OM : “l’avantage d’être un ancien joueur pour Habib Beye ? C’était il y a 20 ans, le club a changé !”, prévient Joseph-Antoine Bell
Joseph-Antoine Bell a gardé le but de l’OM de 1985 à 1988. L’ancien portier continue de suivre avec intérêt le quotidien agité du club phocéen, qui vient de nommer Habib Beye au poste d’entraîneur. Pour Top Mercato, le Camerounais a livré son regard sur ce nouveau moment d’agitation que vient de traverser l’OM.
Il s’est passé beaucoup de choses en l’espace de dix jours à l’Olympique de Marseille. Sur le plan institutionnel, le directeur du football Medhi Benatia, pourtant démissionnaire, est finalement resté au club avec des pouvoirs élargis et le président Pablo Longoria a été déclassé.
Le dernier changement en date concerne la nomination d’Habib Beye, fraîchement limogé par Rennes, au poste d’entraîneur, en remplacement de Roberto De Zerbi. Même si ce choix peut surprendre a priori au vu de la fin de parcours difficile de Beye en Bretagne, Joseph-Antoine Bell préfère laisser le bénéfice du doute au technicien franco-sénégalais.
Bell veut croire en Habib Beye
“C’est le nom qui revenait avec le plus d’insistance, ce n’est donc pas une surprise. L’OM a suivi l’exemple de recruter un coach qui venait d’être viré, ce qui est assez courant. Cela peut surprendre certaines personnes de voir un club quatrième de Ligue 1 engager un coach viré par un club moins bien classé, à cause de performances insuffisantes et de quelques tensions dans le vestiaire avec des joueurs, comme on a pu le lire. Mais, à Rennes, qui n’est pas non plus un club facile, Beye a obtenu quelques bons résultats, réalisé de bonnes séries. Cela n’a pas été suffisant aux yeux de ses dirigeants, mais il peut très bien réussir à l’OM. Je veux être optimiste“, a lancé l’ex-international camerounais pour Top Mercato.
/https%3A%2F%2Fmedia.topmercato.com%2Fmain%2F2026%2F02%2FBeye-Bell-2.jpg)
En revanche, Bell se montre clair : le passé marseillais d’Habib Beye ne lui confère pas forcément un totem d’immunité, quand bien même l’ex-défenseur était l’un des chouchous du Stade Vélodrome durant son passage entre 2003 et 2007, marqué par 174 matchs (2 buts) et un statut de cadre lors de l’épopée jusqu’en finale de la Coupe de l’UEFA 2004 perdue contre Valence.
“Ce n’est ni un avantage, ni un inconvénient. Habib a joué il y a plus de vingt ans à l’OM, le club a changé. Je ne veux donc pas trop entrer dans ces considérations“, souligne Bell. “Il y a des entraîneurs qui vont dans des clubs qu’ils ne connaissent pas et réussissent, d’autres qui reviennent dans un club qu’ils ont connus et pourtant, ça ne marche pas. Habib a signé mercredi soir, il a eu très peu de temps pour préparer le match à Brest ce vendredi. Il arrive avec un œil neuf, sans forcément avoir d’a priori.“
“La situation sportive de l’OM n’est pas alarmante”
Si Beye, qui a signé seulement jusqu’en juin 2027, ne pourra donc pas longtemps se réfugier derrière son passé de joueur de l’OM au cas où les choses tournent mal, Bell fait remarquer que le technicien, qui a fait un gros effort en termes de salaire par rapport à De Zerbi, coche tout de même pas mal de cases et devrait bénéficier du supposé effet électrochoc, provoqué à chaque changement d’entraîneur :
“C’est un peu comme une nouvelle saison qui débute. Il va y avoir plus d’intensité à l’entraînement, des joueurs vont peut-être se relancer car ils ne jouaient presque pas avec l’ancien entraîneur, d’autres vont chercher à se mettre en évidence. Cela se passe toujours comme ça. Beye a sans doute vu quelques matches de l’OM avant de signer, il n’arrive pas sans rien savoir de sa nouvelle équipe. C’est un professionnel. Il connaît la L1, il parle français, et ce sont des paramètres qui sont importants et dont l’OM a sans doute tenu compte pour faire son choix.“
/https%3A%2F%2Fmedia.topmercato.com%2Fmain%2F2026%2F02%2FBell-3.jpg)
Avec l’intérimaire Jacques Abardonado aux commandes, l’OM a été accroché samedi dernier au Stade Vélodrome par Strasbourg (2-2), après avoir mené 2-0. Un scénario qui a irrité les supporters marseillais. De ce point de vue là, le fait de débuter à Brest, à l’extérieur, ne représente peut-être pas une mauvaise nouvelle pour Beye, même si Bell nuance au sujet de la pression du Vélodrome.
“Bien sûr ! Cela ne fait jamais de mal de prendre un peu l’air. Le public marseillais est exigeant, peut-être un peu plus qu’ailleurs. Mais le Vélodrome, ce n’est pas l’enfer comme certains veulent bien le dire. Oui, le public marseillais est passionné, exigeant, il peut se montrer dur avec son équipe, mais moi, pour l’avoir vécu, et je sais que cela a toujours été comme ça, je vous assure qu’il peut aussi faire gagner un match. Se réveiller avant l’équipe, la porter. L’ambiance peut y être extraordinaire“, a tenu à souligner l’homme de 71 ans.
“Medhi Benatia ne sera pas le prochain président de l’OM“
D’ailleurs, l’ex-portier prend soin de rappeler que, bien que Beye débarque dans un contexte assez singulier, paradoxalement, la situation sportive de l’OM est loin d’être catastrophique.
“L’OM est quatrième de Ligue 1. Il a encore la possibilité d’accrocher la troisième place et de se qualifier pour la phase de ligue de la Ligue des Champions. Il a aussi la Coupe de France comme objectif. Oui, il y a eu cette défaite à Paris, celle à Bruges en C1 (0-3) et l’élimination qui va avec, mais la situation sportive n’est pas alarmante. Beye n’arrive pas pour jouer le maintien. Il a un effectif de qualité. Les supporters attendent une réaction à Brest pour commencer. Moi, je suis optimiste, il y a encore trois mois de compétition“, plaide le double vainqueur de la CAN.
Cette fin de saison se déroulera avec des changements intervenus au niveau de l’organigramme. Le directeur du football Medhi Benatia voulait démissionner ? Frank McCourt l’a convaincu de rester en élargissant ses prérogatives et Pablo Longoria, le président, a été déclassé et négocierait son départ. Des péripéties que Bell, bien au fait du contexte marseillais, préfère prendre avec un certain recul.
“J’observe, comme tout le monde. Medhi Benatia ne sera pas le prochain président de l’OM. Il exerce dans le domaine sportif et va y rester, au moins jusqu’à la fin de la saison. Nous verrons si Longoria s’en va, et qui, dans ce cas, le remplacera. Il y a une crise à l’OM, il y a des responsables et les joueurs ne doivent pas oublier qu’ils y sont aussi pour quelque chose. Mais l’OM est un grand club, il va rebondir“, a conclu Bell avec optimisme.
* Propos de Joseph-Antoine Bell recueillis par Alexis Billebault