Coupe du monde 2022 : qui sont les joueurs naturalisés du Qatar ?

En quête de reconnaissance sur la scène internationale, le Qatar va vivre son heure de gloire en accueillant la Coupe du monde 2022 du 20 novembre au 18 décembre prochains. Afin de se montrer le plus compétitif possible, l’Emirat n’a pas hésité à naturaliser plusieurs joueurs, nés avec une autre nationalité.

Equipe du Qatar

Pourquoi naturaliser des joueurs ?

Le Qatar est un pays minuscule composé de 2,6 millions d’habitants, dont seulement 400 000 environ sont des citoyens qataris, les autres étant des travailleurs étrangers. Pour ne rien arranger, l’Emirat ne possède pas de culture footballistique et vouloir faire du ballon rond son métier n'est pas forcément très bien considéré socialement là-bas. Dans ces conditions, avec un vivier aussi limité, composer un onze compétitif tient du miracle. Dès lors, l’idée de naturaliser des joueurs étrangers afin de disposer d’une équipe compétitive à l’horizon 2022 a rapidement fait son chemin. Les joueurs naturalisés de la sélection de football du Qatar représentent toutefois une minorité, à la différence de l'équipe de handball, où les étrangers constituent l’immense majorité de l’effectif.

Comment le Qatar a naturalisé les joueurs ?

Au début des années 2000, bien avant l’attribution de la Coupe du monde à l’Emirat, la FIFA a rapidement deviné les intentions du Qatar. Ainsi, au fil des années, notamment en 2008 et 2014, l’instance dirigeante du ballon rond a durci les règles concernant les changements de nationalité sportive. En l’absence d’ancêtres qataris, chaque joueur qui prétend à la nationalité sportive qatarie doit avoir vécu au moins 3 ans au Qatar s’il a rejoint le pays avant ses 10 ans. La durée minimum passe à 5 ans pour un joueur arrivé après ses 10 ans. Et, pour un joueur âgé de 10 à 18 ans, il convient de démontrer que le déménagement vers le Qatar n’avait pas pour but de jouer pour la sélection.

Les académies Aspire, la parade ratée du Qatar

Pour s’accommoder de ce règlement, le Qatar a décidé de lancer le programme «Aspire Football Dreams», qui a conduit à tester des millions de jeunes joueurs aux quatre coins du globe, en particulier en Afrique. Officiellement, l’objectif était de venir en aide aux pays en développement. Officieusement, l’idée sous-jacente était de repérer les meilleurs talents à travers la planète et de les ramener dès que possible à la maison-mère, l’académie Aspire de Doha, afin de poursuivre leur formation tout en permettant de justifier un certain nombre d’années de présence sur le sol qatari.

Si l’idée de départ était ingénieuse et pouvait laisser présager un onze de rêve, les tours de vis successifs de la FIFA, qui a progressivement durci la légalisation et mis de nombreuses barrières aux transferts de joueurs mineurs d’un pays à un autre, a plus ou moins conduit à saper ce projet, mis en sommeil dès 2016. Dans les faits, le nombre de joueurs étrangers ayant suivi cette filière et qui représenteront le Qatar à la Coupe du monde sera très limité.

La liste des joueurs naturalisés du Qatar

En fin de compte, on ne retrouve que 4 joueurs véritablement naturalisés dans la liste du Qatar pour la Coupe du monde.

Le plus connu est le Franco-Algérien Karim Boudiaf, né à Rueil-Malmaison et formé à Lorient et à l'AS Nancy-Lorraine. Repéré très jeune, ce milieu défensif de 32 ans a rejoint le club qatari d’Al Duhail en 2010 et il fêtait sa première cape avec le Qatar trois ans plus tard. Il compte désormais 108 sélections, pour 5 buts.

On retrouve aussi Boualem Khoukhi, né en Algérie et qui a débuté à la JSM Chéraga aux côtés d’un certain Islam Slimani. Parti très jeune au Qatar et jamais vraiment approché par la Fédération algérienne, il a honoré sa première sélection à 23 ans en 2013 et en compte désormais 105 (pour 20 buts).

Même parcours pour le défenseur portugais d’origine cap-verdienne Pedro Miguel ‘Ró-Ró', qui a quitté son pays très jeune pour rejoindre le Qatar en 2010 et qui est désormais un taulier de l’arrière-garde qatarie. L’attaquant Mohammed Muntari né au Ghana et formé à la Golden Lions Soccer Academy a lui aussi rejoint le Qatar très tôt, à 18 ans, en 2012. Enfin, l’attaquant Ahmed Alaaeldin possède un parcours un peu particulier puisqu’il est né en Egypte et arrivé au Qatar à l’âge de 10 ans pour suivre son père, ingénieur.

On retrouve aussi des éléments nés au Soudan (Assim Madibo, Almoez Ali et Musaab Khidir), en Irak (Mohammed Waad et Bassam Al-Rawi), à Bahreïn (Ali Asad et Salem Al-Hajri) et en Egypte (Mustafa Tarek Mashaal) mais tous ont grandi au Qatar et sont donc des binationaux plus que des joueurs naturalisés. Charge au sélectionneur Félix Sánchez Bas de faire cohabiter cette mosaïque !

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