Le FC Barcelone se montre très actif en ce début de mercato. Qui entre le directeur sportif Deco et l’entraîneur Hansi Flick détient vraiment le pouvoir sur le marché des transferts au Barça ?

La complicité entre Hansi Flick et Deco reste l’un des piliers du projet sportif du FC Barcelone. Depuis l’arrivée du technicien allemand il y a deux ans, les deux hommes ont bâti une relation de confiance fondée sur un alignement constant et des décisions collectives sur la construction du groupe. Cette association a produit des résultats visibles sur et hors du terrain : le soutien public du président Joan Laporta et deux titres de Liga consécutifs.

Mais si cette entente reste intacte, la fenêtre de transferts actuelle marque un tournant significatif dans la distribution du pouvoir au sein du département football des Blaugrana. Si, lors des saisons précédentes, Deco était le principal architecte de la stratégie sur le marché des transferts, c’est désormais Flick qui prend les devants dans le choix des profils. Selon le quotidien Marca, les principales opérations de cet été portent clairement sa signature.

Deco a dirigé les deux derniers mercatos d’été

Depuis sa prise de fonctions à la direction sportive, Deco a dû travailler sous de sévères contraintes financières. Avec peu de marge pour les grands investissements, le dirigeant s’est concentré sur l’identification d’opportunités et de joueurs capables d’apporter un retour sur investissement sans aggraver les finances du club, c’est dans cette logique que sont nées les opérations Dani Olmo et Pau Víctor.

Dans le cas d’Olmo, plusieurs facteurs rendaient la piste particulièrement attractive. En plus d’être un produit de La Masia parfaitement adapté à l’environnement du Barça, le milieu bénéficiait d’une très bonne cote auprès de Flick, qui avait suivi sa progression lors de leurs années communes dans le football allemand. La compréhension entre entraîneur et directeur sportif avait été immédiate, facilitant l’opération.

La saison suivante, Deco avait maintenu son emprise. Joan Garcia avait été recruté pour sécuriser le poste de gardien sur le moyen et long terme, tandis que Marcus Rashford avait été traité comme une opportunité du marché via le prêt. Roony Bardghji représentait quant à lui un investissement pour le futur, dans la ligne de la politique du club d’anticiper les jeunes talents avant leur explosion. Quelques mois plus tard, João Cancelo débarquait en Catalogne à l’initiative du directeur sportif. Tout au long de cette période, Flick participait aux discussions et validait les mouvements, mais le pilotage du mercato restait l’apanage de Deco.

L’influence grandissante de Flick au sein du Barça

Le mercato actuel révèle une inversion de cette dynamique. Plutôt que de recevoir des options à approuver, Flick indique directement les noms qu’il juge idéaux pour son modèle de jeu, tandis que Deco s’occupe désormais principalement de la tenue des négociations.

Le cas le plus symbolique concerne le secteur offensif. Si Rashford avait séduit par moments, Flick n’avait aucun intérêt à le conserver définitivement. L’entraîneur avait une autre option en tête pour ce poste : Anthony Gordon. Sa préférence ne s’expliquait pas seulement par des critères techniques, mais avant tout par l’intensité sans ballon, la vitesse et la capacité à presser la relance adverse, des qualités jugées fondamentales pour son système.

L’autre demande spécifique était Karim Adeyemi. Flick connaît l’attaquant depuis l’époque de la sélection allemande et est convaincu que son profil correspond parfaitement à un Barcelone plus agressif dans les transitions et dans la récupération du ballon. Deco n’y a opposé aucune résistance : le consensus interne est que c’est au technicien de choisir les joueurs capables de faire fonctionner son projet, et à la direction de rendre ces choix possibles.

L’influence croissante de Flick va au-delà du recrutement. L’Allemand a joué un rôle décisif dans la refonte de la préparation physique du groupe, convainquant la direction de recruter Yann-Benjamin Kugel, professionnel avec lequel il avait déjà collaboré en Allemagne. Il a également freiné personnellement une possible offensive pour Alessandro Bastoni, estimant que cet investissement ne correspondait pas aux priorités actuelles du groupe.

Rien de tout cela ne signifie une marginalisation de Deco, selon Marca. Bien au contraire : la relation entre les deux hommes reste décrite comme excellente, fondée sur un dialogue permanent et une confiance mutuelle. La différence, c’est qu’après deux ans de travail, des titres remportés et un modèle de jeu consolidé, Flick a conquis suffisamment de crédit pour exercer un poids plus important dans les décisions stratégiques du football du club.