“L’OM, un grand club, que des bons souvenirs” : Emran Soglo, l’ex-minot aux portes de la Ligue des Champions avec Sturm Graz
Parti de l’Olympique de Marseille, où il avait fait ses débuts professionnels sous les ordres de Marcelino, en janvier 2025, Emran Soglo réalise un début de saison solide du côté de Sturm Graz. Le gaucher, buteur en tour préliminaire de Ligue des Champions contre Hearts, s’est confié à Top Mercato sur sa nouvelle vie et ses ambitions en Autriche, son expérience à l’OM et sa formation du côté de Chelsea.
La Ligue des Champions 2026/27 a déjà démarré. Depuis le début du mois de juillet, alors que la Coupe du monde n’avait pas encore désigné son vainqueur, plusieurs écuries européennes se disputent les dernières places disponibles pour la phase de ligue de la C1, qui commencera le 8 septembre.
Un véritable marathon que les Autrichiens de Sturm Graz ont entamé au deuxième tour préliminaire, face aux Écossais de Hearts. Un obstacle franchi sans encombre (4-0, 2-0), grâce notamment à un but, mardi au retour, d’un certain Emran Soglo (21 ans), en pleine forme après son retour de prêt à Zulte Waregem en Belgique la saison passée.
Emran Soglo s’éclate en tour préliminaire de la Ligue des champions
« Tout part d’une relance de mon gardien un peu dans mon dos. J’ai taclé pour récupérer le ballon. Je la donne au central qui me la remet, je la passe en profondeur à l’attaquant, on récupère le ballon au milieu. Le ballon me revient, je la mets à mon attaquant, je vois un espace donc je m’engouffre. J’ai eu un peu de chance parce que le ballon revient vers moi. J’étais content ! J’avais parlé avant le match avec Ryan (Fosso) et Axel (Kayombo), on s’était dit qu’on ferait une célébration si un de nous marquait. Axel m’avait dit qu’il sentait que j’allais marquer et j’ai repensé à tout ça pendant la célébration ! Et en plus, c’était mon premier but avec Sturm Graz, donc très content ! », a-t-il apprécié au micro de Top Mercato avant le choc contre Fenerbahçe au prochain tour.
Temperature dropped. Tynecastle silenced. Emran #Soglo is cold as ice! 🥶 #sturmgraz pic.twitter.com/pKJrbO1mwh
— SK Sturm Graz (@SKSturm) July 31, 2026
Si vous êtes un suiveur assidu de la Ligue 1, son nom vous dit sans doute quelque chose puisque vous l’avez vu à l’œuvre quelques fois du côté de l’Olympique de Marseille lors de la saison 2023/24 (9 apparitions, 1 but et 1 assist).
« À l’intersaison 2023, les pros avaient eu besoin d’un latéral pendant la préparation pour un amical. J’avais fait un bon match et Marcelino avait apprécié, il m’avait emmené avec le groupe pro en stage de préparation en Allemagne. J’avais fait toute la préparation, tous les matches amicaux. Marcelino m’avait titularisé pour la deuxième journée de Ligue 1 contre Metz (2-2). J’ai saisi ma chance, j’ai marqué un but. C’était fou ! J’avais marqué tôt dans le match, au bout de 13 minutes, je n’arrivais pas y croire, c’était fou ! Et puis j’ai fait toute la saison avec les pros. Je faisais des entrées, j’ai même été titulaire en Europa League », nous a-t-il raconté avant de poursuivre.
Emran Soglo explique pourquoi il a quitté l’OM
« Pour moi, jouer en Europa League, c’était magnifique. Surtout le quart de finale contre Benfica, titulaire au Vélodrome, c’était incroyable. C’était juste prendre du plaisir, profiter ! C’était un rêve d’enfant de jouer la Coupe d’Europe, surtout avec un club comme Marseille. Donc j’ai vraiment profité du moment et j’ai essayé de faire de mon mieux sur le terrain et d’aider l’équipe. Ce jour-là, dès l’échauffement, il y avait tellement de bruit dans les tribunes que je n’entendais plus rien ! En Ligue 1, la saison était compliquée. On va dire que l’Europa League, c’est tout ce qui nous restait, alors les supporters étaient à fond derrière nous. Ils nous ont aidés, c’était vraiment incroyable. On a gagné, on s’est qualifié, on a célébré avec eux, on était heureux, c’était magnifique ! »
En une saison avec les professionnels à l’OM, le jeune homme en a vécu une multitude. « C’était difficile, mais je m’adaptais. Dès qu’il y avait un nouveau coach, j’essayais de répondre à ses attentes, à son style de jeu. C’est dommage quand Marcelino est parti, parce que c’est vraiment lui qui m’a fait monter avec les pros, qui aimait mon style de jeu. Mais dès que Gattuso est arrivé, j’ai essayé de m’adapter à ce qu’il demandait, un peu plus de grinta. Quand Gasset est arrivé, j’ai essayé aussi de faire ce qu’il voulait », a-t-il lancé, avouant de bonnes relations avec son ancien président Pablo Longoria et son ex-directeur sportif Medhi Benatia.
