Pablo Longoria avait de grandes ambitions avec Roberto De Zerbi, mais l’Italien n’est déjà plus l’entraîneur de l’OM. Prévisible ? Bilan d’un mariage a priori séduisant mais qui a rapidement tourné court.

Il est souvent dit que tout va vite dans le football. Mais est-ce que cela ne va pas encore plus vite à l’OM ? Il y a 16 jours, Pablo Longoria a dit dans une interview au Telegraph que son souhait était “que Roberto De Zerbi soit comme (Diego) Simeone à l’Atlético” Madrid, alors que le coach argentin est sur le banc des Colchoneros depuis 2011. L’Italien, flatté, avait répondu avoir “la force pour rester cinq ou six ans” à l’OM. Mais, deux semaines plus tard, le coach n’est plus à Marseille.

Retour sur son passage dans le sud de la France, avec des hauts et pas mal de bas, qui expliquent aussi les raisons de son départ en cours de saison.

Les multiples accomplissements de De Zerbi à l’OM

Tout n’est pas à jeter dans le passage de Roberto De Zerbi à l’OM. Dès sa première saison à Marseille, l’Italien a rempli son objectif principal, à savoir se qualifier pour la prochaine édition de la Ligue des Champions, si possible directement – cela a été le cas avec la 2e place. Grâce à un style de jeu séduisant, et particulièrement offensif – 2e meilleur attaque de L1 cette saison -, le coach de 46 ans a continué à truster le top 4 de L1 cette saison. Et selon le compte X Statsdufoot, Roberto De Zerbi présente le meilleur bilan d’un coach de l’Olympique de Marseille au XXIe siècle, avec un ratio de 57 % de victoires, devant Igor Tudor (56 %), Jorge Sampaoli (54 %), Marcelo Bielsa (51 %) et Didier Deschamps (50 %).

Grâce à sa présence à l’OM depuis 2024, le club français a pu attirer des joueurs de gros calibre. On pense à Mason Greenwood, Pierre-Emile Hojbjerg, Benjamin Pavard et Adrien Rabiot, voire Igor Paixão, largement courtisé l’été dernier. Pour Ethan Nwaneri, prêté par Arsenal en janvier dernier, c’est Mikel Arteta, le coach des Gunners, qui a contacté directement Roberto De Zerbi pour lui proposer l’Anglais.

Et l’ancien entraîneur de Sassuolo et de Brithgton a fait progresser certains joueurs : on pense à Mason Greenwood, dont le talent est indéniable, mais dont le goût de l’effort est bien plus visible cette saison. Amir Murillo, lui, a pris de la valeur sous sa direction, comme Bilal Nadir, tandis qu’Amine Gouiri a pu être relancé après une fin d’aventure moribonde à Rennes.

Les raisons de la rupture entre De Zerbi et l’OM

Reste que le début d’année 2026 de l’OM de Roberto De Zerbi est trop catastrophique pour ne pas peser. Rejoint sur le fil (90e+5) par le PSG lors du Trophée des Champions, finalement perdu, Marseille s’est ensuite effondré contre Liverpool (0-3) mais surtout à Bruges (0-3) en Ligue des Champions, avant d’être sorti assez ridiculeusement de la C1 par un but de la tête du gardien de Benfica. Puis la manita contre le PSG (0-5) a semble-t-il scellé le sort du technicien. Ce dernier, au bord du gouffre, est en effet paru abattu après cette lourde défaite, en assurant publiquement ne “pas comprendre” son équipe. Ce qui est un aveu rare à ce niveau, et avec un tel salaire (500 000 € par mois).

Sa communication récente n’était pas optimale, donc, mais pas plus que sa relation avec son vestiaire. Comme relayé par Romain Molina, l’épisode autour d’Amir Murillo n’est pas passé auprès du groupe, alors que le Panaméen a été écarté sans ménagement, critiqué publiquement pour son manque de “faim”, puis envoyé en Turquie manu militari. Selon L’Equipe, le coach a même taclé le latéral droit devant les joueurs, avant le Classique, assurant qu’Amir Murillo était désormais heureux à Besiktas, après avoir doublé son salaire…

Roberto De Zerbi quitte l'Olympique de Marseille
Roberto De Zerbi quitte l’Olympique de Marseille – Généré par IA

De manière plus générale, son attitude avec les joueurs a pu interroger le vestiaire. Geronimo Rulli a été mis sur le banc contre le PSG, quand d’autres, pas forcément plus performants, sont presque toujours reconduits. Les cas Adrien Rabiot, vendu après une bagarre de vestiaire, et Neal Maupay, le “fils” de Roberto De Zerbi durant la première saison mais qui a disparu de la circulation dès l’été 2025, ont pu également questionner.

Outre des désaccords mineurs sur le mercato d’hiver selon Romain Molina, la faiblesse mentale de l’équipe est frappante, notamment en fin de rencontres, et le style de jeu de Roberto De Zerbi, offensif, ne protège pas la défense, souvent prise à défaut cette saison – 27 buts encaissés en L1, largement la pire défense du top 4 du championnat. L’OM a également des trous face aux petits du championnat – Paris FC (2-2), Nantes (0-2), Angers (2-2), Toulouse (2-2) – et une instabilité dans les résultats à mettre au crédit du coach.

Enfin, le caractère bouillant de Roberto De Zerbi, s’il ressemble à la ville et au club, n’est surtout pas l’idéal pour durer à Marseille. Trop perméable aux secousses entourant le club phocéen, l’Italien s’y est brûlé les ailes, en perpétuant l’instabilité propre à l’Olympique de Marseille, qui va connaître très prochainement son 32e entraîneur au XXIe siècle.