“Je paierais pour voir jouer Cherki” – L’analyse de Javier Pastore sur la disparition des joueurs d’instinct
Meneur de jeu à l’ancienne, Javier Pastore a ébloui le Parc des Princes de sa magie de 2011 à 2018, même si ses fréquentes blessures ont trop souvent gâché son talent. Alors que ce type de profil se fait de plus en plus rare dans le football, El Flaco a raconté à Top Mercato quels sont les joueurs actuels qui le font vibrer.
Même s’il a quitté le PSG sur un goût d’inachevé, Javier Pastore aura laissé des images incroyables dans les mémoires des supporters parisiens. Ce style racé et élégant d’un meneur de jeu qui joue toujours la tête levée, vers l’avant, et qui possède une vision du jeu incomparable.
A 36 ans, celui qui a pris sa retraite en 2023 après des piges à l’AS Rome, à Elche et au Qatar SC avant de devenir agent, notamment d’Enzo Fernandez, l’admet : il ne retrouve plus vraiment de joueur avec son profil dans le football actuel.
“On a les joueurs qu’on forme“
“Il y a de moins en moins de joueurs comme ça, c’est une réalité, mais on a les joueurs qu’on forme. Dans les clubs, on mise plus sur des joueurs physiques, qui jouent davantage sur les ailes. C’est aussi un choix de la part des entraîneurs, depuis très tôt. Les joueurs qui finissent en première division ont été formés comme ça. Si on ne les laisse pas dribbler et inventer lorsqu’on les forme, ils ne le font pas non plus une fois arrivés au plus haut niveau“, a résumé l’Argentin pour Top Mercato lors d’un événement organisé par FedEx dans le cadre de sa campagne « Move Like A Pro ».
A l’époque déjà, le profil de Pastore était assez unique. Pour autant, El Flaco n’a jamais eu l’impression que ses entraîneurs successifs, comme Carlo Ancelotti, Laurent Blanc et Unai Emery, ont cherché à le brider. “On ne m’a jamais demandé d’arrêter, c’était mon jeu, mon point fort. Ce que j’essayais de faire, c’est d’amener d’autres choses à l’équipe en gardant mon style, parce que c’est ce que je savais faire de mieux. J’essayais de courir et défendre un peu plus, d’être plus utile à l’équipe tactiquement, sans renier mes qualités, parce que ça n’aurait pas été moi“, fait remarquer le natif de Cordoba.
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Javier Pastore était à Paris pour parler aux côtés de FedEx de la nouvelle campagne Move Like a Pro. Pour en savoir plus, cliquez ici.
Cherki “mélange unique de joueur d’avant et moderne” pour Pastore
S’il a désigné Dro Fernandez, porteur du numéro 27, comme lui, comme son jeune successeur au PSG, Pastore n’a pas renié non plus la filiation avec Rayan Cherki. L’international français de Manchester City est l’un des rares joueurs qui possèdent encore ce profil de joueur d’instinct, à l’ancienne.
“Moi, Cherki, je l’adore ! Pour moi, Cherki est un joueur unique, un mélange entre un joueur d’avant et un joueur moderne”, s’est enthousiasmé le Sud-Américain. “Il a la vitesse, le dribble, la capacité à déborder comme à rentrer intérieur. C’est un joueur d’aujourd’hui, mais qui a toujours un tour dans son sac, un petit pont, un dribble ou autre chose, comme les joueurs à l’ancienne. Ça fait de lui un joueur unique, un joueur pour qui je paierai mon billet si je sais qu’il joue. Ce n’est pas un joueur normal, il ne fait pas des choses normales, son jeu m’impressionne beaucoup.”
Pastore aussi impressionné par Michael Olise
Dans un registre forcément un peu différent, plus d’ailier dans le dribble et la percussion mais avec le même art de la passe, Pastore explique aussi vibrer devant les prestations d’un autre Français, Michael Olise, meilleur passeur décisif d’Europe de la saison avec le Bayern Munich (29 assists).
“Il est incroyable, il est dans une forme étincelante, un peu au niveau de ce que propose Dembélé ici à Paris. Il a toujours un dribble supplémentaire à sortir de son chapeau quand tout le monde pense qu’il va tirer. Il le fait très bien. C’est un joueur marquant cette saison individuellement. Et collectivement, le Bayern est aussi une équipe très forte. Le match face au Real aurait pu finir à 3 ou 4-0 même s’il y a finalement eu 2-1“, a conclu l’Argentin, éternel amoureux du beau jeu.
Propos de Javier Pastore recueillis par A.P.