Si le Real Madrid version Alvaro Arbeloa est loin de convaincre, à l’image de la victoire arrachée in extremis vendredi en Liga face au Celta Vigo (2-1), l’entraîneur merengue donne au moins satisfaction sur un point : la place accordée aux jeunes talents issus de La Fabrica.

Lorsqu’il a remplacé Xabi Alonso mi-janvier, Alvaro Arbeloa débarquait avec une étiquette de formateur héritée de près de six années passées comme entraîneur des équipes de jeunes et de la Castilla.

La Fabrica, c’est le meilleur centre de formation au monde”, avait assuré le technicien dès sa première prise de parole. “Nous avons beaucoup de chance d’avoir eu beaucoup de joueurs ces dernières années, ils m’ont amené jusqu’ici. Ils savent qu’ils ont une grande opportunité, l’entraîneur de l’équipe première les connaît mieux que personne. Ils connaissent les exigences du Real Madrid et savent que je compte sur eux.”

Le rêve éveillé de Thiago Pitarch

Et, depuis qu’il est en poste, Arbeloa tient clairement parole. Au cours des dernières semaines, pas moins de six jeunes de la réserve, qui n’avaient pour la plupart jamais joué en A,  ont eu droit à un baptême du feu et à un temps de jeu plus ou moins conséquent. L’exemple le plus frappant est l’ascension de Thiago Pitarch. Après avoir eu droit à quelques minutes lors des deux manches du barrage de Ligue des champions contre Benfica, le milieu de terrain de 18 ans vient d’enchaîner deux titularisations consécutives en l’espace de quatre jours en Liga, s’imposant à chaque fois comme l’une des rares satisfactions de son équipe lundi face à Getafe (0-1) puis vendredi contre le Celta.

Je vis un rêve, j’ai l’impression de porter des lunettes de réalité virtuelle. Je jouais récemment avec le Real sur la Play et maintenant je le fais dans la vraie vie”, a récemment raconté Pitarch, signe d’une ascension express qu’il doit tant à son talent et son application qu’à la présence d’Arbeloa.

La jeunesse au centre de la vision d’Arbeloa

En effet, là où les entraîneurs habituels de la Casa Blanca ne considéraient les jeunes que comme des rustines en cas de blessure, ou des éléments à qui donner quelques minutes de jeu en fin de match ou en Coupe du Roi, Arbeloa, lui, fait de la jeunesse une vraie stratégie. Son choix de privilégier le local David Jimenez à un Trent Alexander-Arnold loin de son meilleur niveau contre Valence en Liga début février avait envoyé un signal fort. 

Ces derniers jours, le technicien a donc préféré Pitarch à un Franco Mastantuono en méforme et, vendredi, il n’a pas hésité, après l’heure de jeu, à remplacer un Arda Güler très effacé hormis sa passe décisive pour Aurélien Tchouaméni, pour faire entrer César Palacios, à qui il a offert sa 3e apparition. Jorge Cestero, Daniel Mesonero contre Monaco et Manuel Ángel ont aussi eu l’occasion de pointer le bout de leur nez. Et Lamini Fati n’est pas passé loin d’allonger cette liste vendredi.

Les jeunes de La Fabrica utilisés par Alvaro Arbeloa
Joueur Âge Matchs joués Minutes jouées
Thiago Pitarch 18 4 153
David Jiménez 21 2 153
Jorge Cestero 19 4 112
César Palacios 21 3 47
Daniel Mesonero 20 1 8
Manuel Ángel 21 2 16

Un signalé fort envoyé avant le mercato ?

Cette audace est saluée en Espagne. “Arbeloa mérite d’être félicité pour ne pas avoir hésité à donner leur chance aux jeunes. Son attitude est tout à fait louable, surtout quand on sait que son rêve de rester à la tête du Real Madrid la saison prochaine est en jeu. Aucun autre entraîneur n’a fait cela ces derniers temps. Pas même Mourinho, qui se vantait de ses effectifs alors qu’en réalité, il ne faisait que donner quelques minutes de jeu aux jeunes du centre de formation pour étoffer l’équipe. Zidane ne l’a pas fait, et certainement pas Ancelotti”, a souligné le journal AS.

Après avoir assisté ces dernières années aux départs de talents prometteurs comme Nico Paz (dont le retour via une clause de rachat serait déjà acté pour le mercato d’été), Jacobo Ramon, Chema Andrés et Alex Jimenez, ce Real version Arbeloa envoie un message fort à quelques mois du mercato : la jeunesse peut aussi avoir son mot à dire au Santiago Bernabeu. Bien sûr, rien ne dit que ce printemps doré durera après le probable départ d’Arbeloa au terme de la saison. Dans la lignée des performances de Gonzalo Garcia au Mondial des clubs, la jeunesse merengue aura au moins démontré qu’elle mérite peut-être un peu plus de considération et d’avoir sa chance chez elle sans avoir besoin de s’exporter ailleurs pour se révéler…