Les 3 fois où l’OM s’est qualifié pour une finale européenne sans avoir remporté l’aller

Face à l’Atalanta Bergame, l’Olympique de Marseille dispute sa 10ème demi-finale de Coupe d’Europe. Tenus en échec lors du match aller au stade Vélodrome (1-1), les hommes de Jean-Louis Gasset devront aller chercher leur ticket pour la finale de l’Europa Ligue jeudi loin de leurs bases. Lueur d'espoir : à trois reprises, le club provençal est parvenu à se qualifier après avoir échoué à remporter la première manche.

Annoncé comme le favori de la double confrontation face à l’OM, l’Atalanta Bergame a subi la loi des Marseillais au stade Vélodrome jeudi dernier. Incapable de développer son jeu et bien prise par la tactique mise en place par Jean-Louis Gasset, l’écurie italienne a tout de même tenu le match nul, qui la place malgré tout en ballotage favorable avant le retour, bien que tout reste à faire.

Les discours des différents acteurs ne trompaient pas au sortir des 90 minutes. “C’est bien de quitter ce terrain invaincu. C’est un résultat très positif, avait reconnu Gian Piero Gasperini. Ils n’ont perdu qu’une seule fois à domicile cette saison, contre le PSG, et on a compris pourquoi. » Le buteur maison, Gianluca Scamacca s’était quant à lui montré pragmatique. « Le 1-1 est un bon score, on savait que l’ambiance serait difficile ce soir. Ce sera difficile au retour, on démarre à 0-0.

Côté Olympien, en revanche, ce sont davantage les regrets qui prédominaient, malgré un espoir toujours intact. “Il y a un petit goût amer. On est conscients d’avoir fait le match qu’il fallait contre une bonne équipe, mais les matchs se jouent sur des détails. On est à la mi-temps, il y a 1-1, donc ça laisse beaucoup d’espoirs. Quelques-uns avaient la tête basse et je leur ai dit qu’on était à la mi-temps de cette demi-finale.

Oui, l’espoir est permis. En raison de la belle performance de jeudi dernier, mais également parce que le passé donne raison à l’entraîneur phocéen : ne pas avoir réussi à remporter le match aller de la demi-finale ne condamne pas l’OM pour autant. À trois reprises, le vainqueur de la Ligue des Champions 1993 est parvenu à se hisser en finale d’une Coupe d’Europe sans avoir remporté la demi-finale aller. Retour sur ses scénarios dont les Olympiens doivent s’inspirer avant de rentrer sur la pelouse du stade Atleti Azzurri d’Italia.

OM-Bologne (Coupe de l’UEFA 1998-1999)

Sous les ordres de Rolland Courbis, connu pour avoir horreur des matchs tous les trois jours, l’OM réalise un excellent parcours en Coupe de l’UEFA lors de la saison 1998-1999. Vainqueurs du Sigma Olomuc, du Werder Brême, de l’AS Monaco, puis du Celta Vigo en quart de finale de la compétition, les Phocéens sont opposés à Bologne en demi-finale.

Lors du match aller, les coéquipiers de Laurent Blanc et Fabrizio Ravanelli concèdent le match nul au stade Vélodrome et se retrouvent donc dans une position assez délicate avant le match retour (0-0). À l’époque, la règle du but à l’extérieur est évidemment toujours en vigueur, ce qui permettrait aux Marseillais d'être qualifiés en cas de match nul avec des buts (1-1, 2-2,…).

Fidèles à leur réputation, les Italiens défendent fort dès l’entame et ne tardent pas à prendre l’avantage grâce à un but rapide de Paramatti sur un coup de pied arrêté. On se dirige alors vers un court succès de Bologne, mais dans les dernières minutes du match, Jocelyn Gourvennec sert Florian Maurice qui file au but avant d’être fauché par le portier de Bologne. Laurent Blanc se présente face à Antonioli, marque, mais l’arbitre fait retirer le penalty. Pas de problème pour Le Président, qui transforme sa deuxième tentative et envoie l’OM en finale de la Coupe de l’UEFA.

Au coup de sifflet final, une bagarre générale éclate entre Marseillais et Bolonais dans le tunnel. Les coups pleuvent. “Lors des dix dernières minutes, en raison de ma couleur de peau, on entend beaucoup de cris de singe, s'est remémoré Peter Luccin il y a quelques jours sur les ondes de RMC. Ce n’est pas une justification. Mais quand le match se termine, j’entends ces cris de singe et je leur dis de continuer, avec ma gestuelle. Les Italiens ont dit que j’avais fait des doigts. à ce moment-là j’entends ‘Peter, attention!’. Je suis un peu à côté du tunnel, je vois trois-quatre joueurs arriver.

