Mourinho-Ramos, une friction vite oubliée ?
Sergio Ramos a beau être l’un des meilleurs défenseurs du monde, il a dû se contenter de couper les oranges sur le banc du Real Madrid lors du match face à Manchester City en Ligue des champions mardi dernier (3-2). A priori, l’international espagnol devrait finir par digérer ce coup dur car l’entraîneur José Mourinho a déjà procédé ainsi dans le passé.

Un joueur incontournable, oui mais… Samedi dernier, le Real Madrid a manqué le coche contre le FC Séville (défaite 1-0, 4e journée de Liga). Dans la foulée, l’entraîneur José Mourinho a clairement poussé un coup de gueule au centre d’entraînement de Valdebebas pour rappeler à ses joueurs quelles sont leurs obligations lorsqu’ils portent le maillot de la Casa Blanca. Pour affronter Manchester City en Ligue des champions, le “Special One” n’a pas hésité à laisser Mesut Özil mais aussi Sergio Ramos sur le banc de touche. D’après Marca, certains joueurs de l’effectif n’auraient pas compris pourquoi le défenseur espagnol polyvalent a été écarté, même provisoirement, de la sorte avant un match aussi important.
Lors d’un point presse, José Mourinho a tout fait afin d’apaiser la situation. Le Portugais a fait savoir qu’il n’y a pas de divorce en vue avec le joueur âgé de 26 ans. “Il n’y a aucun problème entre nous. C’était une décision sportive”, a-t-il assuré. Pourtant les socios et les observateurs pensent -sans doute un peu vite- qu’au contraire, le torchon brûle entre les deux hommes. Il faut dire que le “Special One” a décidé d’aligner le jeune défenseur français Raphaël Varane (19 ans), qui a fait sa première apparition de la saison, à la place de Sergio Ramos. Les jours à venir seront évidemment importants dans la mesure où le Real Madrid affrontera le Rayo Vallecano dimanche prochain (5e journée de Liga).
Des bombes vite désamorcées
Logiquement, Sergio Ramos devrait redevenir titulaire mais si ce n’est pas le cas, alors il se posera inexorablement des questions à propos de son statut. Rappelons quand même que durant son parcours d’entraîneur, José Mourinho a déjà écarté certains éléments de façon sporadique. Ainsi l’année dernière, il n’avait pas hésité à se passer des services de la superstar Cristiano Ronaldo qui avait critiqué la manière de jouer de l’équipe lors de la demi-finale aller de la Ligue des champions contre le Barça. CR7 avait payé cher ses propos en étant écarté lors du match suivant en championnat contre le Real Saragosse. Si on remonte encore plus le temps, on se souvient aussi de quelques événements comparables à Chelsea (2004-2007) ou encore à l’Inter Milan (2008-2010).
Chez les Blues, le “Special One” avait aligné la paire Gallas-Terry afin de sanctionner Ricardo Carvalho qui n’acceptait pas du tout le fait d’être en concurrence avec ces deux joueurs. Au final, le défenseur central portugais avait fait son mea culpa et il était redevenu un joueur important. Le son de cloche est le même en ce qui concerne un autre épisode avec cette fois en tête d’affiche Arjen Robben. Déçu d’avoir été remplacé contre Arsenal, l’international néerlandais avait quitté la pelouse en criant et en faisant des gestes à l’encontre de José Mourinho. Résultat, l’actuel joueur du Bayern Munich avait dû s’asseoir sur le banc.
De l’autre côté des Alpes, lorsqu’il guidait l’équipe première de l’Inter Milan, José Mourinho n’avait pas bien digéré une défaite douloureuse contre l’Atalanta Bergame. En une mi-temps, les Nerazzurri avaient encaissé trois buts. Après avoir pointé du doigt certains de ses joueurs, le coach avait sanctionné Ivan Cordoba et Maxwell sur le plan sportif. Même chose avec le jeune attaquant Balotelli qui, un an plus tard, avait jeté son maillot avec mépris au cours d’une rencontre. Finalement, tous ces bras de fer n’ont jamais duré bien longtemps. Si Sergio Ramos a une explication entre quatre yeux avec José Mourinho, alors ce dernier pardonnera tout à l’ex-joueur du FC Séville. Le “Special One” est parfois impulsif mais il est rarement rancunier lorsqu’un joueur a une franche explication avec lui pour évoquer son statut.