Comme souvent, c’est plus qu’un titre qui se joue à l’occasion de la finale de la Coupe du monde. Et le choc Espagne-Argentine de ce dimanche, au MetLife Stadium, n’échappe pas à la règle. Ce match pourrait en effet avoir de lourdes répercussions sur l’identité du Ballon d’Or 2026. Les absents ont-ils forcément tort ?

Depuis le sacre du PSG en Ligue des champions et l’entame de la Coupe du monde 2026, un trio de favoris pour le Ballon d’Or 2026 se dégageait assez clairement avec Ousmane Dembélé, Harry Kane et Michael Olise devant Khvicha Kvaratskhelia, pénalisé par l’absence de la Géorgie à la Coupe du monde 2026, et Kylian Mbappé, miné par la saison sans titre du Real Madrid.

Mais l’élimination douloureuse de la France puis de l’Angleterre dès les demi-finales du Mondial pourrait avoir rebattu les cartes. Une question se pose désormais à quelques mois de la remise du prochain Ballon d’Or le 26 octobre 2026 à Londres : est-il possible de remporter le Ballon d’Or sans avoir disputé le match le plus prestigieux de l’année ?

Pour répondre à cette question, Top Mercato a analysé l’historique du Ballon d’Or les années de Coupe du monde depuis 1998, première édition disputée depuis la réforme de 1995 et l’élargissement du Ballon d’Or à tous les joueurs évoluant en Europe sans distinction de nationalité.

Seulement 2 des 7 derniers vainqueurs du Ballon d’Or n’ont pas disputé la finale du Mondial

Et une tendance très claire se dessine : sur les 7 éditions de la Coupe du monde disputées depuis 1998, cinq ont vu le vainqueur du Ballon d’Or de l’année concernée jouer la finale du Mondial : Zinedine Zidane en 1998, sacré avec les Bleus. Ronaldo en 2002, champion avec le Brésil. Fabio Cannavaro en 2006, capitaine de l’Italie triomphante. Luka Modric en 2018, battu en finale par la France mais auréolé de son parcours croate. Et Lionel Messi, enfin, dont le Ballon d’Or 2023 a récompensé une saison marquée avant tout par le sacre argentin de décembre 2022, scellé d’un doublé en finale.

Deux exceptions viennent nuancer ce constat. En 2010, c’est Messi qui rafle le Ballon d’Or alors que son Argentine a chuté en quart de finale face à l’Allemagne. En 2014, Cristiano Ronaldo est sacré Ballon d’Or malgré l’élimination du Portugal dès le premier tour.

Ces deux contre-exemples représentent un formidable espoir pour les Olise, Kane et Dembélé, mais ils sont à nuancer. Dans les deux cas en effet, la logique était la même : une saison en club hors normes, portée par des joueurs déjà installés au sommet de la hiérarchie mondiale, ont suffi à faire pencher la balance malgré une Coupe du monde manquée.

Fais ton Top 10 !
Ballon d’Or 2026

Fais ton Top 10 !

Vote pour ton Top 10 du classement du Ballon d’Or 2026.

Lire →

Messi, Cristiano Ronaldo : deux exceptions très particulières…

En 2010, Messi a été sacré Ballon d’Or en profitant d’un double effet. D’une part, la dispersion des voix entre les champions du monde espagnols Andres Iniesta et Xavi, arrivés respectivement deuxième et troisième. D’autre part, la structure particulière du jury puisque cette année marquait la première du “FIFA Ballon d’Or”, né d’un partenariat temporaire entre France Football et la FIFA : Messi a été plébiscité par les capitaines et sélectionneurs des équipes nationales, mais les journalistes, votants habituels, ne l’avaient classé que 4e, lui préférant à la première place Wesley Sneijder, finaliste du Mondial avec les Pays-Bas.

Lionel Messi, Ballon d'Or
Lionel Messi avec son Ballon d’Or remporté en 2010. Crédits photo : Icon Sport

En 2014, l’Allemagne ne disposait pas de véritable star qui qui se détachait clairement hormis Manuel Neuer et il est toujours difficile pour un gardien d’espérer gagner le Ballon d’Or. Fort de son sacre en Ligue des champions avec le Real Madrid et de ses 61 buts marqués en 60 matchs, CR7 a donc pu devancer les champions du monde allemands.

Messi et Yamal peuvent-ils griller les favoris du Ballon d’Or de la saison en club ?

Au regard de ces exemples particuliers, l’optimisme n’est clairement pas de mise pour les Dembélé, Kane et Olise. Aucun des trois n’a l’aura d’un extraterrestre comme Messi ou Ronaldo, déjà multiples lauréats au moment de leur sacre en 2010 et 2014 et intouchables dans l’opinion des votants. Fort de son titre en Ligue des champions avec le PSG et de ses 6 buts au Mondial, Dembélé, tenant du titre, peut-il espérer bénéficier d’une exception ? Avec ses 61 buts inscrits avec le Bayern et ses 6 réalisations en Coupe du monde, Kane peut-il la revendiquer aussi ?

Tout pourrait dépendre des performances de Lionel Messi et Lamine Yamal en finale. Exilée en MLS à l’Inter Miami et loin des favoris du Ballon d’Or jusqu’au coup d’envoi du Mondial, la Pulga a porté son pays jusqu’en finale avec 8 buts et 4 passes décisives et illuminé la Coupe du monde de son talent toujours intact à 39 ans.

Yamal, lui, a connu une saison en club moins brillante que la précédente avec le FC Barcelone malgré le sacre en Liga et il a été loin de crever l’écran au Mondial avec un bilan d’un but et d’un penalty provoqué. Mais une performance magistrale ce dimanche pourrait faire basculer l’un de ces deux destins et quasiment plier le débat. Dans le cas contraire, le suspense promet d’être intense jusqu’au mois d’octobre.