Au cours d’une interview, Marcel Desailly est revenu sur l’échec Roberto De Zerbi à l’Olympique de Marseille et a tenté de l’expliquer, tout en évoquant le contexte particulier.

Ambassadeur de la FIFA, Marcel Desailly possède l’un des plus grands palmarès du football français. Champion du monde en 1998 et champion d’Europe en 2000, le défenseur central a cumulé 116 sélections en équipe de France de 1993 à 2004. Alors que le Mondial 2026 débute ce jeudi, l’homme de 57 ans a été interrogé par Flashscore sur les difficultés rencontrées par ses anciens clubs : Chelsea, l’AC Milan et Marseille.

Marseille : un contexte très particulier

Concernant le club phocéen, où il a évolué de juillet 1992 à novembre 1993 avec 60 matchs au compteur, il a d’abord tenu à rappeler la difficulté et la particularité du contexte marseillais. « Marseille, Naples, où puis-je encore trouver ? Peut-être Galatasaray. Ce sont des clubs où, quand on recrute un joueur, il doit avoir une forte capacité à gérer la pression lors des matchs car sa vie change. Quand il sort en ville, il sera harcelé d’une certaine manière. C’est propre à Naples, Galatasaray, Marseille, a expliqué Marcel Desailly. En plus, il a la responsabilité de progresser et de performer. Voilà le problème. Il y a des joueurs qui ne supportent pas la pression extérieure que Marseille impose. Les fans, les supporters. Oui, c’est pareil partout. Mais Marseille, c’est un peu différent. J’y ai joué. Il y a une pression supplémentaire ».

Marcel Desailly, OM
Marcel Desailly a remporté la Ligue des champions en 1993 avec l’OM. Crédit photo : Picture Alliance / Icon Sport

Ainsi, réussir à Marseille, ce n’est pas donné à tout le monde. Il donne les ingrédients pour y arriver. « Il y a un autre point à Marseille : les gens parlent beaucoup, les informations circulent en permanence. Vraies ou fausses. C’est un élément qui perturbe et déconcentre les joueurs s’ils ne sont pas d’un certain niveau, s’ils ne sont pas capables de gérer cela. Marseille te demande d’être boosté mentalement, précise le champion d’Europe 1993 avec l’OM. Tu peux être un bon joueur ailleurs, mais ici, si tu n’as pas cette couche supplémentaire pour encaisser la pression, les rumeurs, les attentes de toute une ville, tu coules. C’est un critère qu’il faut mettre au même niveau que la technique ou le physique au moment de recruter. »

Des flops à l’OM, qui réussissent loin de la Provence

Ces derniers mois, Medhi Benatia et Pablo Longoria, qui ne sont plus en poste aujourd’hui dans des rôles de directeur du football et de président, n’ont notamment pas hésité à se séparer d’éléments prometteurs rapidement, car ils n’y arrivaient pas de ce contexte marseillais. C’est notamment le cas d’Ismaël Koné, d’Iliman Ndiaye ou encore d’Elye Wahi. Les deux premiers cités, qui ont rebondi respectivement à Sassuolo et Everton, ont rapidement brillé loin de la cité phocéenne. Il s’agit ainsi de bons joueurs, mais possiblement incompatibles à l’OM.

Entraîner Marseille, c’est aussi différent, selon Marcel Desailly. Ce dernier est revenu sur l’échec de Roberto De Zerbi sur le banc phocéen, qui a quitté le club en février dernier après des semaines difficiles : élimination en Ligue des Champions, claque face au PSG (5-0), recul à la 4e place en Ligue 1.

Roberto De Zerbi s’est compliqué la tâche à Marseille

« (Roberto) De Zerbi, qui est un bon entraîneur, a peut-être été trop intelligent pour Marseille au final. De Zerbi voulait changer de tactique, changer la position des joueurs. Trop intelligent au final pour Marseille, qui a besoin de stabilité sur le banc et de gérer la pression qui va avec. C’est essentiel », a analysé l’ancien Marseillais.

Il a ainsi donné un conseil à Bruno Genesio, bientôt annoncé sur le banc de l’OM, à Grégory Lorenzi, nouveau directeur sportif du club, et Stéphane Richard, président, sur le recrutement : « La prochaine équipe que la direction construira devra prendre en compte la capacité des joueurs à gérer la pression. »