Rennes, Prince du Parc
Héroïque ! Le Stade Rennais est allé s’imposer au Parc des Princes contre le Paris Saint-Germain (1-2) au terme d’un match épique. Durant cette rencontre de la 13e journée, les Bretons ont fini à neuf contre onze et se sont tout de même imposés. Le PSG n’a plus gagné depuis trois journées et peut avoir honte de n’avoir pas su l’emporter. Rennes tient l’exploit de l’année et revient au pied du podium. Le fauteuil de leader parisien ne passera pas le week-end.
Rennes tient l’exploit de la saison. Si venir gagner au Parc des Princes est une mode lancée par Saint-Etienne, le faire à neuf contre onze en revanche, tient du miracle. Durant plus de 40 minutes, les Bretons auront vaillamment résisté aux innombrables assauts du Paris Saint-Germain pour s’assurer une victoire mémorable (1-2). Au coup de sifflet final, l’humiliation était totale pour les joueurs du richissime PSG, incapables de venir à bout d’irréductibles rennais. Les Rouge et Noir avaient d’ailleurs repris l’avantage e infériorité numérique sur un coup franc très astucieux de Féret, bien aidé par le placement hasardeux du mur parisien par Sirigu (1-2, 34e). Avant cela, Alessandrini nous avait livré son habituel bijou en reprenant de demi-volée un ballon pourtant anodin (0-1, 13e). Le petit filet ne s’attendait sûrement pas à trembler. Et puis les choses se corsèrent pour Rennes. Alors que Nene avait égalisé en piquant son ballon au-dessus de Costil (21e, 1-1) sur un duel avec Costil, le portier rennais était renvoyé au vestiaire pour un tacle viril sur Ménez (25e). S’il jouait effectivement le ballon, le gardien breton mettait en revanche trop d’engagement en arrivant les deux pieds décollés du sol. Peu après le début de la seconde mi-temps, Makoun était également exclu pour une faute bête sur Nene, concédée à 80m de son but. L’ancien de Lille avait été averti en première période pour contestations, une expulsion décidément évitable. A neuf contre onze, Rennes n’a jamais rien lâché. Et s’il peut se targuer d’avoir fait tomber le PSG, le club d’Ille et Vilaine ne doit pas perdre de vue qu’il a été en grande réussite.
Paris touche les poteaux et tombe dans le panneau
Paris pourra s’en vouloir de ne pas avoir su revenir dans la partie. Les occasions, le club francilien les a eu mais s’est heurté à un grand N’Diaye, entré en jeu pour suppléer Costil, exclu, et aux poteaux. Nene (17e), Hoarau (59e) et Pastore (59e) ont touché du bois, seuls face au but et prouvaient le manque d’efficacité du Paris Saint-Germain. Un constat sans appel, d’autant plus cruel, comparé à l’extrême réalisme rennais. Durant la partie, les Rouge et Noir cadraient trois frappes … pour deux buts. Et lorsque les poteaux ne s’en melaient pas, N’Diaye sen chargeait en détournant des frappes de Hoarau (75e et 80e) et Gameiro (78e). Le PSG aurait également pu obtenir un penalty si Monsieur Fautrel avait vu la main de Théophile-Catherine dans le surface de réparation. Mais Paris ne pourra pas se cacher derrière l’arbitrage. Leonardo pourra pleurer autant qu’il le voudra, comme à Montpellier la semaine passée, ses joueurs n’ont pas été à la hauteur. Les Parisiens se sont procurés 16 corners, ont frappés 19 fois au but et avaient 69% de possession de balle. Si avec ça ils ne sont pas capable de venir à bout de neuf rennais, il y a un problème quelque part.
Et des soucis, Carlo Ancelotti en a. Outre la blessure à la cuisse de Ménez, le PSG s’inquiète de n’avoir plus gagné un match en Ligue 1 depuis trois journées. Avec un point sur neuf possible, le bilan est catastrophique pour un présumé favori au titre. Toujours leader, le PSG peut être devancé par six équipes, dont l’OM et l’OL qui devront aussi s’affronter. Rennes, avec cet exploit, a le sourire et revient au pied du podium, à un longueur de son adversaire du jour.
Etienne Andurand