Mercato : un 11 à un milliard d’euros, la Serie A n’est plus que le supermarché des géants d’Europe…
Il fut un temps où quitter la Serie A relevait presque de l’exception. Les plus grands joueurs rejoignaient l’Italie, et les meilleurs Italiens y faisaient toute leur carrière. Aujourd’hui, la logique s’est inversée. Et le mercato estival 2026 confirme cette tendance italienne.
Les clubs italiens continuent de former, de dénicher des talents, de les développer et parfois de les révéler au très haut niveau. Mais, dès qu’un joueur franchit un cap, les grands clubs anglais, espagnols ou le Paris Saint-Germain arrivent avec des moyens financiers impossibles à concurrencer.
En l’espace de cinq ans, la Serie A a vu partir une quantité impressionnante de joueurs qui composeraient aujourd’hui l’un des meilleurs effectifs d’Europe.
Un XI capable de rivaliser avec les plus grands clubs
Le constat est saisissant. En réunissant uniquement des joueurs ayant quitté la Serie A sur ces 5 dernières années, on obtient un effectif où chaque ligne regorge de joueurs de classe mondiale. La valeur des premières options du XI approche le milliard d’euros.
L’export italien
- GK
- Donnarumma / Vicario / Onana
- LB
- Calafiori / Theo Hernandez / Dorgu / Ruggeri
- CB
- Huijsen / Kim Min-jae / Leoni
- CB
- Romero / Thiaw / De Ligt
- RB
- Hakimi / Palestra / Dumfries / Kayode
- DM
- Tonali / Fabian Ruiz / De Paul
- DM
- Reijnders / Ederson / Hjulmand
- LM
- Kvaratskhelia / Nico Gonzalez / Kluivert
- CAM
- Kulusevski / Milinkovic-Savic
- RM
- Lookman / Chiesa
- ST
- Osimhen / Zirkzee / Retegui
Cette équipe n’a jamais existé. Pourtant, tous ces joueurs ont évolué en Serie A avant de partir ailleurs. Sandro Tonali vient de rejoindre Tottenham pour 115 millions d’euros. Marco Palestra pourra le croiser dans les rues de Londres, lui qui a rejoint Chelsea pour 55 millions d’euros. Après une seule saison au plus haut niveau, Palestra était courtisé par l’Inter qui s’est fait souffler le joueur par Chelsea, illustrant la puissance des clubs de Premier League.
Un peu plus au Nord, le milieu brésilien Ederson s’apprête à rejoindre Manchester United pour environ 50 millions d’euros et quitte donc l’Atalanta après 180 matches avec la Dea. Une Atalanta qui aura récupéré cet été plus de 100 millions d’euros avec Palestra et Ederson. Au poste de latéral droit, Dumfries a signé avec le Real Madrid grâce à sa clause libératoire d’une vingtaine de millions d’euros.
Il s’agit là des derniers mouvements et départs des clubs italiens mais d’autres pourraient encore s’ajouter, avec Manu Koné (Roma), Alessandro Bastoni (Inter), Bremer (Juventus) ou Rafael Leao (AC Milan).
Vendre est devenu une nécessité
La question n’est pas de savoir si les clubs italiens doivent vendre. Pour beaucoup d’entre eux, c’est une obligation économique.
Les droits télévisés sont loin de ceux de la Premier League et les recettes commerciales restent inférieures à celles des grands clubs anglais ou espagnols. Lorsqu’une offre de 50 ou 70 millions d’euros arrive sur la table, il devient difficile de dire non.
Le problème apparaît ensuite. Les indemnités encaissées ne permettent pas toujours de retrouver un joueur du même niveau. Le marché des transferts italiens est un sport dans le sport où l’influence des agents est néfaste pour la dynamique sportive des clubs. Certains recrutements semblent être plus dirigés par des logiques d’influences que sportives.
Les années 1990 paraissent bien loin
La comparaison est inévitable. À l’époque, les plus grands joueurs du monde choisissaient la Serie A. De Zinedine Zidane à Michel Platini, en passant par Zico, Marco van Basten, Ruud Gullit, Ronaldo, Gabriel Batistuta, Rui Costa, Lilian Thuram, Cafu ou Aldair, ils avaient fait de l’Italie leur destination. Les stars étaient autant attirées par l’argent (qui ne manquait pas) et par la compétitivité du meilleur championnat du monde.
Dans le même temps, les plus grandes stars italiennes restaient au pays : Francesco Totti à la Roma, Alessandro Del Piero à la Juventus, Paolo Maldini au Milan, Gianluigi Buffon à Parme puis à la Juventus, Alessandro Nesta à la Lazio puis au Milan ou encore Fabio Cannavaro jusqu’au Calciopoli.
Cette stabilité permettait aux clubs italiens de bâtir des équipes dominantes pendant plusieurs saisons. Aujourd’hui, conserver un joueur de très haut niveau pendant cinq ou six ans est devenu exceptionnel.
La Serie A révèle encore les stars… mais les autres championnats en profitent. Le paradoxe est là. Le championnat italien continue de faire éclore des joueurs qui figurent parmi les meilleurs à leur poste. Mais ce sont souvent d’autres clubs qui récoltent les fruits de ce travail en profitant du ‘prime’ des joueurs.
La Serie A a surtout perdu sa capacité à retenir ses meilleurs joueurs et s’est engluée dans sa logique d’un calciomercato toujours plus influent sur la logique sportive des clubs.
Les 10 plus grosses ventes de la Serie A sur les 5 dernières années
| Joueur | De | Vers | Montant |
|---|---|---|---|
| Khvicha Kvaratskhelia | Naples | PSG | 80 M€ |
| Victor Osimhen | Naples | Galatasaray* | 75 M€ |
| Achraf Hakimi | Inter | PSG | 68 M€ |
| Matthijs De Ligt | Juventus | Bayern Munich | 66 M€ |
| Sandro Tonali | AC Milan | Newcastle | 64 M€ |
| Marco Palestra | Atalanta | Chelsea | 55 M€ |
| Tijjani Reijnders | AC Milan | Manchester City | 55 M€ |
| Cristian Romero | Atalanta | Tottenham | 54 M€ |
| Kim Min-jae | Naples | Bayern Munich | 50 M€ |
| Ederson | Atalanta | Man Utd | 48 M€ |
*Selon les informations disponibles au moment de la rédaction.