Qualifié pour la prochaine Ligue des Champions, le LOSC a décidé de miser sur Davide Ancelotti pour succéder à Bruno Genesio sur son banc de touche. Avant le premier match de préparation samedi contre La Louvière, Top Mercato a cherché à en savoir plus sur le technicien italien en se plongeant, témoignages à l’appui, sur sa seule expérience d’entraîneur principal en club jusqu’à aujourd’hui, à Botafogo.

Bruno Genesio parti à la fin de son contrat, Lille a décidé de miser sur Davide Ancelotti pour lui succéder sur son banc. L’Italien de 35 ans a signé un contrat de deux ans avec le LOSC avec qui il connaîtra sa première expérience en tant que n° 1 en Europe, avec en prime une participation à la Ligue des Champions. S’il a déjà connu ces hauteurs en tant qu’adjoint de son célèbre père Carlo Ancelotti du côté du Paris SG, du Bayern Munich, du Real Madrid ou de Naples, le Transalpin les vivra cette fois dans la peau de l’entraîneur principal.

Une donnée qui invite à une dose de scepticisme chez certains observateurs. Des doutes qu’il a déjà connus au Brésil, pour sa première et seule expérience en tant que coach n° 1, du côté de Botafogo. « Davide a affronté plusieurs adversités à Botafogo. Il est arrivé en cours de saison, sous pression et une certaine défiance en raison de son inexpérience comme n° 1 », rappelle Jessica Maldonado, journaliste qui suivait le club carioca à l’époque pour Globo Esporte, principal média sportif du pays, à Top Mercato.

Textor et les blessures : une dure première à Botafogo

Pour ne rien arranger, l’environnement de l’écurie brésilienne n’était pas des plus sains à ce moment-là. « Il convient de rappeler que, sur le second semestre, Botafogo est entré dans une profonde crise politique entre le propriétaire, John Textor, et les actionnaires, avec différents recours devant les tribunaux », nous explique notre consœur, qui laisse transpirer un a priori plutôt positif sur le passage du Parmesan sur le banc du Fogão. « Je crois qu’il a impressionné par sa résilience face à tous ces problèmes, malgré son inexpérience en tant que n° 1. »

Et pourtant, ses mois brésiliens sont loin d’avoir été une partie de plaisir. Outre les sceptiques et les secousses en interne, le tacticien a également eu à vivre un mercato agité, avec les départs de trois cadres et titulaires en puissance : le gardien John, le milieu défensif Gregore et l’attaquant Igor Jesus. Et ce n’est pas tout, puisqu’une véritable cascade de blessures s’est abattue sur le géant de Rio de Janeiro. « Il a eu jusqu’à 12 joueurs indisponibles en même temps à un certain moment de la saison, ce qui a évidemment rendu son travail plus difficile », nous raconte Jessica Maldonado.

Les coupes, point noir au bilan de Davide Ancelotti au Brésil…

Malgré tout, il a tenu bon et obtenu une belle 6e place en championnat, synonyme de barrages qualificatifs pour la Libertadores 2026. Seul point noir : les éliminations en coupes. « À peine arrivé, il a été éliminé en Libertadores et en Coupe du Brésil. En Libertadores, il a dû gérer un match en altitude, ce qu’il n’y a pas en Europe. Les clubs brésiliens souffrent toujours dans ce contexte. Et en Coupe du Brésil, il a affronté un rival carioca, Vasco, avec deux nuls et une élimination aux tirs au but », nous détaille-t-elle avant de résumer.

Davide Ancelotti LOSC
Davide Ancelotti. Crédits photo : LOSC / IconSport

« Davide présente un bilan de 32 matches, 14 victoires, 11 nuls et 7 défaites. Son style de jeu est vertical. Ce n’est pas un hasard si l’équipe a inscrit 48 buts en 32 matches. Mais sans jamais renier une bonne organisation défensive. Mais, face à ce que l’on a pu voir, l’identité de Davide est qu’il prône un football plus offensif. Il a joué le plus souvent en 4-2-3-1 », nous a-t-elle synthétisé, soulignant également ses qualités en matière de gestion de groupe. « Comme il est jeune, il sait être proche des joueurs et cela a fait du bien à Botafogo ».

Davide Ancelotti a conquis le vestiaire

Marçal, l’ancien défenseur de l’Olympique Lyonnais, nous confirme. « C’est une top personne, un top coach aussi. Il dégage beaucoup de tranquillité dans son travail. Il sait ce qu’il veut faire et il le fait très tranquillement. Il ne montre pas beaucoup d’émotions, il ne parle pas trop, un peu comme un professeur, mais facile à vivre. Il connaît beaucoup le foot. Parfois, au lieu de s’entêter quand un exercice ne prend pas à l’entraînement, il ne s’énerve pas et trouve un autre exercice pour arriver au résultat voulu. Il ne s’énerve pas. Il est très direct, très transparent », a confié le latéral brésilien à Top Mercato avant de poursuivre.

« C’est facile de travailler avec lui. Il travaille en 4-4-2 ou 4-3-3. Il essaie de générer beaucoup de mouvements, il attaque la profondeur. Il veut la possession face aux blocs bas. Il veut jouer et imposer son rythme à l’adversaire. J’avais quelques doutes car c’était son premier travail en tant que n° 1 mais il m’a surpris. Vraiment. ll est très bon tactiquement. Il est bon dans le vestiaire aussi, sans lever la voix, dans la gestion des egos. Une force tranquille, mais avec du caractère, un petit peu comme son père. »

Marçal
Marçal a connu Davide Ancelotti à Botafogo. Crédits photos : SUSA / Icon Sport

Un départ de Botafogo bien senti

Oui mais alors, pourquoi l’aventure s’est-elle arrêtée au regard de ce bilan somme toute positif ? « Davide est parti de son propre chef face au souhait de sa direction de renvoyer son préparateur physique, Luca Guerra, considérant qu’il était l’un des principaux coupables de la vague de blessures. En prenant en compte l’année suivante, face aux problèmes externes et une probable interdiction de recruter (que la FIFA a confirmée un mois plus tard, ndlr), il a senti le vent tourner », nous a confié Maldonado.

« La direction, le club, les joueurs, tout le monde l’aimait beaucoup, il était facile à vivre. Mais il a eu des soucis ici parce que Botafogo a eu des problèmes financiers et des interdictions de recrutement », reprend Marçal avant d’ajouter. « Il savait que la saison à venir serait difficile, parce qu’il ne pourrait pas recruter et que beaucoup de joueurs allaient devoir partir. C’est compliqué de travailler dans autant d’insécurité, quand tu ne sais pas combien de joueurs tu auras à la reprise…»

La suite lui a plutôt donné raison. Aujourd’hui, handicapé par l’absence de renforts au mercato, Botafogo est classé 9e de Serie A après 18 journées et a été éliminé en barrage de qualification pour la Libertadores par les Équatoriens de Barcelona SC et en 16e de finale de Coupe du Brésil par Chapecoense… Lille sait donc à quoi s’en tenir avec Davide Ancelotti : un entraîneur proche de ses joueurs, courageux et résilient, capable de trouver des solutions dans l’adversité et qui prône un jeu raisonnablement offensif.