voulu me recruter – il entraînait alors le Sporting Portugal. Il me restait un an de contrat donc Lyon voulait un transfert, mais le Sporting n’avait pas d’argent, donc ils ont proposé un échange : deux joueurs dont un certain Cristiano Ronaldo, contre moi. Et Lyon avait refusé“.
A l’époque, l’OL dément cette information. Plus tard, Jean-Michel Aulas a confirmé l’intérêt – “J’avais essayé de l’acheter au Sporting, mais malheureusement sans succès” -, mais pas l’anecdote. Il faut dire qu’avoir préféré le mulet de Tony Vairelles à la chevelure péroxydée de Cristiano Ronaldo n’est pas une chose dont on veut se vanter.
En 2002, Cristiano Ronaldo est recalé par Lyon. En effet, le Sporting Lisbonne souhaite échanger deux jeunes dont Cristiano Ronaldo contre le joueur de l'OL Tony Vairelles. L'Olympique Lyonnais refuse. pic.twitter.com/kWaQJVWtck
Francesco Totti au Real Madrid, la fidélité n’a pas de prix
Joueur d’un seul club, l’AS Roma (1993-2017), l’Italien aurait pu pourtant quitter la Louve en 2002. Après l’arrivée de Zinédine Zidane en 2001, Florentino Pérez, le président du Real, veut recruter une nouvelle star, et s’approche de Francesco Totti. Qui dit… “oui”, comme révélé par l’intéressé à Canal +.
“J’ai eu l’occasion de rejoindre le Real Madrid. Je n’ai pas dit non. Au contraire, au début, j’ai dit oui. A cet instant, j’avais des problèmes avec la Roma. Mais ils se sont résolus et les choses ont changé“.
Au lieu de Francesco Totti, le Real Madrid attire finalement Ronaldo pour 45 M€, durant l’été 2002. Il était évidemment plus simple de convaincre le Brésilien de rallier le Real Madrid après le Barça (1996-1997), plutôt que de faire quitter la ville éternelle à l’attaquant italien. Une fidélité qui jure avec le football actuel, et certainement avec le mercato hivernal de 2026.