Johan Manzambi, Crysencio Summerville ou encore Andreas Schjelderup ont profité de la Coupe du monde 2026 pour se faire une place parmi les révélations du tournoi. Tous peuvent viser un gros transfert au mercato qui les ferait changer de dimension. Mais attention, car l’histoire du football regorge aussi d’exemples de joueurs qui ont brillé au Mondial, avant de déchanter après leur transfert.

Chaque édition du Mondial produit son lot de nouveaux noms propulsés sur le devant de la scène. En 2026, Johan Manzambi, révélation suisse auteur de trois buts et deux passes décisives, a vu sa cote grimper. Le PSG était intéressé, mais c’est finalement Aston Villa qui devrait le recruter pour plus de 60 millions d’euros. Également annoncé dans le viseur du club de la capitale, l’ailier néerlandais Crysencio Summerville fait lui l’objet d’une bataille entre la Roma et Manchester United à plus de 45 M€.

Ce scénario est assez classique : un tournoi réussi, la valeur du joueur qui s’envole, et un transfert qui suit presque mécaniquement. Sauf que l’histoire du football montre que cette mécanique ne garantit rien une fois arrivé dans le nouveau club. De Tarantini à Denilson, en passant par Diouf, James Rodriguez ou Jarni, voici cinq exemples de joueurs auréolés par une Coupe du monde et qui n’ont jamais retrouvé ce niveau une fois le transfert signé.

Alberto Tarantini, du sacre mondial au mauvais coup anglais

Champion du monde avec l’Argentine en 1978, Tarantini quitte Boca Juniors et débarque à Birmingham City la même année, rejoignant ses compatriotes Ossie Ardiles et Ricky Villa de Tottenham dans l’aventure anglaise. Le latéral gauche à la grande tignasse, réputé rugueux sur le terrain, ne disputera que 23 matchs (pour 1 but) en Angleterre.

Son passage s’achève brutalement après une bagarre avec un supporter qui l’invectivait, à laquelle s’ajoute un tacle violent sur le joueur de Manchester United, Brian Greenhoff. Fort de ses 61 sélections avec l’Albiceleste, il retourne en Argentine dès 1979 pour rejoindre Talleres de Cordoba.

Alberto Tarantini, Argentine
L’Argentin Alberto Tarantini en train de tacler le Français Dominique Baratelli en 1977. Crédits photo : Onze Mondial / Icon sport

El-Hadji Diouf, la pire recrue de l’histoire de Liverpool ?

Révélé à la Coupe du monde 2002, qu’il termine avec une place dans l’équipe-type du tournoi, El-Hadji Diouf quitte Lens pour 15 millions d’euros et débarque à Liverpool à 21 ans, Gérard Houllier le préférant  à Nicolas Anelka, non-conservé au terme de son prêt, pour épauler Michael Owen.

Sur le terrain, l’attaquant sénégalais se distingue plus par ses insultes et crachats que pour ses buts (seulement 6 réalisations en 80 matchs pour les Reds). En dehors, il fait surtout parler de lui pour ses soirées bien arrosées, notamment durant les rassemblements en sélection, se forgeant une réputation de bad boy.

Les déclarations des légendes de Liverpool à son sujet sont plus parlantes qu’un long bilan : ”Quelques personnes m’ont demandé si je voyais une comparaison entre Diouf et Mario Balotelli, j’ai toujours répondu non. J’ai du respect pour Balotelli, je n’en ai aucun pour Diouf”, a taclé Steven Gerrard. “En fait, j’ai bien aimé jouer contre Diouf (après son départ de Liverpool, ndlr) car je pouvais lui mettre des coups ; ce que vous ne pouvez pas faire avec vos coéquipiers“, renchérira Jamie Carragher… Que ce soit ensuite à Bolton, Blackburn, Sunderland ou Leeds, la déception sera souvent au rendez-vous et Diouf plafonnera pour sa meilleure saison à 9 buts sur un même exercice de Premier League. Loin de la légende que le double Joueur Africain de l’année est en sélection.

