La crise extrasportive a pesé lourd sur la constitution de l’effectif de Botafogo, éliminé par le Barcelona de Guayaquil en barrages de la Copa Libertadores.

Botafogo est éliminé de la Copa Libertadores 2026. Ce mardi 10 mars, le club carioca s’est incliné 1-0 face au Barcelona de Guayaquil au stade Nilton Santos (1-1 en Équateur à l’aller) et les Brésiliens ont donc été éliminés lors de la dernière étape avant la phase de groupes. La chute du vainqueur de l’édition 2024 est le reflet évident du chaos administratif qui règne au sein du club, avec des répercussions directes sur le plan sportif cette saison.

John Textor, qui administre le club depuis octobre sur décision de justice, paie aujourd’hui le prix d’une gestion financière irresponsable qui a conduit Botafogo à l’asphyxie financière. Des retards de salaires, une interdiction de recrutement dépassant les 17 millions d’euros (déjà levée), des tensions politiques au sein de l’association et de la SAF (Société Anonyme de Football) : voilà quelques-uns des épisodes survenus en l’espace de quelques mois en 2026. Tout cela dans un contexte de reprise anticipée de la saison, le Brasileirão ayant lui aussi débuté en janvier.

Sans options, l’entraîneur de Botafogo contraint d’improviser

Ce climat turbulent a exercé une pression supplémentaire sur les joueurs et a sérieusement perturbé la constitution de l’effectif ainsi que la préparation. Bien que présenté dès la fin 2025, ce qui lui a laissé le temps de faire comprendre son style de jeu, l’entraîneur argentin Martín Anselmi a presque toujours dû improviser pour mettre en œuvre sa philosophie. Lui qui préfère un attaquant rapide, doit improviser et utiliser Matheus Martins, un ailier de formation, en pointe, au lieu d’Arthur Cabral, un numéro 9 plus fixe. Martins se retrouve ainsi souvent en position de but grâce à sa mobilité, mais gâche ses occasions…

Adepte d’une défense à trois, et même en l’absence de trois véritables défenseurs centraux disponibles, le technicien n’a eu d’autre choix que d’improviser en plaçant le latéral Mateo Ponte dans ce trio, comme ce fut le cas contre Barcelona, avant de devoir finalement aligner une défense à quatre. Désormais, avec l’arrivée de Ferraresi après la levée de l’interdiction de recrutement, il pourra enfin disposer de trois défenseurs centraux de métier. Alex Telles, utilisé comme piston, chargé de s’écarter largement sur le côté gauche, n’est pas non plus mis en valeur, car ses points forts résident dans la qualité de ses passes, et non dans la vitesse ou le duel en un contre un.

De loin, l’OL doit être soulagé…

Le point le plus sensible – et celui-là ne relève pas de la responsabilité d’Anselmi – est le poste de gardien de but. La direction de Botafogo a cru que Neto et Leo Linck suffiraient pour tenir ce rôle. Cela n’a pas été le cas. Le premier, pourtant expérimenté, a enchaîné les erreurs avant d’être remplacé par l’ancien portier de l’Athletico, lequel commet lui aussi de nombreuses fautes, y compris ce mardi soir. Sur un tir de l’extérieur de la surface, avec beaucoup d’espace laissé par les deux milieux défensifs, Linck a concédé un but sur une frappe qu’il aurait pu arrêter – il a d’ailleurs touché le ballon avant qu’il ne rentre dans les filets.

Cette situation a également des répercussions sur la santé financière du club, qui envisage une nouvelle procédure de redressement judiciaire via sa SAF. Les supporters du Glorioso n’y sont pour rien, mais, à cause de John Textor, ils devront se contenter d’une participation à la Copa Sudamericana cette saison. Les supporters de l’OL, où l’Américain était encore aux manettes il y a quelques mois seulement, doivent eux pousser un ouf de soulagement de ne pas vivre une pareille situation…