« Je n’ai jamais eu aucun problème avec eux, tout se passait très bien. On n’était pas dans une situation idéale avec beaucoup de changements, mais dans le football, il faut vite s’adapter. Les coaches partent, mais il y a toujours des matches à jouer, alors il faut vite se mettre en condition et s’adapter pour rester performant. »
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Jouer, enchaîner les matches et engranger du temps de jeu pour poursuivre sa progression, c’est justement pour cette raison qu’au sortir de cette première saison marseillaise, le natif de Créteil a décidé de ne pas prolonger son bail avec les Phocéens.
« Il me restait un an de contrat à ce moment-là et j’ai décidé de ne pas prolonger. Donc, forcément, je suis retourné avec la réserve pendant six mois et j’ai signé en décembre 2024 à Sturm Graz. Je voulais vraiment du temps de jeu régulier, je n’ai pas senti que j’aurai ce temps de jeu régulier à Marseille donc j’ai préféré faire ce choix-là », nous a-t-il expliqué, se souvenant des joueurs qui l’ont le plus marqué chez les Ciel-et-Blanc.
« Rogerio Nyakossi, c’est vraiment le joueur dont je suis le plus proche. On se parle tous les jours aujourd’hui encore. Avec Iliman Ndiaye aussi. On a un peu le même parcours. On a grandi en France puis on est parti en Angleterre, on avait cette affinité-là, je m’entendais bien avec lui. Et des joueurs de la réserve un peu moins connus aussi », nous a-t-il lancé avant de poursuivre.
« Azzedine Ounahi m’avait impressionné. Pierre-Emerick Aubameyang aussi, ce qu’il faisait en match, c’était incroyable ! Il mettait des triplés en Europa League ! Je me souviendrai toujours de son ciseau contre l’Ajax ! Aubameyang, je ne savais pas comment il allait être, mais c’était vraiment quelqu’un de souriant, de détendu, un bon gars, qui donnait du plaisir. Il parlait facilement avec les jeunes, il était vraiment cool. Il y a Leonardo Balerdi aussi qui m’a beaucoup aidé, beaucoup parlé, beaucoup conseillé. Tout le monde était sympa, tout le monde nous a aidés », nous a-t-il glissé.
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Et s’il « ne garde que de bons souvenirs » de Marseille, « un grand club, où j’ai fait mes débuts en professionnel, où j’ai découvert la Coupe d’Europe », l’ancien offensif reconverti latéral gauche n’oublie pas non plus son club formateur, Chelsea.
Reconnaissant avec Chelsea et Ashley Cole, Emran Soglo affiche ses ambitions
« Si je suis comme je suis aujourd’hui, c’est vraiment grâce à Chelsea. Ils m’ont tout appris, même en dehors du foot. Comment se comporter, être à l’heure, les petites choses indispensables de la vie qu’il ne faut jamais oublier. J’ai vu beaucoup de grands joueurs plus âgés que moi au quotidien, comme Reece James par exemple. Quand je me souviens de son sérieux, dans les soins, dans la préparation, et je vois où il est aujourd’hui, j’ai essayé de m’inspirer de lui et des autres. On était vraiment au contact des pros, à Cobham, donc on avait des exemples sous les yeux en termes de professionnalisme. Ça m’a vraiment aidé. Aussi, quand j’étais en U16, j’avais Ashley Cole comme coach, c’est super important dans le développement d’un jeune d’avoir un tel modèle », nous a-t-il raconté avant d’ajouter.
« Je l’avais recroisé, il était devenu sélectionneur des U21 de l’Angleterre et je lui avais dit que j’étais latéral gauche maintenant et il m’a répondu qu’il espérait que j’avais bien écouté ses conseils pour bien défendre ! » À en croire ses premiers pas réussis en Autriche cette saison, Emran Soglo les applique à la lettre. Avec une ambition claire.
« Moi, personnellement, l’ambition, c’est de jouer le plus possible. C’est de ça dont j’ai le plus besoin, jouer tous les week-ends, même deux fois par semaine. Il me faut du rythme. L’entraînement, c’est important pour progresser, mais c’est vraiment en match que tu engranges de l’expérience. Mon ambition, c’est de jouer, de marquer, d’être décisif. Le club est très ambitieux lui aussi, c’est bien. Il y a de la pression, tu dois gagner tous les week-ends, tu ne peux pas te relâcher. C’est un club habitué à jouer des titres, c’est bien, ça motive », a-t-il affiché. Le message est passé.