Mercato OM – Une gestion “à l’italienne” des jeunes Vaz et Bakola : court-termisme et plus-value comptable
Depuis l’arrivée de Pablo Longoria à la tête de l’OM, Little Italy a déménagé de New York à Marseille, avec notamment une vision sportive très italienne au coeur des transferts de Robinio Vaz et Darryl Bakola lors de ce mercato.
La présentation d’un Robinio Vaz et d’un Darryl Bakola ingrats et avides d’argent avec des demandes financières extravagantes pour des prolongations de contrat est séduisante. Si les joueurs semblent en effet avoir réclamé une augmentation substantielle de salaire, notamment Robinio Vaz, ce qui se passe à l’OM est assez révélateur de la manière de fonctionner de certains dirigeants avec leurs jeunes joueurs.
Vaz et Bakola à l’OM : gestion à l’italienne
Nombre de dirigeants marseillais ont bien connu le championnat italien et ses spécificités. En Italie, le Calciomercato est un sport dans le sport, avec des dérives toujours plus éclatantes. Pablo Longoria, Mehdi Benatia, Giovanni Rossi et Roberto De Zerbi ont été baigné dans cette culture économico-sportive.
En Italie, les jeunes joueurs sont depuis des années vus comme des variables d’ajustement de bilan comptable. Leur grande force est que la plus-value générée par leur transfert a une valeur bien plus importante que des joueurs recrutés à l’extérieur (avec une forte somme en amortissement). Et comme sur le bilan comptable, la plus-value est essentielle, ce n’est pas tant le montant de la vente qui compte mais bien cette plus-value.
Robinio Vaz et Darryl Bakola doivent-ils être considérés comme des joueurs ayant déjà émergé ? L’attaquant a joué 522 minutes sous le maillot de l’OM pour 4 buts et 3 passes décisives, tandis que le milieu de terrain compte encore moins de temps de jeu avec 156 minutes toutes compétitions confondues. Nous n’en sommes qu’au début. Nous n’avons vu que des bribes de leur potentiel talent.
“Les jeunes, on ne sait pas, donc autant vendre à la première occasion“
Les dirigeants de l’OM peuvent se frotter les mains. Acheté pour environ 200 000 euros à Sochaux, Robinio Vaz va rapporter plus de 100 fois cette somme avec un transfert à la Roma estimé à 25 millions d’euros bonus compris. La culbute est impressionnante, tout comme la plus-value qui sera inscrite dans le bilan comptable de l’OM, dans un contexte économique difficile.
Ce contexte économique est souvent évoqué autour de ce transfert de Vaz. Il était pourtant le même l’été dernier lorsque l’OM a flirté avec les 100 millions d’euros d’achats, un montant qui n’inclut pas de nombreuses options/obligations sur certains joueurs (Pavard, Medina, Vermeeren, Weah, O’Riley) qu’il faudra potentiellement régler l’été prochain si le club phocéen veut une continuité dans son effectif.
/https%3A%2F%2Fmedia.topmercato.com%2Fmain%2F2025%2F12%2FICONSPORT_280510_0097.jpg)
La trajectoire des jeunes n’est jamais une certitude. En travaillant sur un plan de développement individuel, en l’insérant avec les professionnels, en lui donnant du temps de jeu, les clubs tentent de maximiser les éléments permettant une éclosion. Mais rien n’est jamais certain. Et cet argument revient autour de Vaz et Bakola. Il faudrait les vendre maintenant “car il faut profiter de l’intérêt de clubs pour des jeunes dont on ne sait pas s’ils auront sur le long terme le niveau de l’OM”. Une vision qui peut s’entendre.
Salaires : les jeunes coûtent trop cher ?
En achetant des joueurs confirmés avec déjà plusieurs dizaines/centaines de matches, il serait donc normal d’attendre des certitudes. Benjamin Pavard, Neal Maupay, Pierre-Emile Højbjerg (à un degré moindre), Igor Paixao ou Emerson cumulent des centaines de matchs. Mais quid de leur apport sur le terrain ? Est-il si flagrant ? Pourquoi donne-t-on 250 000 euros mensuels à Neal Maupay, mais les refuse-t-on à Robinio Vaz ?
On en revient à la vision italienne : un jeune formé au club coûte toujours trop cher selon de nombreux dirigeants italiens. Mais quand il s’agit de donner des salaires XXL à des pré-retraités au niveau disparate ou à des joueurs plus expérimentés, ou à des jeunes recrutés plusieurs dizaines de millions d’euros à l’étranger, là, il n’y a jamais de problème d’argent.
Exposer à court-terme et vendre plutôt que développer les jeunes
La vision italienne semble s’exporter jusqu’à Marseille. Après avoir exposé deux jeunes joueurs, ayant montré de réelles aptitudes sur leurs bribes de matchs, l’OM décide de ne pas attendre et de ne pas investir (le salaire est un investissement) sur eux. A l’inverse, les récents achats sur le mercato ont montré que le club était en capacité d’investir ces sommes (et bien plus encore) pour des joueurs dont le rendement sur le terrain se fait toujours attendre. La facilité de la machine à cash contre la difficulté de développement et de la patience.
La vision court-termiste est celle-ci : prendre le cash maintenant, quitte à passer à côté d’encore plus grosses sommes dans 6 mois ou 1 an, après avoir mieux développé le joueur, mieux exposé ses qualités et l’avoir mis en vitrine auprès des grosses écuries. Ce n’est pas tant un problème d’argent que de vision.