James Rodriguez, Soulier d’or 2014 broyé par le système Real

Meilleur buteur du Mondial brésilien avec six réalisations, dont une reprise de volée devenue légendaire face à l’Uruguay, James Rodriguez a crevé l’écran avec la Colombie après une belle saison à Monaco. Le Real Madrid casse sa tirelire et débourse 75 millions d’euros pour s’attacher ses services. 

Avec Carlo Ancelotti, l’histoire démarre bien : 13 buts en 29 matchs la première saison. Mais l’arrivée de Zinedine Zidane change la donne. Le Français construit son équipe autour du trio composé de Kroos, Casemiro et Modric au milieu et de la “BBC” (Bale, Benzema, Cristiano Ronaldo) devant, laissant le Colombien à l’écart des rendez-vous importants et lui préférant régulièrement Isco. 

Rongé par les blessures, le Cafetero partira en 2017 pour un prêt de deux ans au Bayern Munich, avant de finir par une dernière saison avec 14 petites apparitions au Real en 2019-2020. Ses passages à Everton, Al-Rayyan, Olympiakos, Sao Paulo et en Amérique du Nord jalonneront une fin de carrière marquée par un nouvel échec en Liga, au Rayo Vallecano.

Robert Jarni, un transfert et deux versions

Révélation de la troisième place croate au Mondial 1998 en France, où il dispute les sept matchs de son équipe, le latéral gauche Robert Jarni connaît dans la foulée un mercato complètement fou qui le voit quitter le Betis Séville, d’abord pour Coventry puis pour le Real Madrid durant le même été ! 

Les versions diffèrent. Une indique que Coventry n’était qu’une couverture pour contourner le refus du Bétis de le voir signer chez un concurrent et que le club anglais a reçu une indemnité de transfert en échange de son rôle d’intermédiaire avec les Merengue. Le joueur, lui, a toujours affirmé qu’il n’a finalement jamais signé en Angleterre et qu’il a choisi de rejoindre le Real dès que la Casa Blanca est entrée dans la danse.

Toujours est-il que que, malgré 36 apparitions, 3 buts marqués et 7 passes décisives principalement dans un rôle de piston gauche, un cran plus haut que Roberto Carlos, son passage au Real n’aura pas convaincu et il rejoindra Las Palmas, en D2, dès l’été suivant.

Robert Jarni, Real Madrid
Robert Jarni avec le maillot du Real Madrid. Crédits photo : OrangeCreek / Icon Sport

Denilson écrasé par le poids de son transfert record 

Supersub de la sélection du Brésil lors du Mondial 1998 (deux passes décisives), Denilson quitte Sao Paulo pour le Betis Séville contre 30 millions d’euros après le tournoi, un montant record sur le marché des transferts à l’époque ! Mais le milieu offensif, pourtant annoncé comme l’un des grands espoirs du football mondial, ne s’impose jamais dans le onze andalou. Il vit même une relégation en deuxième division espagnole dès sa deuxième saison, avant un prêt à Flamengo. 

De retour au Betis en 2001, promu en Liga, il réalise une saison encourageante avant d’être à nouveau freiné par les blessures (trois opérations au genou droit) puis finalement transféré à Bordeaux en 2005, le club andalou ne souhaitant plus assumer son salaire trop élevé au regard de son rendement (12 buts en 185 matchs).

On m’a payé très cher, et pour ce prix, on attendait tout simplement trop de moi. J’étais jeune, c’était dur. Je n’étais pas prêt à supporter tout ça. Après ce que j’ai vécu en Espagne, rien ne peut être pire”, résumait celui qui a tout de même réussi à conserver sa place en sélection et à remporter la Coupe du monde 2002. Arabie Saoudite, MLS, Grèce, Chine, entrecoupés de retours au pays : sa carrière en club ne décollera jamais vraiment.