Ligue 1 : Moatti ne pense pas que Canal+ soit la victime

Etienne Moatti a livré son analyse du feuilleton qui a opposé Canal+ à la LFP, ces derniers mois. Il considère que la chaîne cryptée a manqué une occasion d’écarter ses concurrents, par sa seule faute.

Maxime Saada, Canal+

Jeudi, Maxime Saada s’est expliqué devant l’Assemblée nationale, estimant que sa chaîne avait été « victime », dans l’affaire des droits TV de la Ligue 1. Etienne Moatti ne partage pas du tout son avis et n’a pas mâché ses mots, sur la chaîne L’Équipe : « C’est de la pure mauvaise foi avec pas mal de talent oratoire. Il donne l’idée que, d’un côté, on oblige Canal+ à payer beaucoup plus cher des matchs, mais Canal+ avait aussi la possibilité d’acquérir les matchs achetés par Amazon, pour un tarif quasiment équivalent. Canal+ a eu des mois de négociations avec la Ligue, ils étaient seuls en discussion avec les dirigeants du football français pour signer les lots qui ont été abandonnés par Mediapro », a-t-il estimé.

« Si Canal+ n’avait pas voulu tordre le cou du football français… »

Il pense que la chaîne cryptée a voulu utiliser la position de faiblesse des clubs de Ligue 1 : « Si Canal+ n’avait pas voulu tordre le cou du football français de manière absolument incroyable, j’ai suivi ça de près pendant des mois, ils auraient l’ensemble du football français pour un montant à peu près équivalent à ce qu’ils payent aujourd’hui avec Amazon. Ils n’auraient pas vu entrer un nouvel acteur comme Amazon. La réalité, c’est que Canal+ s’est très mal débrouillé et ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. » Il considère enfin que la stratégie de Canal s’est retournée contre lui : « Maxime Saada donne le sentiment d’être une victime, mais il a eu la possibilité d’acheter les matchs. Le football français était totalement étranglé et face aux demandes très dures de Canal+, la LFP a été obligée de se tourner vers quelqu’un d’autre. Canal+ a fait une offre avec des conditions inacceptables, avec des bonus et surtout des malus, avec plusieurs situations où le football français n’aurait pas touché ce qui était promis. Canal+ a voulu jouer, ils ont été trop loin et ont fini par perdre. »

Amazon est finalement parvenu à rafler le lot en échange d’un chèque de 250 millions d’euros par an.