La signature de Bernardo Silva au Real Madrid a été officiellement annoncée mercredi 17 juin, à la veille de l’entrée en lice du Portugal à la Coupe du monde. Elle semblait pourtant complètement “contre-nature”.

À 31 ans, le milieu de terrain quitte Manchester City après huit saisons couronnées de succès pour rejoindre le stade Santiago Bernabéu libre de tout contrat, dans une opération menée discrètement par les dirigeants merengues qui se montrent très actifs depuis l’officialisation de José Mourinho.

Au Portugal, la réaction a été immédiate. Bien que le nom de Bernardo Silva ait régulièrement circulé pour un retour à Benfica ou dans d’autres clubs européens, peu imaginaient qu’il conclurait son aventure anglaise en relevant un nouveau défi au Real Madrid.

Cette arrivée renforce également l’influence de José Mourinho sur la planification sportive du club. L’entraîneur aurait joué un rôle décisif pour convaincre le joueur de rejoindre le Real Madrid, dans une négociation qui a surpris jusqu’aux journalistes les plus au fait des coulisses de l’équipe nationale portugaise.

Une signature qui a surpris jusqu’au Portugal

L’analyse qui prévaut au Portugal est que cette signature dévie du scénario qui semblait se dessiner pour Bernardo Silva. Ces dernières années, l’hypothèse d’un retour à Benfica avait plusieurs fois pris de l’épaisseur, notamment en raison de la forte identification du joueur avec le club formateur.

Fernando Eurico, journaliste à Radio Nacional, a confié sa surprise auprès du quotidien espagnol Marca.

« C’est une surprise, une vraie surprise, car nous pensions que Bernardo Silva était déjà en fin de carrière. Il était même question qu’il rentre au Portugal, dans son club de cœur, le Benfica. »

Le journaliste a également mis en avant le poids qu’aurait eu Mourinho dans la décision. « Tout joueur rêve de jouer au Real Madrid, mais l’influence de Mourinho a certainement été déterminante. »

Malgré une carrière en grande partie accomplie aux côtés de Pep Guardiola à Manchester City, Bernardo Silva n’a jamais caché son envie de relever de nouveaux défis avant la fin de sa carrière. Le projet sportif présenté par le Real Madrid, combiné à la perspective de rester dans un club en lice pour tous les titres, a pesé dans sa décision. La proximité géographique avec le Portugal, une adaptation culturelle facilitée et un changement de cadre par rapport à Manchester ont également constitué des arguments de poids.

L’« anti-star » qui arrive pour apporter de l’expérience au Real Madrid

Si les journalistes portugais s’accordent sur un point, c’est le profil extra-sportif de Bernardo Silva. João Pedro Óca, de CNN Portugal, décrit le joueur comme une sorte d’« anti-star », quelqu’un qui a bâti une carrière victorieuse sans jamais cultiver une image de célébrité.

« En dehors du terrain, c’est quelqu’un d’impeccable, très normal. C’est un peu une anti-star. »

Cette signature va à contre-courant des recrues très médiatisées qui ont rejoint le club ces dernières années, à l’image de Jude Bellingham ou de Kylian Mbappé, sans doute la plus grande star mondiale en termes de valeur marchande.

Ce profil explique en partie pourquoi Bernardo Silva est si apprécié des entraîneurs. Tout au long de sa carrière, il est devenu un joueur extrêmement polyvalent, capable d’évoluer comme milieu défensif, milieu offensif, ailier ou dans des rôles plus reculés à la construction. Son intelligence tactique a été l’une des pierres angulaires de la grande période de Manchester City sous Guardiola.

Un autre argument avancé par la presse portugaise concerne l’expérience. Dans un effectif riche en jeunes talents, Bernardo Silva arrive pour apporter sa culture de la gagne. Miguel Cordeiro, d‘Observador, a balayé les critiques liées à l’âge du joueur. « Est-il trop vieux ? Modric était-il vieux ? Kroos était-il vieux ? Le Real Madrid a besoin d’expérience. Tchouaméni est très bon, Camavinga est très bon… mais je pense qu’ils ont besoin d’expérience. »

À 31 ans, Bernardo Silva a signé un contrat de deux ans avec le Real Madrid et sera un joueur du géant espagnol jusqu’en juillet 2028.