Le Barça dépasse désormais le milliard d’euros de revenus, mais approche aussi les 2 milliards d’euros de dettes. Cela ne l’empêche pourtant pas d’investir au mercato.

Le paradoxe financier du FC Barcelone n’a jamais été aussi spectaculaire. Le club catalan a dépassé pour la première fois le milliard d’euros de revenus sur l’exercice 2025-2026, mais affichait encore 1,84 Md€ de dettes en juin, avant une nouvelle émission de 105 M€. Le total devrait donc bientôt dépasser les 2 Md€.

Malgré cela, le Barça continue de recruter, avec notamment Rodri, Anthony Gordon ou Gabriel Jesus cet été. Une capacité à investir qui avait déjà suscité des interrogations au moment de son mercato particulièrement ambitieux. La raison est simple : l’endettement du club ne correspond pas uniquement, ni même principalement, au marché des transferts.

Les 2 milliards d’euros de dettes ne viennent pas majoritairement des transferts

Selon l’analyse de The Athletic, plus de 1,2 Md€ sont directement liés à l’Espai Barça et à la rénovation du Camp Nou. Le club pourrait encore avoir besoin d’environ 300 M€ supplémentaires pour terminer le projet. Ces dépenses sont financées à long terme, avec l’idée que le nouveau stade générera ensuite jusqu’à 250 M€ de revenus supplémentaires par saison une fois pleinement opérationnel.

La dette directement liée aux achats de joueurs était, elle, beaucoup plus limitée : 82,3 M€ sont dus à d’autres clubs à la fin du dernier exercice. Le vrai problème du Barça concerne davantage la trésorerie immédiate. Le club dispose de revenus considérables, mais une partie est déjà engagée, tandis que les retards du Camp Nou repoussent les recettes espérées. Cela explique pourquoi Barcelone peut continuer à recruter tout en empruntant pour répondre à certaines échéances.

Anthony Gordon illustre le financement du mercato du Barça

Le transfert d’Anthony Gordon en offre un bon exemple. Barcelone avait différé une partie du paiement à Newcastle, puis utilisé un financement bancaire afin que le club anglais reçoive les sommes prévues. Le Barça avait finalement bouclé l’arrivée de l’international anglais pour environ 80 M€ bonus compris.

Le club catalan ne manque donc pas forcément de capacité économique globale, mais doit parfois emprunter pour faire coïncider ses obligations immédiates avec des revenus attendus plus tard.

Cette stratégie reste néanmoins coûteuse. Le club a payé plus de 90 M€ d’intérêts sur la dernière saison, tandis que sa masse salariale a atteint 573,7 M€ et pourrait grimper à 648,9 M€ en 2026-2027.

Barcelone peut donc encore rester agressif sur le mercato, mais son équilibre repose largement sur la montée en puissance financière du nouveau Camp Nou et sur sa capacité à transformer ses revenus records en liquidités durables.