Arteta, Fabregas, Cuesta… Jeunes, fougueux et biberonnés par Guardiola ? La nouvelle génération d’entraîneurs face à une contradiction
Symbolisée par Mikel Arteta, Cesc Fabregas, Vincent Kompany, Xabi Alonso, Ruben Amorim ou encore Carlos Cuesta, la nouvelle génération d’entraîneurs possède-t-elle vraiment une philosophie aussi offensive que son âge et ses influences héritées de Pep Guardiola le laissent à penser ?
Bien entendu, tous les entraîneurs mentionnés se revendiquent du jeu de possession et prônent un football fait de mouvements et de permutations, deux des principes majeurs de la philosophie chère à Pep Guardiola, l’entraîneur phare de la décennie 2010-2020, connu pour sa propension à élaborer des tactiques parfois complètement déséquilibrées, qui les a beaucoup influencés.
Mais le football pratiqué par ces jeunes coachs est-il aussi offensif que ce qu’on peut penser au premier abord ? La dernière étude publiée par l’Observatoire du football (CIES) donne des éléments de réponse à ce niveau et certains sont contre-intuitifs.
S’intéressant au niveau de pression exercée par chaque équipe cette saison, le CIES a fait la synthèse de 4 indicateurs (hauteur de pression sur le terrain; rapidité à casser la possession adverse; fréquence des interventions défensives; nombre de fautes dans le dernier tiers du terrain) pour établir un indice de pression, qui permet de mesurer à quel point une équipe prend des risques et met en place un pressing qui va chercher haut son adversaire.
Cesc Fabregas fan du pressing haut, Arteta beaucoup moins
A l’échelle du Big Five, ce classement est dominé par le séduisant Como de Cesc Fabregas, qui correspond parfaitement au style qu’on imagine de la nouvelle génération de coachs, adepte d’un football offensif avec un indice de pression évalué à 94.5. Malgré l’intensité déclinante souvent reprochée au PSG cette saison par rapport à 2024/25, le Paris version Luis Enrique est 2e de ce classement avec un indice de 94.2. Le très prolifique Bayern Munich de Vincent Kompany complète le podium (93.3).
Un peu plus bas, la logique est plutôt respectée pour le FC Barcelone d’Hansi Flick (6e), club à la philosophie historiquement offensive, le Manchester City de Pep Guardiola (7e), le Chelsea version Enzo Maresca (11e) et même l’OM version Roberto De Zerbi, 16e, ce qui représente une place honorable eu égard au niveau de concurrence.
En revanche, certains classements sont plus étonnants. A commencer par celui de Mikel Arteta ! Enfin en passe de gagner la Premier League, l’ex-adjoint de Pep Guardiola, plus prudent que son maître, voit son Arsenal se classer seulement 7e équipe d’Angleterre en termes de pression exercée avec un indice de 79.1. Le signe d’une prise de risques limitée.
En Italie, le tout jeune coach de Parme, Carlos Cuesta (30 ans), ex-adjoint d’Arteta, détone encore plus puisque son équipe, pourtant 11e du championnat, occupe l’avant-dernière place de Serie A au niveau de la pression exercée, avec un indice très faible de 53.2 !
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Pas de pression, pas d’avenir ? Le point commun entre les coachs limogés
Une autre tendance ressort de l’étude du CIES : l’incapacité à presser haut est souvent synonyme d’échec dans le football moderne. Xabi Alonso n’a jamais réussi à retranscrire au Real Madrid l’intensité qui faisait sa marque de fabrique au Bayer Leverkusen : les Merengue sont seulement la 6e équipe de Liga en termes de pression (76.9), et Alonso n’a pas duré… Même sort en Angleterre pour Ruben Amorim qui s’est entêté dans son schéma en 3-4-3 malgré les résultats en berne. Verdict ? Manchester United est seulement la 10e équipe de Premier League à l’indice de pression (71.3) et Amorim a été limogé. Pas étonnant non plus de constater que le Liverpool d’Arne Slot, régulièrement chahuté cette saison, occupe seulement la 4e place de PL dans ce domaine (85.2).
Parmi les rares exceptions à cette logique, on retrouve donc Arteta à Arsenal, peut-être inclassable en raison de l’importance des corners dans son jeu, et, à l’inverse, le Chelsea de Maresca, limogé malgré un taux de pression plutôt élevé mais dont le départ a été autant la conséquence d’une mauvaise passe sur le plan sportif que de désaccords avec les dirigeants.
Le top 20 du Big Five en indice de pression (saison 2025/26, source CIES)
| # | Club | Indice de pression |
|---|---|---|
| 1 | Como ITA | 94.5 |
| 2 | Paris Saint-Germain FRA | 94.2 |
| 3 | Bayern Munich GER | 93.3 |
| 4 | Hoffenheim GER | 90.5 |
| 5 | AS Roma ITA | 90.4 |
| 6 | FC Barcelone ESP | 89.7 |
| 7 | Manchester City ENG | 88.7 |
| 8 | BologneITA | 88.3 |
| 9 | Athletic Club ESP | 88.2 |
| 10 | Stuttgart GER | 87.6 |
| 11 | ChelseaENG | 86.8 |
| 12 | Inter ITA | 86.7 |
| 13 | Bournemouth ENG | 86.6 |
| 14 | AS Monaco FRA | 86.0 |
| 15 | LiverpoolENG | 85.2 |
| 16 | Olympique de Marseille FRA | 85.1 |
| 17 | BrightonENG | 83.0 |
| 18 | JuventusITA | 82.1 |
| 19 | Rayo Vallecano ESP | 81.8 |
| 20 | Tottenham ENG | 81.3 |