En finale, les hommes de Rolland Courbis ne font pas le poids face au Parme de Gigi Buffon, Fabio Cannavaro, Lilian Thuram ou encore Hernan Crespo (3-0), pas aidé par les suspensions de Christophe Dugarry, William Gallas, Peter Luccin, Hamada Jambay et Fabrizio Ravanelli après les incidents à Bologne. Les Phocéens s’inclinent 3-0. “Moi, je prends six matchs de suspension, mais on aurait eu du mal même avec tous nos joueurs“, a reconnu Christophe Dugarry de son côté.

OM-Newcastle (Coupe de l’UEFA 2003-2004)

Cinq ans plus tard, l’OM se retrouve une nouvelle fois dans le dernier carré de la Coupe de l’UEFA, porté par un Didier Drogba au sommet de son art. Troisième de son groupe de Ligue des Champions derrière le Real Madrid et le FC Porto, futur vainqueur, les Olympiens sont reversés en C3 au mois de février.

Après avoir éliminé Dnipropetrovsk en seizièmes de finale, les joueurs de José Anigo font tomber un à un les cadors européens. Au tour suivant, l’OM vient à bout de Liverpool grâce à un succès 2-1 au stade Vélodrome après avoir tenu bon à Anfield (0-0). En quart, les Provençaux s’imposent à l’aller et au retour face à l’Inter Milan, avant de retrouver Newcastle.

À la différence de la confrontation face à Bologne et à l’Atalanta Bergame cette année, les Marseillais obtiennent un match nul à l’extérieur lors du match aller (0-0), ce qui est évidemment un résultat plus positif. Au retour, les coéquipiers de Fabien Barthez sont portés par un Didier Drogba magistral, auteur d’un doublé. L’international ivoirien signe notamment un but entré dans la légende après un dribble derrière sa jambe d’appui pour éliminer le dernier défenseur des Magpies et aller battre Shay Given.

Il donne la victoire à Marseille. Il a obtenu deux occasions franches, il ne les a pas ratées. C'est un joueur très intelligent. Je ne peux que le féliciter pour ce qu'il a fait“, avait déclaré Bobby Robson, manager de Newcastle à l'époque, au sujet de Didier Drogba.

Malheureusement, c’est le FC Valence qui mettra cette fois-ci fin au rêve d’un deuxième sacre européen pour l’OM en finale (2-0).

OM-Lazio Rome (Coupe Intertoto 2005)

Ce n’était pas la Coupe d’Europe la plus glorieuse, mais la Coupe Intertoto a bien existé entre 1967 et 2008, et a été organisée par l’UEFA à partir de l’année 1995. Généralement, ce sont les clubs français classés entre la 5ème et la 10ème qui disputaient cette compétition.

En demi-finale, l’OM de Jean Fernandez défie la Lazio Rome. Les Phocéens repartent avec un match nul de la capitale italienne (1-1) et dictent leur loi au match retour grâce notamment à un but de Franck Ribéry (3-0).

La finale, elle aussi, se joue sur un match aller-retour. Battus sur le terrain de La Corogne (2-0), les coéquipiers de Mamadou Niang signent une deuxième manche épique en s’imposant 5-1 avec deux buts dans les dernières minutes du match, permettant ainsi à l’OM de s’adjuger le trophée. “Cette magie, on ne peut la voir qu'au Stade Vélodrome. On vient de vivre un grand match de Coupe d'Europe” savourait Jean Fernandez après la rencontre.

Il existe donc plusieurs précédents dans l’histoire du club qui permettent de croire à une qualification de Pierre-Emerick Aubameyang et sa bande pour une cinquième finale européenne pour le club jeudi soir à Bergame. Dans l’histoire, une équipe française n’a obtenu son ticket pour une finale qu’à cinq reprises sans avoir remporté le match aller, sur 25 tentatives, soit dans 20% des cas (Coupe Intertoto mise de côté). Le club qui a réussi cet exploit le plus souvent ? L’OM, à deux reprises donc, comme on vient de le voir.

Mathieu Dumas
Arrivé dans le métier sur un coup de tête à la Peter Crouch, j'ai fait mes gammes chez la Fédération Française de la Lose (FFL) avant d'explorer, par la suite, un monde autre que celui de la défaite. Au fil des expériences, j'ai pris de la bouteille comme Sidney Govou, en gardant toujours la même passion. Mon mantra : produire des analyses au moins aussi bonnes que Jean-Marc Ferreri.